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Batman : Curse of the White Knight (Octobre 2020)

couverture de l'album Batman : Curse of the White Knight

Éditeur : Urban Comics

Scénario : Urban ComicsDessin : Urban Comics

Collection : DC Black Label

Genres : Comics

Prix : 22.50€

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La critique ZOO

Note ZOO 5.0

Scénario

4.0

Dessin

5.0

Avec Batman White Knight, Sean Murphy avait marqué les esprits. Il proposait un Batman à l'écart de la continuité DC mais profondément ancré dans le monde réel et ses préoccupations. Le deuxième cycle de son histoire met moins l'accent sur la critique politique, mais plus sur l'univers du héros.


Le Joker a repris le contrôle de son corps et de son esprit. Adieu Jack Nappier, chevalier blanc ayant inspiré positivement la population de Gotham. Reste son chevalier noir. Pour se venger, Joker a décidé de sortir sa meilleure blague. Un secret ancien susceptible de dévaster les fondations de Gotham. Pour atteindre son but, il va bénéficier du soutien de l’élite de la ville. Batman pourra-t-il sauver une ville en pleine mutation ?




JOUER AVEC L’HISTOIRE DE BATMAN

Cette nouvelle mini-série semble largement inspirée des évènements de Batman Knightfall. Ce long évènement avait vu Batman se faire briser la colonne vertébrale par Bane, se faire remplacer par un dénommé Azrael qui péta les plombes obligeant le héros à reprendre le contrôle de son corps pour reprendre sa cape. Tous les protagonistes sont présents dans une sorte de réécriture condensée mais dopée aux hormones. A croire que Murphy avait trouvé la première histoire un peu trop tendre. Dans le cadre de cet univers auto-contenu, la réinterprétation fonctionne sans mal. Elle permet d’apporter beaucoup d’adversité sans surexposer le personnage du Joker et diluer son intérêt.

Joker est au cœur de son histoire au fil des chapitres. Ce qui permet à l’auteur de continuer de développer la cohérence de son univers propre : Batgirl et Nightwing devenus policiers masqués, Harley Quinn autant attirée par Nappier que par Batman… Tout en créant une nouvelle dimension. Le propos de Curse of the White Knight, c’est de parler de l’Histoire de Gotham, de son passé, de sa création. Et se faisant, évidemment, de la place de Batman dans la Cité/cité.




PERDRE LE PROPOS POLITIQUE

Car oui, le propos de Sean Murphy est politique. Mais il l’est moins que dans son premier cycle. Jack Nappier permettait d’offrir un personnage en résonnance avec les enjeux de notre temps, Trump, Occupy Wall Street, etc... Cette fois-ci le personnage est très en retrait. La Politique se place dans l’antagoniste, l’Elite, évoquée à de nombreuses reprises, montrée aussi. Mais Sean Murphy passe quelque peu à côté de ces éléments. Il ne semble pas savoir vraiment quoi faire de cette élite prédatrice. Elle est finalement très peu exploitée, comme si en cours de route, l’artiste l’avait oubliée. Comme s’il n’avait pas su quoi en faire et l’avait peu à peu délaissé. C’est fort dommage, cela empêche Curse of the White Knight d’acquérir la profondeur de son cycle prédécesseur.

LA MATURITE GRAPHIQUE A L’ŒUVRE

Parler d’un livre de Sean Murphy sans évoquer sa performance artistique serait une faute lourde. Dès la publication de Punk Rock Jesus, l’artiste américain avait fait l’unanimité sur son travail intense des noirs et blancs. Un trait acéré, emporté et une aisance technique dans tous les domaines du dessin. Les épisodes ici présents démontrent un apaisement dans son trait. Comme s’il avait digéré ses propres évolutions et était parvenu à une forme de plénitude. Les traits sont précis, très justement dosés et les aplats d’encre noir dosé avec précision. La version couleur est servie par un Matt Hollingsworth qui a compris cette évolution. Ses couleurs entrent en harmonie avec les noirs. Il offre de l‘intensité aux pages, sans être envahissant. C’est un véritable acteur de la narration.



ON EN REPRENDRA BIEN UNE PART

La fin de l’album ne laisse aucun doute et de toute façon Sean Murphy l’a déjà dévoilé, un troisième volet est en préparation. Même si Curse of the White Knight est un peu moins percutant dans les idées que le premier cycle, la qualité offerte est telle que l’on aura plaisir à découvrir quelle conclusion l’auteur veut donner à cette œuvre.



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