Cornélius

Des berniques
Les berniques sont des petits coquillages qui s'´agrippent au rocher, connus aussi sous le nom de patelles. Dans un sens plus figuré, le mot décrit des choses sans importance. Au singulier, utilisé comme une interjection, il signifie ''Pas question", "Que dalle", "Non".''Des berniques est l´'histoire d´un couple sur le point de se séparer. Ou pas. Comment le savoir lorsque les mots sont impuissants à décrire ce qu'´ils ressentent l´'un et l´'autre ? Discrètement, on les suit lors d´'un week-end au bord de la mer, séjour dont on suppose le caractère décisif. L´'air iodé peut-il raviver les sentiments ? La nature peut-elle fournir des sujets de conversation aux amoureux fatigués ? On ne sait pas. Le ciel est menaçant, la maison trop grande, la langueur omniprésente.... Les deux amants guettent l'´éclaircie salvatrice, retardant l´'échéance, se réfugiant dans le mutisme et les propos anodins... Mais ce sont désormais les corps, les objets, la campagne qui parlent à leur place, exprimant pour eux les non-dits qui les séparent et orchestrant les indices qu'´ils feignent d´ignorer. Le trait subtil et nerveux de Sébastien Lumineau dépeint avec grâce la mélancolie de l'´amour qui s'´en va. Son sens de l´'ellipse, la simplicité apparente de ses constructions, la puissance évocatrice de son noir et blanc irradient une histoire dont l´'essentiel se joue à l´'arrière-plan, sans artifices, dans la pénombre des coeurs. À des années lumières de la fiction cinématographique française et son cortège de couples bavards, Sébastien Lumineau réussit avec Des berniques un bijou d´équilibre et de justesse, une tragi-comédie silencieuse qui confirme qu'´il fait partie des auteurs les plus singuliers de sa génération.
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Shrimpy et Paul
Publiées pour la première fois en album par Highwater Books en 2003, les aventures de Shrimpy et Paul (et leurs joyeux amis) entraînent le lecteur au coeur d´un univers improbable, imaginé par un Max Fleischer sous acide où des frères Warner virés mabouls. Des Laurel et Hardy déjantés affrontent avec un sérieux imperturbable une sexualité hasardeuse et les situations les plus grotesques. L'un perd ses tétons chéris, l'autre accouche par les genoux, tandis que des tours géantes poussent à l´intérieur de leur petite maison. Sous ses apparences cartoonesques, l'art de Bell plonge des racines profondes aussi bien dans le cubisme que dans la culture populaire, dans la Bible que dans le hard rock, et introduit dans la bande dessinée la technique du collage. Glanant les rogatons de la société de consommation, Marc Bell construit, avec ces matériaux de récupération, vieux numéros de Mad Magazine, figurines de Star Wars, briques de Lego, un univers surréaliste et loufoque. Ce monde fourmillant, complexe et toujours logique dans son absurdité, rappelle les paysages inexplicables de Herriman. Bell le peuple de créatures plus ou moins anthropomorphes qui empruntent leur nom à la junk-food (Shrimpy, Blimpy, Taco) ou à un gadget (Chia Man) et font de la vie quotidienne une aventure rocambolesque et hilarante, pleine de bruit et de non sens.

Shrimpy et Paul

Welcome to thé death club
Iconoclaste à la narration redoutable defficacité, Winshluss nous propose avec Welcome to the death Club une série de fables tragiques de personnages insatisfaits, croyant maîtriser leur existence, souvent cupides, toujours incompris. Ces récits, dont certains ont été prépublié dans la revue Jade, mélangent un humour absolument déjanté à une tendresse prononcée envers les perdants définitifs. A ce petit jeu, la mort, personnage omniprésent de louvrage, ne cesse dengranger de nouveaux adeptes dans son club de la dernière chance.

Volume 9

Sarutobi
Sasuke Sarutobi apparaît dans la littérature japonaise à la fin du XIXe siècle. Héros de nombreux récits, mangas et films, il incarne la figure du guerrier-espion, le ninja. Tezuka s'approprie le personnage, qu'il met au service d'un message pacifiste et humaniste. En 1590, le Japon est livré à la guerre civile et les campagnes vivent dans la terreur des exactions des samouraïs. Fils de paysans, Sarutobi veut devenir ninja mais son maître lui ôte ses pouvoirs magiques, pour qu'il comprenne la vanité de la violence. Sur un canevas historique, Tezuka bâtit une chanson de geste tragi-comique, un récit d'aventures foisonnant, que portent sa virtuosité narrative, son style dynamique et sa fantaisie iconoclaste. On peut aussi y lire une critique du monde contemporain, où les grandes entreprises se comportent en seigneurs de la guerre tandis que les hommes subissent l'Histoire, plus spectateurs qu'acteurs. ''On se croirait dans un dessin animé'', s'émerveille un des personnages. Les codes des récits traditionnels se mêlent à ceux du cinéma et de la bande dessinée. On croise, dans le Japon de l'époque Sengoku, Popeye et Astro Boy, et un groupe de ronins fâchés de la réputation que leur a faite Kurosawa. Il est vrai que la leçon de Sarutobi rejoint celle des Sept Samouraïs : les paysans, qui sont du côté de la vie, l'emportent sur les guerriers, qui sont du côté de la mort.

La Promesse
Les nouvelles réunies dans ce volume ont toutes été publiées dans la légendaire revue Garo. Cette publication d'avant-garde, sur les traces du gekiga, le mouvement fondé en 1957 par Yoshihiro Tatsumi pour rompre avec la tradition enfantine du manga, ouvrait le genre à l'âge adulte. Fondée en 1964, elle accompagna tout au long des années 60 et 70 la jeunesse protestataire qui voyait en elle une forme de contestation de l'establishment. Kusunoki avait une vingtaine d'années quand il publia ces histoires, dans un Japon qui se remettait à peine de sa défaite et des conséquences de la seconde guerre mondiale. Ses nouvelles parviennent à créer un lien entre le Japon traditionnel et la société d'après-guerre marquée par la censure, le culte du travail, l'érosion des traditions et un anti-américanisme virulent. Comme Susumu Katsumata (Neige Rouge, Cornélius), il s'attache à décrire la vie quotidienne du peuple, tout en y insufflant une dimension plus épique. À travers des genres aussi variés que le conte japonais traditionnel, la chronique urbaine ou le récit de samouraï, il décortique l'ambiguïté des rapports humains. Mettant à nu les sentiments qui unissent les êtres, les raisons pour lesquelles ils s'attirent et les malentendus qui les séparent, Kusunoki parvient, à travers un style limpide, à exprimer ce qui ne l'est pas... Un auteur immense qu'il est urgent de redécouvrir et de célébrer.

Necron, T.6

Aujourd'hui n'existe pas
Aujourd'hui n'existe pas et nos existences s'écoulent en une succession d'instants, tristes ou heureux, presque aussitôt oubliés. Ancco veut, avant que sa mémoire ne la trahisse, fixer dans ses dessins quelques fragments d'une vie aussi précieuse que dérisoire. Son trait aigu donne vie à une Corée, pays du matin blême et des nuits arrosées, bien éloignée des brochures de tourisme. La jeunesse s'y traîne, dans le fracas des karaoké et le silence du sida, parmi la fumée des cigarettes clandestines et les vapeurs de l'alcool interdit, instant suspendu entre l'envie de grandir et la peur de vieillir. Aujourd'hui comme hier, les coups restent l'argument ultime d'adultes cabossés par leurs propres échecs. Barricadés dans leur solitude, incapables d'exprimer leurs sentiments, les hommes sont terrifiés de risquer vers l'autre un geste aussi simple que d'offrir une cigarette. Seuls les chiens semblent capables d'un amour et d'une confiance spontanés. Ancco dessine ses adolescents au début d'une route qui s'enfonce dans les ténèbres, d'un voyage dont la prochaine étape, espèrent-ils,changera leur vie. Mais elle sait qu'au bout de la nuit les attend une nuit encore plus profonde, celle de la mort. Demain n'existe pas.

Kitaro le repoussant, T.8

Francis rate sa vie

Les aventures de R. Crumb
Bienvenue dans le monde merveilleux de Robert Crumb ! Voyez-le s´ennuyer, chanter, gratter son ukulélé, tirer sa crampe, réparer ses toilettes ou explorer divers orifices féminins. Découvrez ses faiblesses, ses angoisses, ses contradictions et ses fantasmes. Peu d´auteurs ont, depuis Rousseau, osé une confession aussi sincère et déjantée, une mise à nu aussi drôle et douloureuse, des recoins de leur âme et de certaines parties de leur anatomie.

Kitaro le repoussant, T.7

3, rue des mystères et autres histoires 2

Eightball
En 1989 le jeune Daniel Clowes crache sa frustration au visage de l'Amérique conformiste en une série de « krazy komics », publiés dans les pages de son magazine EIGHTBALL entre les épisodes de COMME UN GANT DE VELOURS PRIS DANS LA FONTE ou GHOST WORLD. La trentaine de courtes histoires rassemblées ici sous le titre EIGHTBALL, témoigne de la versatilité d'un artiste qui passe de la satire sociale à la blague de potache, de l'anecdote absurde à l'étude psychologique, en s'offrant, au passage, le luxe de détourner l'imagerie et les codes des comics...

Sacha

Rats et chiens

Kitaro le repoussant, T.6

Kaos T.3

Mon Placard

Chroniquettes

Opération Mort
Fin 1943, une troupe de l’armée impériale japonaise débarque sur une île du Pacifique. Les engagés (pour la plupart de jeunes recrues) font alors l’apprentissage de la survie dans cette contrée d’apparence paradisiaque. Et puis un jour, l’ennemi est là. Les combats qui se succèdent n’ont rien d’héroïque, ils s’imposent aux soldats résignés, finissant par devenir qu’un aspect d’une vie quotidienne dominée par la quête de nourriture; les hommes disparaissent un à un, c’est la guerre dans sa brutalité ordinaire. Les rares survivants ont plus à faire avec la faim et la maladie qu’avec l’ennemi, qui est une moins grande menace pour eux que les officiers lorsqu’ils se mettent en tête de “sauvegarder dignement l’honneur de l’armée et de la patrie”... En grande partie autobiographique, Opération Mort voit Mizuki déployer tout son humour et son art de la simplicité pour dépeindre avec une implacable vérité la guerre au quotidien. Un chef-d’oeuvre qui vous prend à la gorge et dit mieux que les discours mélodramatiques la bêtise universelle des va-t-en-guerre.

Necron, T.5

L'enfer

Kitaro le repoussant, T.5

Poguri

Le sens de la vie et ses frères

Partout
Qu'il soit perdu au fin fond de la Chine, transporté au beau milieu de l'Afrique équatoriale ou assis dans un bar crapoteux de la banlieue de Belfast, l'oeil de Willem reste toujours calé à hauteur d'homme. Se défiant de l'exotisme et des cartes postales, il se concentre sur les détails insignifiants ou ridicules qui disent mieux que les monuments la vie telle qu'elle est.
Faisant suite à "Ailleurs" (paru en 2002 chez Cornélius) qui réunissait les reportages les plus significatifs que Willem a dessiné pour la presse depuis vingt ans (en particulier dans Libération et Charlie Hebdo), "Partout" abandonne décors et commentaires pour se concentrer sur les gens, parfois les silhouettes, croisées de La Haye à Dublin, en passant par Hanoï, Oslo, Ouagadougou, Rome, Tallinn et Pékin (avec une pause à Helsinki pour boire un coup)...
Là où d'autres accumulent les photos dans des albums, Willem Là où d'autres accumulent les photos dans des albums, Willem collecte les instants, archivant tronches, gros culs et verres vides comme autant de preuves que l'essentiel joue à se cacher dans le dérisoire.
Reprenant avec de nouvelles couleurs des pages initialement parues dans Charlie Hebdo, "Partout" invite au plus inattendu et au plus paradoxal des voyages.

Le château de l'aurore

Necron, T.4

Neige rouge

Séquelles

Kitaro le repoussant, T.4

Kaos T.1

Kaos T.2

Le Grand autre

Le livre de la guerre de cent ans

Necron, T.3

Hato toujours plus haut ! T.3

Un gentil garçon

Kitaro le repoussant, T.3

Mes problèmes avec les femmes

Kitaro le repoussant, T.2

Cornélius ou l'art de la mouscaille et du pinaillage

Kitaro le repoussant, T.1

Istanbul

La Vénéneuse aux deux éperons

3, rue des mystères et autres histoires

NonNonBâ
Nous sommes au début des années 1930, dans une petite ville de la côte ouest du Japon. NonNonBâ, une vieille dame mystique et superstitieuse, est accueillie dans la famille du jeune Shigeru. Encyclopédie vivante des croyances et légendes populaires de la région, elle abreuve l'imaginaire déja débordant du garçon d'histoires de monstres et de fantômes. Les yôkaï, ces créatures surnaturelles qui peuplent l'univers des hommes, deviennent vite les compagnons de rêveries quotidiens de Shigeru, qui trouve en eux d'excellents guides pour visiter les mondes invisibles. Si ces voyages l'aident à fuir et à comprendre les émotions parfois compliquées qui naissent dans son coeur, ils embrouillent aussi considérablement sa vie quotidienne : il est déjà bien assez difficile de savoir à qui se fier sans que des monstres bizarres et malicieux viennent s'en mêler... En conjuguant, dans cette oeuvre de 1992, le ton de la chronique et les ambiances fantastiques qui ont fait sa réputation depuis "Kitaro le repoussant" (à paraître en 2007 chez Cornélius), Shigeru Mizuki livre avec "NonNonBâ" une oeuvre aussi simple qu'exigeante.
S'inspirant des jours heureux de son enfance, il écrit la partition universelle du temps qui passe, du bonheur éphémère et de l'urgence de vivre, laissant à ses lecteurs le souvenir impérissable des rivages de Sakai-minato et réveillant pour chacun d'eux les accords précieux des nostalgies les plus intimes.

