Le deuxième tome de Pompéi plonge le lecteur dans l’univers des gladiateurs, entre rigueur historique, intrigue amoureuse et belle reconstitution.
Victorius, comme son nom l’indique est un héros de l’arène. Il a lui-même décidé de venir combattre dans l’arène pour suivre les traces de son père qui a été un fameux gladiateur. Il est non seulement très fort mais démontre une certaine classe qui lui permet d’avoir les faveurs du public. Ce jeune homme musclé à l’allure féline plaît aux dames de la classe dirigeante et certaines souhaitent s’en acquérir les faveurs. Mais Victorius reste impassible. Il refuse les arrangements, esquive les avances et demeure à distance de ces matrones trop empressées.
Luna, une jeune préparatrice d’huiles de massage, est tombée amoureuse de ce jeune homme. Elle assiste à chacun de ses combats, attentive au moindre de ses gestes, sans jamais oser l’approcher directement. À défaut, elle cherche à en apprendre davantage auprès de ceux qui le côtoient, notamment les femmes du lupanar où il se rend parfois. Après l’un de ses affrontements, elle lui fait porter une fiole de sa composition, simplement marquée d’un « L », initiale discrète de son prénom et premier signe d’un sentiment encore tenu secret.

Le deuxième tome de Pompéi plonge le lecteur dans l’univers des gladiateurs, entre rigueur historique, intrigue amoureuse et belle reconstitution © Anspach, 2026
Cette série consacrée à Pompéi propose, à chaque volume, une histoire autonome située dans les jours précédant l’éruption du Vésuve en 79. Les personnages changent d’un épisode à l’autre, permettant d’explorer différents aspects de la vie romaine. Si chaque récit relève de la fiction, l’ensemble s’attache à restituer avec soin le cadre historique de cette cité dont les ruines continuent de fasciner. Fabienne Pigère, docteure en histoire de l’art et archéologie, apporte au scénario un socle documentaire solide, prolongé par un dossier final qui éclaire plusieurs éléments développés dans l’album. Cette rigueur constitue l’un des grands intérêts de la série. Elle a toutefois son revers : l’intrigue romanesque paraît parfois un peu mince, comme si les auteurs avaient davantage privilégié la reconstitution historique que la tension narrative.

Cette série consacrée à Pompéi propose, à chaque volume, une histoire autonome située dans les jours précédant l’éruption du Vésuve en 79 © Anspach, 2026
Paolo Grella donne, lui, pleinement chair à cette reconstitution. Son dessin fait revivre Pompéi avec une précision et une sensibilité remarquables. Quiconque a déjà parcouru le site archéologique retrouvera avec plaisir ces lieux réanimés dans leur contexte antique. Son trait réaliste, rehaussé de superbes couleurs à l’aquarelle, confère à la cité une présence lumineuse et crédible. Les scènes d’arène frappent également par leur justesse : loin des excès spectaculaires des grands péplums des années 1950 et 1960, elles donnent aux combats une dimension plus âpre, plus incarnée. Grâce à ce travail graphique, les personnages gagnent en densité et l’album trouve sa véritable force visuelle.
Porté par un dessin soigné et une documentation irréprochable, ce second volume confirme l’originalité de Pompéi, une série qui fait de l’archéologie vivante le véritable moteur de son récit.