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Cosmoknights

couverture de l'album Cosmoknights

Éditeur : Bliss

Scénario : Hannah TemplerDessin : Hannah Templer

Genres : Comics

Prix : 24.00€

  • ZOO
    note Zoo3.5

    Scénario

    4.0

    Dessin

    3.0
  • Lecteurs
    note lecteurs
    0 critique

Le synopsis du comics Cosmoknights

La vie de Pan était simple. Le travail au garage de son père, ses sorties en cachette avec Tara pour aller danser, scruter les vaisseaux cargo dans le ciel. Peu importait que Tara soit une princesse... du moins jusqu'au jour où elles durent se dire adieu. Des années plus tard, quand un duo de gladiatrices va débarquer d'une autre planète pour toquer à sa porte, Pan va comprendre que la vie n'est pas si simple. En fuite, et en dehors du périmètre de la galaxie, Pan va découvrir les improbables secrets de son monde neo-mediéval. Et la possibilité de tout renverser...


Il faut sauver les princesses (mais pas grâce aux princes)

Le prince charmant et la princesse à délivrer du méchant sorcier, c’est un schéma narratif qui ne vous intéresse pas ? Parfait, Cosmoknights tome 1, de Hannah Templer chez Bliss Éditions, balance ce cliché aux orties dans une version SF Young Adult tout à fait réjouissante.

Dans cet univers, les princesses royales ne choisissent pas avec qui elles se marient. C’est une joute en arène menée par les Cosmoknights qui règle cette question. Chacun d’entre eux se bat pour un sponsor qui obtiendra la main de la princesse en cas de victoire de son champion. Pandora est une jeune fille à qui ce système ne convient pas. Par chance, elle va faire la rencontre d’un couple de gladiatrices qui joue avec le système pour lutter contre cette domination patriarcale.

Disons-le tout de suite : l’éditeur français communique beaucoup sur la posture queer de l’autrice Hannah Templer. Ce n’est pas l’intérêt de cette première compilation d’épisode. Il ne faut pas lire Cosmoknights parce que le récit est pro-LGBTQI+. Il faut le lire parce qu’il est une interprétation audacieuse et enlevée des récits de chevalerie.


Oyez oyez gentes demoiselles et damoiseaux

Alors c’est vrai, il faut bien dire que les récits d’amour courtois sont imprégnés d’un modèle de domination masculine. La princesse n’existe que par son rôle d’épouse et de future mère. Sa prise de parole importe peu. Disney tente depuis quelques années de redonner de l’importance à ses « princesses », il n’en reste pas moins que les contes originels sont sexistes. Et donc, Hannah Templer crée un monde de science-fiction dérivé de ces traditions. Ses chevaliers s’y battent à coup d’exosquelettes et se déplacent en vaisseaux spatiaux. Mais le modèle social reste celui du Moyen Âge européen.

Extrait Cosmoknights T.1

Extrait Cosmoknights T.1 © Bliss Éditions, 2023

Alors voir une petite équipe de femme s’immiscer dans ce monde masculin pour mieux le « hacker », il y a quelque chose de profondément savoureux. Ce premier volume prend le temps de poser les enjeux du trio, de permettre leur rencontre naturellement. Il se garde bien, surtout, de dévoiler les conséquences des actions du duo de gladiatrices. Comment réagissent les princesses qu’elles délivrent, ça reste encore à lire et c’est tant mieux. L’autrice garde des munitions, ce qui devrait assurer un second recueil tout aussi riche en aventures.

Extrait Cosmoknights T.1

Extrait Cosmoknights T.1 © Bliss Éditions, 2023

Un dessin bien dans son époque


Pour accompagner ce propos, l’autrice déploie un style de dessin simple, très en phase avec la culture graphique digitale de son époque. Le coup de crayon n’est pas impressionnant, mais il est maîtrisé et efficace dans sa façon de faire naître un univers visuel. Il ne craint pas, à l’occasion, de se montrer plus généreux quand l’autrice veut impressionner lectrices et lecteurs. C’est une proposition qui conviendra à de nombreux adolescents et jeunes adultes.

Cosmoknights tome 1, de Hannah Templer, propose des héroïnes lesbiennes et féministes. Des profils de plus en plus présents et nécessaires, car souvent invisibilisés auparavant. L’autrice démontre par son travail qu’elle n’est pas juste dans un acte militant, mais bien dans une œuvre créative et audacieuse.

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