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Nanbanjin

couverture de l'album Nanbanjin

Éditeur : Dupuis

Auteur :

Collection : Aire Libre

  • ZOO
    note Zoo5.0

    Scénario

    5.0

    Dessin

    5.0
  • Lecteurs
    note lecteurs
    0 critique

Le synopsis de l'album Nanbanjin

1543. Un marin portugais échoue au Japon, sur l'île de Tanegashima, provoquant un premier contact entre deux cultures qui s'ignorent totalement. Entre émerveillement et incompréhension, Fernando va rencontrer l'altérité et tenter d'apaiser ses démons. Les villageois qui l'ont recueilli, des enfants au samouraï en passant par la danseuse prêtresse, des brigands ou un vieux pêcheur, vont pour leur part voir leurs certitudes et leur quotidien grandement bousculés... Une même histoire explorée tour à tour des points de vue occidental et oriental par Cyril Pedrosa (Portugal) et Taiyô Matsumoto (Amer béton) dans Nanbanjin, un album tête-bêche événement. Un sublime et impactant choc esthétique, plein d'aventures et de poésie, répondant par la forme au sujet exploré. Un voyage que vous n'oublierez pas ! En partenariat avec Radio France et France Inter.


Une aventure à quatre mains

Chaque album de Cyril Pedrosa est un événement et lorsqu’il nous propose cette monumentale collaboration avec le maître japonais Taiyô Matsumoto, à travers un album de 480 pages, qui se lit dans les deux sens, on ne peut qu’admirer le résultat.

L’histoire commence par le naufrage de Fernando, un marin portugais, sur les côtes d’une petite île japonaise en 1543. À cette époque, on désignait les étrangers sous le nom de Nanbanjin, signifiant littéralement « peuples barbares du Sud ». Il est recueilli et soigné par Shobei, un vieux pêcheur qui a perdu, quelques années plus tôt, son fils Taro et peine encore à s’en remettre. Fernando perçoit la bienveillance de son hôte et, malgré la méfiance des autres insulaires face à sa très grande taille et à la couleur de ses cheveux, il s’adapte assez vite aux lieux, à la population, qui finit par s’habituer à lui, ainsi qu’à la langue, dont il assimile progressivement les rudiments. Le temps passe, il se fait des amis et l’affection qu’il porte à Shobei l’amène à envisager de s’installer plus durablement.

Nanbanjin

Chaque album de Cyril Pedrosa est un événement et lorsqu’il nous propose cette monumentale collaboration avec le maître japonais Taiyô Matsumoto, à travers un album de 480 pages, qui se lit dans les deux sens, on ne peut qu’admirer le résultat © Pedrosa-Matsumoto © Dupuis, 2026

Une belle rencontre

Pedrosa ambitionne depuis longtemps de raconter l’histoire de ce soldat portugais, naufragé sur les côtes asiatiques, qui se reconstruit loin de sa terre natale. Toutefois, le projet ne prend tout son sens qu’à travers le dialogue qui s’engage avec Matsumoto durant les cinq années nécessaires à l’écriture et à la mise en image de cet album. Les deux artistes développent alors une double sensibilité qui nourrit progressivement cette expérience unique. L’un nous raconte le passé de Fernando et tout ce qui l’a conduit à échouer sur cette plage. L’autre s’attache au vieux pêcheur qui découvre le marin, au guerrier qui se prend d’amitié pour l’étranger, à la belle prêtresse qui l’observe derrière son sensu. Chacun dépeint, avec son univers graphique propre, l’évolution de cet Européen déraciné ainsi que celle de ceux qui l’entourent, intrigués par ce qui les sépare, tant dans le langage, dans la culture que physiquement.

Nanbanjin

Chacun dépeint, avec son univers graphique propre, l’évolution de cet Européen déraciné ainsi que celle de ceux qui l’entourent, intrigués par ce qui les sépare, tant dans le langage, dans la culture que physiquement © Pedrosa-Matsumoto © Dupuis, 2026

Tout se résume alors à une question de rencontre : créative d’abord, puis dans le récit lui-même. Nous sommes captivés par l’émotion qui se dégage de chaque trait, par ces échanges de regards et par cette fascinante alchimie artistique qui nous a éblouis dès les premières pages.

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Article publié dans ZOO Le Mag N°111 Septembre-Octobre 2026


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