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Sou Bou Tei - T11

couverture de l'album

Série : Sou Bou TeiTome : 11/11Éditeur : Mangetsu

Auteur :

Prix : 9.95€

  • ZOO
    note Zoo5.0

    Scénario

    5.0

    Dessin

    5.0
  • Lecteurs
    note lecteurs
    0 critique

Le synopsis de l'album

Quels que soient les obstacles, les membres du groupe d’offensive doivent impérativement retourner dans le Sou Bou Tei ! Sous sa forme spectrale, Takoha parvient à convaincre les membres de la troupe d’assaut de s’enfuir de l’hôpital où ils étaient enfermés pour revenir se battre dans le Sou Bou Tei… Mais la police et les sœurs Kirita sont prêtes à tout pour les en empêcher ! Pendant ce temps, dans les tréfonds du manoir, les « convertis » creusent sans relâche pour atteindre des canalisations souterraines… Kurenai, quant à elle, a été transportée devant Deido Sakamaki qui s’est mis en tête de la dessiner ! Au milieu des ténèbres, reste-t-il un espoir pour l’humanité de se frayer un chemin vers la lumière ?


Retour à Sou Bou Tei

Après douze tomes d’une série dont le premier a été chroniqué avec justesse dans le 13ᵉ numéro de Zoo Manga, il était de bon ton de revenir sur ce manga brillant. Passé d’un thriller angoissant, proche du huis clos d’épouvante, Sou Bou Tei s’est mué en un véritable ovni aux proportions planétaires, où éclate un conflit militaire explosif sur fond de secret gouvernemental. 

Monster House 

Notre première critique saluait la capacité de Fujita à mettre en place une intrigue dense, mêlant une grande galerie de personnages à forte identité, tous se distinguant et réunis autour de ce lieu d’horreur dévorant. L’auteur prend son temps, fait monter la pression à l’image de la lente digestion de ses victimes.

On regrettait alors que cette entité ne prenne pas assez de place. Mais Fujita a su répondre aux attentes, il en fait tout au long de la série l’un de ses personnages les plus importants. C’est simple : il est au cœur de toutes les intrigues.

Véritable temple de l’horreur, outil démoniaque, il transformera absolument tous les personnages, passant de victimes juvéniles à des guerriers expérimentés, voire des leaders pour certains. Il amènera l’intrigue vers des sommets rarement atteints, ainsi que vers des territoires parmi les plus inhabituels et surprenants.

To The Moon 

Le coup de maître de Fujita, c’est de faire basculer son manga d’un petit terrain d’intrigue paranormal, centré sur le sort de Seichi et Rokuro, vers une immense œuvre de science-fiction aux enjeux mondiaux, si ce n’est plus encore. En faisant du Premier ministre japonais une clé de voûte de l’intrigue, ancienne victime du manoir, dont il révèle la véritable nature de vaisseau alien gorgé de secrets, il y convoque un imaginaire allant de X-Files à Body Snatchers

Des créatures mystérieuses dépendantes d’un hôte jusqu’à l’annonce d’une apocalypse extraterrestre, Fujita se permet alors une liberté totale : des designs monstrueux ou loufoques, intrigues politiques, affrontements armés à la mise en scène survoltée, décors psychédéliques ou villes mouvantes en pleine destruction. Il ne se refuse rien et surtout, rien n’est laissé au hasard.

L’antre aux miroirs 

Le Sou Bou Tei est un véritable miroir déformant : les fantômes se révèlent être des extraterrestres, les enfants deviennent des monstres ou des héros, et l’ensemble des personnages se retrouve confronté à sa nature la plus profonde dans l’antre du démon. Deido en est l’exemple parfait, peintre maudit et devenu principal antagoniste, ses tableaux sont des pièges ouvrant sur des mondes cauchemardesques, lui-même n’étant à l’origine qu’un enfant, victime du manoir.

De l’autre côté, Tsutomu, lui aussi artiste, souffre de la radicalité de son art et va se servir des horreurs du manoir pour alimenter ses dessins et embrasser un rôle de ressort comique, jusqu’à devenir, dans l’au-delà, une figure de motivation spectrale pour le groupe.

Avec Sou Bou Tei, Fujita signe une œuvre exceptionnelle. Véritable caméléon, il parvient à faire coexister paranormal et paranoïa extraterrestre : ce qui ne devait être qu’une maison hantée finit en concept vertigineux, explorant la création artistique et l’art comme un amalgame troublant qui finit toujours par nous rattraper. Un manga inclassable, et jusqu’ici inoubliable.

Article publié dans ZOO Manga N°25 Mai-Juin 2026


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