Dernière Aube se présente comme le testament graphique d’un artiste virtuose, Attila Futaki, qui nous impressionne par son exigence et la précision de ses cadrages, à travers cette plongée au cœur d’un polar sombre, réglé au millimètre.
Au fil de ses albums, qu’il s’agisse d’Hypnos, Le Tatoueur, Movie Ghosts…, Attila Futaki s’est progressivement forgé un style qui n’a cessé d’évoluer, gagnant rapidement en finesse dans le choix des plans et la justesse de l’encrage.

Extrait de Dernière Aube, par Attila Futaki au dessin et Jérémie Guez au scénario © Dupuis, 2026
Avec Dernière Aube, il retrouve son genre de prédilection, le polar, et cet adroit dosage entre ombre et lumière qui fascine dès les premières pages, lorsqu’on arrive en Floride, jusqu’à John Martyrossian. Depuis quelques années, ce retraité profite de sa tranquillité pour promener les touristes sur son bateau, sans avoir vraiment envie de se retourner sur son passé.

Dernière Aube, un polar à l'adroit dosage entre ombre et lumière © Dupuis, 2026
Pourtant, un jour, lié par une ancienne dette, il doit accepter de revenir sur son ancien terrain de chasse, la Nouvelle-Orléans, afin de retrouver, en marge de l’enquête officielle, une jeune femme disparue quelque temps auparavant. Renouant avec la violence qu’il avait pourtant laissée derrière lui, il remonte les pistes qui s’ouvrent à lui, finissant par collaborer, dans l’ombre, avec Mathew Ferrara, un agent du FBI qui travaille sur la même affaire.

Dernière Aube se présente comme le testament graphique d'un artiste virtuose, Attila Futaki © Dupuis, 2026
Martyrossian doit alors composer avec d’anciennes relations et cette réputation de dangerosité qui lui colle à la peau, tandis que l’agent, conscient que, s’il veut obtenir des résultats, il va devoir s’aventurer sur des pistes moins conventionnelles, quitte à frayer avec le diable…

Dernière Aube, l'adroit mélange entre enquête policière et brutalité © Dupuis, 2026
Jérémie Guez connaît très bien les règles du genre : un adroit mélange entre enquête policière, brutalité et louvoiement dans les milieux interlopes de la ville, le tout au service d’une intrigue solide qui nous prend aux tripes. Un album sec et passionnant, sans compromis.

Jérémie Guez nous livre un album au scénario passionannant, sublimé par le dessin de Futaki © Dupuis, 2026
Article publié dans ZOO Le Mag N°110 Mai-Juin 2026



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