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La tête de mort venue de Suède

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Commentaire et critiques (1)

note de la critique de Sil Socrate

5.0

Dès la première page, on comprend que quelque chose ne tourne pas rond dans ce parc public.
Pour les enfants du quartier, c’est juste un square avec des balançoires rouillées, un lac vaseux et des massifs de fougères.
Pour Providence, le gardien, c’est un nid grouillant de créatures que personne d’autre ne voit.
Le dessin est un choc : noir & blanc ultra-précis, hachures nerveuses, cases souvent muettes, compositions qui étouffent ou qui respirent. On sent immédiatement l’influence de Gorey, de Breccia, mais surtout de Lovecraft : pas l’horreur tape-à-l’œil avec tentacules, plutôt l’horreur insidieuse de l’ordinaire qui bascule.
On rit parfois, on a la gorge serrée très vite, et on referme l’album avec cette sensation étrange : on vient de lire une fable cruelle, poétique et profondément mélancolique déguisée en simple promenade au parc.
Et puis arrive le cadeau final : une adaptation, en une dizaine de pages, de la nouvelle de H. P. Lovecraft L’Étrange Maison haute dans la brume. Une bande dessinée rare, qui marie beauté vénéneuse et désespoir tranquille, et qui laisse une empreinte noire indélébile.

Le 13/02/2026 à 21h23