Un vrai rêve de gosse !
Pour commencer cette semaine de l’humour, Dominique Monféry revient sur son premier tome de Tin Lizzie. Un album gentiment déjanté, où un improbable trio censé transformer une voiture en tracteu...
2 mars 2015
-Interview


Pierre Lemaitre, Dominique Monféry
Éditeur : Rue de Sèvres
Scénario : Pierre LemaitreDessin : Dominique MonféryColoriste : Dominique Monféry
Prix : 20.00€
Scénario
Dessin

Mathilde est une tueuse à gages septuagénaire. Henri, son ancien camarade dans la Résistance pour qui elle exécute les missions, tente de la protéger. Mais, imprévisible, les accès de violences de Mathilde et son manque de discrétion inquiètent ses véritables commanditaires qui décident de l'éliminer avant qu'elle ne devienne incontrôlable.
C'est l'histoire d'une vieille dame indigne, tueuse de profession, même si elle ne paie pas de mine ! Il est jubilatoire de voir Mathilde péter de plus en plus les plombs, aidée par son gros calibre qui laisse toute cible à l'état de bouillie.
Après l'excellent Mamie n'a plus toute sa tête de Romain Dutreix, voici un autre album mettant une femme senior en vedette. Pierre Lemaitre démontre un humour noir mordant dans cette adaptation en BD de son premier roman écrit dans les années 80 mais publié des décennies après. Lemaître est cette fois lui-même l'auteur du scénario alors que pour les précédentes BD tirées de son œuvre, l'adaptation était signée par un tiers.
Les événements s'enchaînent avec une logique implacable. Et le sang gicle souvent ! Est-ce de la violence gratuite pour autant ? Que nenni ! Deux indices permettant d'expliquer le comportement pour le moins amoral de Mathilde, qui dézingue à tout va, chiens compris :
Le premier est son action pendant la Résistance. Elle était du côté des "Bons". Mais le choc post-traumatique n'a jamais été traité... A moins que la guerre ait simplement été l'occasion d'épanouir ses talents naturels. En tout cas, elle avait l'air de faire peur même à ses camarades de combat.
Le second indice est l'amour refoulé qu'elle porte au Commandant Henry, commanditaire des contrats qu'elle doit exécuter. La relation ambiguë entre eux fait partie des ingrédients savoureux du récit.
La déliquescence due à l'âge semble toutefois être le thème central de l'ouvrage : le père de René, policier chargé de l'enquête, perd lui aussi la tête, donnant lieu à quelques séquences émouvantes en parallèle du chemin sanglant de Mathilde.
Dominique Monféry assure le dessin. Comme nous sommes dans les années 80, le dessinateur s'y donne à cœur joie pour représenter R5, Ami 6, cabines téléphoniques et autres symboles d'une époque révolue. Et la couverture donne le la : une main avec les ongles rouges tient une arme à feu imposante, sous le regard inquiet d'un dalmatien dont les taches noires alternent avec des taches rouges de sang.
Le chien a raison de se faire du mouron... comme toutes les personnes qui ont le malheur de déplaire à la dame !
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