Philippe Pelaez et Guénaël Grabowski signent ici le deuxième volet de leur trilogie de science-fiction. Un vaisseau en route vers la lune Europa, un équipage disparu, et un ingénieur confronté à une solitude totale : cet album ouvre une porte sur un récit où passé et présent se mêlent pour révéler peu à peu ses secrets.
Les premières pages de l’album introduisent Daniel Nikto, ingénieur américain et ancien militaire, qui prépare une expédition vers Europa, l’une des lunes de Jupiter. Son vaisseau, composé de quatre autres membres en plus de lui, doit décoller dans deux mois. Nikto a consacré près de dix ans de sa vie à ce projet, travaillant sans relâche pour le mener à bien. Ce dévouement a toutefois un prix : sa relation avec sa femme s’en ressent, elle prend ses distances, et lui en souffre profondément.

Extrait de Personne, par Philippe Pelaez au scénario et Guénaël Grabowski au dessin © Dargaud, 2026
Peu avant son départ, Nikto subit une série d’examens médicaux. Le neurologue détecte une tumeur au cerveau. Craignant pour sa santé et celle de l’équipage, ses supérieurs décident de l’empêcher de partir. Il restera au sol, assumant le rôle de principal contact entre la navette et la Terre. Une nouvelle qui le déprime.

Extrait de Personne, un thriller psychologique signé Pelaez et Grabowski © Dargaud, 2026
Le deuxième chapitre nous plonge dans le voyage spatial. Nikto se réveille d’une phase d’hibernation… pour découvrir qu’il est seul à bord, l’équipage ayant disparu. Pourquoi et comment, malgré l’interdiction médicale à son départ, se retrouve-t-il à bord du vaisseau ?
Après un premier album très remarqué, les auteurs reviennent avec une nouvelle intrigue aux accents résolument cinématographiques. Le scénariste, ancien professeur de cinéma, puise son inspiration dans des œuvres telles qu’Alien ou Sunshine. Le protagoniste, Nikto, tient d’ailleurs son nom d’un personnage psychologiquement instable issu de Call of Duty: Modern Warfare — un clin d’œil caractéristique du style de Pelaez, qui aime multiplier les références et les niveaux de lecture. Les lecteurs attentifs noteront aussi que chacun des personnages porte un nom évoquant le mot « personne » dans une langue différente.

Extrait de Personne, par Pelaez et Grabowski © Dargaud, 2026
Comme dans le premier tome, le récit n’est pas chronologique. Les chapitres s’imbriquent, alternant présent et passé, pour révéler progressivement les fils de l’intrigue et maintenir le suspense.
Le dessin de Guénaël Grabowski sert parfaitement l’histoire. Son trait, inspiré d’une certaine école américaine, utilise un encrage dense et de larges zones noires, idéal pour traduire la froideur de l’espace et la tension entre les personnages. Les yeux, souvent marqués par des reflets lumineux, donnent profondeur et émotion. Le découpage, sobre mais travaillé, alterne les formats de cases pour rythmer les séquences et renforcer l’intensité dramatique.

Daniel Nikto, le personnage principal de Personne © Dargaud, 2026
Après les deux premiers tomes, Neuf et Personne, le public attend avec impatience le troisième, Achevé. Et si l’on lit les titres consécutivement, on ne peut s’empêcher de se demander : ont-ils un sens caché ? À suivre.



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