Il l’a fait, vraiment. Victor Lustig a vendu la tour Eiffel. Une escroquerie inégalée, pour ne pas dire géniale. Au début des années 1920, on pouvait encore se demander si entretenir la Dame de fer n’était pas devenu une folie financière pour Paris. Autant la démanteler et brader le métal.

Extrait de L'homme qui vendit la tour Eiffel, par Stéphane Marchetti au scénario et Joseph Falzon au dessin © Dargaud, 2026
Lustig a vu la faille improbable et a trouvé un pigeon pour lui vendre la ferraille de la tour, comme le racontent Stéphane Marchetti (Sur le front de Corée), au scénario, et Joseph Falzon (Alt Life), au dessin, avec beaucoup d’humour. Lustig commence à sévir aux États-Unis, il a le FBI sur le dos et continue ses turpitudes en Europe. Avec son associé Dan, il met au point une stratégie pour le coup de sa vie : vendre la tour. Et ne lésine pas sur les moyens. Il emprunte un éléphant, vit au Lutetia, mais finit provisoirement en prison. Il met au point une machine à fabriquer des billets de banque. Il embrouille l’inspecteur Tourbillon, qui le libère, et passe à son projet mythique. Il ferre Poisson, un ferrailleur au nom prédestiné. Pour l’aider, la charmante Miss Tam-Tam, meneuse de revue. L’inspecteur Tourbillon est toujours dans la danse. Poisson hésite et craque. 7 300 tonnes de fer, c’est tentant.

L'homme qui vendit la tour Eiffel, par Stéphane Marchetti au scénario et Joseph Falzon au dessin© Dargaud, 2026
Une comédie qui tient du vaudeville, où tout est grosso modo vrai, car les auteurs y ont ajouté leur part de romanesque. Poisson, honteux, ne portera pas plainte. Lustig récidivera, mais cette fois sans succès. Revenu aux États-Unis, il est arrêté pour ses autres escroqueries et meurt à Alcatraz en 1935.
Article publié dans ZOO Le Mag N°109 Mars-Avril 2026



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