Dargaud

Tout schuss
Garfield ne connaît qu'un chemin entre son lit et sa gamelle : tout schuss, à fond et tant pis pour les autres. Piétinant Odie et Jon, rien ne saurait l'arrêter dans sa course à la goinfrerie et aux calories. Gare aux imprudents ! ! !

Grimmy, T.13
Vicieux, sale et méchant, et pourtant si sympathique, Grimmy continue ses merveilleuses aventures au pays des pizzas, des poubelles et des chasses aux facteurs. Tout simplement hilarant ! !

La croisière des Compères
Le professeur Tartalo a inventé un moteur à l'eau qui permet de faire fonctionner une péniche. Sylvain et Sylvette et tous leurs amis animaux décident de partir en croisière afin de tester cette merveilleuse invention. Hélas, les compères décident de se mêler à la fête. Bérik, éternel amoureux de la nature, profite de cette aventure pour donner aux enfants une merveilleuse leçon d'écologie.
La croisière des Compères
Le professeur Tartalo a inventé un moteur à l'eau qui permet de faire fonctionner une péniche. Sylvain et Sylvette et tous leurs amis animaux décident de partir en croisière afin de tester cette merveilleuse invention. Hélas, les compères décident de se mêler à la fête. Bérik, éternel amoureux de la nature, profite de cette aventure pour donner aux enfants une merveilleuse leçon d'écologie.

Un yankee nommé Blueberry
Lorsque J-M Charlier et Giraud se lancèrent dans La Jeunesse de Blueberry, ils ne pouvaient pas imaginer à quel point cette autre facette de la vie de Blueberry allait passionner les lecteurs. c'est Michel Blanc-Dumont qui en assume aujourd'hui le graphisme - avec maestria - aux côtés du scénariste Corteggiani.

L' Arbre au pierrot
Revoilà l'adorable Soupetard, sa soeur à lunettes et son lapin Cerfeuil. C'est la rentrée et il retrouve la jungle des cours de récréation, le pauvre. Il voulait faire partie de la conspiration des conspirateurs, dont chaque membre doit posséder une trésor "unique et secret comme Polly-chinelle" : ça peut être une peau d'orange, un rat crevé ou un peigne à cran d'arrêt. Le trésor de Soupetard, c'était Cerfeuil qui sautait dans un cerceau, mais Cerfeuil n'a pas voulu sauter...Maintenant, les autres sont furieux, et il passera "de l'eau sous les calendes grecques" avant qu'il soit promu conspirateur. Mais justement, son grand-frère Pierrot, qu'il attendait depuis longtemps, revient du service militaire. Pierrot, c'est un type formidable : il vous rapporte des cadeaux un peu moches ou un peu volés, il vous emmène à la foire dans son side-car, et il a un trésor caché au creux d'un arbre... Pour Soupetard, le retour du grand-frère, c'est de la joie pure, et aussi des vieux chagrins qui remontent dans sa caboche de môme avec des questions sans réponses : "Pourquoi y sont morts, papa et maman ?" Et grâce au talent des auteurs, tout est contagieux : les gros bonheurs et les détresses terribles, et toute cette enfance qu'ils nous ramènent avec une fraîcheur et une tendresse craquantes.

Slam Dunk, T.20

Olivia Sturgess 1914-2004
Olivia Sturgess, 1914-2004... Floc'h et Rivière retracent le parcours de leur héroïne sous la forme d'un documentaire télévisé. Sa jeunesse, ses débuts en littérature, sa rencontre avec Francis Albany, sa vie consacrée au travail et à l'amitié, mais aussi ses tourments et ses mystères... C'est toute une vie dans le siècle qui prend forme sous les yeux du lecteur. Jusqu'à la description de ses dernières années, loin de la littérature mais pleines d'un bonheur enfin accessible grâce à une rencontre qui changera le cours de son existence... Floc'h et Rivière, dont on apprécie depuis Le Rendez-vous de Sevenoaks le sens de la narration virtuose et la maîtrise des mises en abîme, signent ici un formidable portrait de femme. En retraçant la vie et la carrière d'Olivia Sturgess, ils concentrent tous les éléments caractéristiques de l'univers qu'ils ont développé dans un album où se côtoient Gilbert & George, Charlotte Rampling ou Noel Coward. Suivi de la Collection Albany-Sturgess, catalogue d'objets, de photographies et d'ouvrages constituant l'univers intellectuel et affectif de leurs personnages, ce nouveau livre de Floc'h et Rivière est un portrait émouvant et passionnant d'une grande justesse de ton.
The tattoo

Les 4 saisons
Une charmante banlieue citadine, de nos jours. Quoique. Peut-on dater les aventures de Boule et Bill ? Non, sans doute. L'univers de Roba n'a pas changé depuis ses débuts, en 1959, ou si peu. Il a évolué. De manière constante, car l'homme est un perfectionniste et ses personnages davantage que des créations de papier. Dans ce petit quartier tranquille où ils vivent leurs aventures quotidiennes depuis plus de quarante ans maintenant, Roba a choisi de planter son chevalet et d'observer. Cela donne cet album, le premier depuis cinq ans : " Les quatre saisons de Boule et Bill. " Avec son immense talent mais aussi son humilité naturelle, Jean Roba s'est donc mué en observateur attentif du cycle de la vie. À chaque saison, à chaque mois de l'année, il a imaginé son petit monde aux prises avec les innombrables épisodes aventureux du quotidien. L'hibernation de Caroline, la migration des oiseaux, les vacances et les giboulées, tous ces moments que nous ne voyons plus ont inspiré le metteur en scène du bonheur tranquille qu'est Roba. " Les quatre saisons de Boule et Bill " ne constitue pas un album de plus à ranger dans votre bibliothèque pour compléter une collection. Il s'agit ni plus ni moins d'un chef d'oeuvre d'humour dans la concision, de dessin épuré et virevoltant, d'une éclaboussant leçon de vie. Parce qu'on l'a trop longtemps attendu, parce qu'il est plus tendre avec ses personnages que jamais, parce qu'il jette sur la vie un regard à nul autre pareil, Jean Roba nous émeut autant qu'il nous amuse. Chez lui, la poésie et l'humour se marient jusqu'à la perfection. C'est sans doute pour cela que les enfants d'hier lisent toujours Boule et Bill. Et le font découvrir avec plaisir aux enfants d'aujourd'hui !

La balade de John
Promesses d'Atlantide
A la suite d'un incident technique survenu lors de la pose d'un câble dans les profondeurs de l'Atlantique, une caméra plongée pour déterminer les causes de la panne a détecté une structure qui semble d'origine architecturale. Persuadé qu'il s'agit des ruines d'une cité antique engloutie qui pourrait être l'Atlantide, le patron d'Eurocom, commanditaire de l'opération, a contacté l'agence Imago Mundi. Il est prêt à financer une campagne de fouilles sous-marines. Excités par cette proposition, Harald et ses deux adjoints entreprennent d'organiser une expédition... Un complexe technologique dispendieux est dès lors installé au large des Açores pour sonder les grands fonds. Mais, à bord, des accidents se produisent que ni la nature des lieux, ni la science, ni la technique ne peuvent expliquer. De toute évidence, quelqu'un veut empêcher Imago Mundi de poursuivre sa prospection. Soupçonnée de sabotage, la société pétrolière Greenoil est bientôt mise hors de cause. Le mystère reste donc entier, tout comme celui des formes étrangement géométriques et métalliques dont la sonde a ramené des images. Convaincus d'avoir été trompés par l'Eurocom et la Greenoil, Harald, Loïc et Leia décident de mener une enquête. Ils ne vont tarder à comprendre que les deux compagnies se disputent une source de richesses inestimables...
Le trésor des abysses

Gaël

Rencontres
Kenya, 1947. Grâce au témoignage du jeune porteur Tom, on sait enfin ce qu'il est advenu de l'expédition safari organisé par l'écrivain John Remington. Ses membres ont découvert une sorte de mastodonte, une patte coincée dans une crevasse. Quelques heures après, le gentil et timide Roy Vernon disparaissait. La nuit tombée, tandis que John Remington profitait de l'absence de Mr Vernon pour conter fleurette à Mrs Vernon, et que la bête – en fait un indricothérium parvum – hurlait à la mort, pétant de trouille, un énorme singe à longs poils dorés et crocs imposants démembrait quelques porteurs avant de dévorer Mrs Remington sous sa tente. - C'est tout Tom ? - Oui, à part le passage, dans le ciel, de deux soucoupes volantes... Catherine Austin, qui mène l'enquête pour les services anglais, va, elle aussi, faire de bien curieuses découvertes. En particulier un extraordinaire parasite, énorme bernard-l'ermite qui passe d'hôte en hôte. Kathy n'échappera au sort peu enviable de zombi qu'en truffant in extremis la bestiole de plomb, au pied de son lit de camp. Bref, comme conclut son distingué patron en dégustant son thé à l'ombre de la Tour de Londres : " Désormais les choses sont simples. Soit des extraterrestres sont en train de nous envahir, et ils vont réussir ! Soit la troisième Guerre mondiale a déjà commencé, et nous allons la perdre ! " Hommage aux grands feuilletons fantastiques, à Conan Doyle et à son célèbre Monde perdu, mais également à Rice Burroughs, Lovecraft, Bradbury et quelques autres, Kenya est une oeuvre décalée, fascinante et jubilatoire. Le dessin classe, sage et élégant de Leo donne un parfum particulier aux découvertes les plus incroyables et aux réflexions les plus crues. Les auteurs de Trent se sont collés ensemble au scénario. Le mélange est à la fois détonant et retenu. Très british, quoi...

Les jolis pieds de Florence
Les copains, le boulot, les amours. Surtout les amours. Côté boulot, Jérémie (une sorte de Duduche 2003) oeuvre chez Concept Video Games. Jean-Jacques rame dans la BD et Sandrine vend des viennoiseries au métro Robespierre. Et puis il y a Florence, qui tient l'accueil de Concept Video Games. Côté amour, par un dimanche de pluie, Florence aborde Jérémie. Ça le trouble affreusement, car Florence a un truc qui le rend fou : ses pieds. Et aussi ses fesses quand elle se penche pour ranger des dossiers, mais surtout ses pieds. Pourtant, rien n'est simple. Florence veut et Jérémie voudrait, mais Jérémie se noie dans ses maladresses pathétiques, jusqu'au moment où, enfin, il atterrit mort de trouille dans le lit de Florence. Et pourquoi voulait-elle tant sortir avec lui ? Parce qu'il est gentil et rigolo, et donc, capable de comprendre si elle lui dit qu'elle est frigide. Gros moment d'émotion : Jérémie ne sait pas ce que ça veut dire. Alors elle lui explique. Désormais lancé dans la quête laborieuse de l'orgasme — Florence aimerait mieux qu'il la lâche, avec ses orgasmes —, Jérémie s'en va consulter le Pr Ollambébé, grand marabout de Barbès. Lequel gentil marabout lui livre une recette formidable, mais incomplète pour cause de descente de police assez brutale. (Ce qui nous vaudra une merveilleuse fin d'épisode.) Il y a les amours des autres, aussi. Trop rapides pour Jean-Jacques (" On a à peine parlé deux mots et paf ") et jetables pour Sandrine (" C'est ma faute, t'es génial, on reste amis "), mais toujours touchantes. Si on ajoute les galères de boulot, le hip-hop et les castagnes, on a le portrait d'une génération qui, comme les précédentes — mais avec son propre langage, hilarant de vérité — patauge dans la méthode " erreurs et tâtonnements ". Le tout porté par un dessin craquant et un humour aussi percutant que sensible. Si bien que Riad Sattouf (copain d'atelier de Sfar et Blain, lauréat du Prix Découverte au festival de Chambéry) confirme son talent avec une série qui s'annonce particulièrement novatrice et attachante.

Rubrique-à-brac

Coffret Canal BD

Entre sang et eau

L'accélérateur Atomique
Ce livre est un hommage de l'auteur à Spirou et à ses créateurs. Ça se voit au premier coup d'oeil : Lapinot arbore le légendaire costume de groom, et un écureuil le suit partout — le genre de modèle à queue courte et longues oreilles qui laisse à penser que Trondheim préfère décidément les lapins. Et puis Lapinot et son copain journaliste — fraîchement débarqué des Tropiques avec une dent fêlée pour cause de rencontre avec une perle dans un coquillage — vivent une aventure débridée, incluant des machines mystérieuses, des hommes invisibles, quelques cinglés (bons ou méchants) et un troupeau de crétins (la police). Sans oublier le savant fou. En l'occurrence, un homme " honnête " et non-violent — sa moche cicatrice sur la joue, c'est juste une chute de balançoire quand il avait huit ans — qui vole des diamants pour financer un projet susceptible de sauver l'humanité : un accélérateur atomique qui multiplie la vitesse par mille. (Nous ne dévoilerons pas ici l'aspect salvateur de l'invention.) Mais en attendant, sa machine a un défaut : les gens qui l'utilisent ont tendance à disparaître. L'autre problème, c'est que Lapinot et son copain se retrouvent accusés de tentative de meurtre sur policier, d'évasion, de destruction de véhicule public, etc. Tout ça pour une dent fêlée, Trondheim ayant le don de faire déraper les broutilles vers de désastreuses complications. Et si cette version revisitée (avec l'aimable autorisation des éditions Dupuis) des aventures de Spirou nous replonge dans nos souvenirs d'enfance, elle est totalement habitée par Trondheim, son humour décalé et son sens de la dérision. Ce livre est un hommage de l'auteur à Spirou et à ses créateurs. Avec l'aimable autorisation des Éditions Dupuis.

Jambon et tartine
L'enchanteur Merlin, personnage clé de la saga du roi Arthur, évoque mille et une légendes. Mais qui prétend connaître sa jeunesse ?...Joan Sfar et Munuera se sont amusés à l'imaginer dans une version drôle, joyeuse et iconoclaste. On y voit un jeune Merlin ne maîtrisant pas encore tout à fait ses pouvoirs, accompagné d'un cochon. Irrésistible !

Uma
Gaz et valium. En général le mélange ne pardonne pas. Sauf si on a un ami qui passe opportunément alors que vous avez déjà un pied et demi dans la barque de Charon. Si l'ami est (bon) flic, donc habitué à réagir au quart de tour, vous avez une (bonne) chance de vous en sortir. La belle Uma émerge donc indemne de sa cinquième tentative de suicide et reprend son boulot tout en concoctant la sixième. Boulot qui consiste ce jour-là à s'occuper du cas C281. Un crâne. Uma est Technicienne d'Identification Criminelle. Un métier emballant qui permet, à l'aide d'un logiciel ad hoc, de remodeler des visages à partir de pas grand-chose. Uma est une excellente TIC. Le visage de C281 se dessine peu à peu sur son écran. Un visage qu'elle connaît bien. Un visage qui ressemble au sien comme deux gouttes d'eau. C'est le visage de sa soeur, Mira, disparue de chez leurs parents adoptifs lorsqu'elle avait quinze ans. Mehdi, le flic kabyle, après enquête, la rassure. La victime travaillait dans le milieu diamantaire et n'avait donc rien d'une pauvre gosse de la DASS ! Uma, du coup, vire blême. Leurs parents adoptifs étaient diamantaires... Et elle n'a encore rien vu ! Elle ne sait pas encore que sa soeur faisait partie des Eternels, ces agents secrets sans pitié du monde des diamants. Elle ne sait pas encore que les employeurs de Mira vont l'obliger, elle, la fonctionnaire dépressive qui a peur de son ombre, à prendre la place de sa soeur, James Bond féminin survitaminée.Et qu'elle va y prendre goût... Uma a été imaginée par Yann (Les Innommables, Pin-up...) pour Meynet (Double M, Tatania K...). Le dessinateur voulait une belle histoire policière avec de superbes nanas. Yann lui a concocté une belle histoire policière avec de superbes nanas, en y instillant toutefois la "Yann touch" : une manière bien à lui de détourner les lois du genre. Les Eternels, au passage fort bien documentés sur les moeurs des milieux diamantaires, montrent une fois de plus que si personne ne peut faire du Yann, Yann, en revanche, peut tout faire.

Prisonniers des Serbes
1982. Tanguy et Laverdure, chassés de l'armée, sont devenus barbouzes volantes au sein de la Delta Airways, branche des services secrets français chargée de missions pourries en Afrique. Après avoir libéré une coopérante au Tchad et démantelé une base secrète au Kombala, les deux pilotes ne rêvent que d'une chose : réintégrer l'Armée de l'air française (1).
1995. Des pilotes de chasse français basés à Dijon s'envolent pour la base italienne d'Istrana. Mission : effectuer des frappes aériennes contre les Serbes qui humilient la force d'intervention internationale qui tente de mettre fin au génocide des populations bosniaques. Parmi les pilotes français, le commandant Michel Tanguy et le capitaine Ernest Laverdure...
Sur le papier, le rapport des forces semble être en défaveur des milices serbes. Sur le terrain, il en va tout autrement. Disposant de terrains remarquablement camouflés, de pilotes au sang-froid impressionnant, équipés de missiles infrarouges portés à dos d'homme et mortels pour les chasseurs jouant à saute-mouton avec les collines, les Serbes ne s'en laissent pas compter. Victime d'un missile, Laverdure, blessé, est fait prisonnier. Tanguy lance alors une opération de sauvetage plus que risquée.
Le retour des deux fameux pilotes créés par Jean-Michel Charlier et Albert Uderzo en 1960 est un véritable festival aérien. Jean-Claude Laidin, devenu pilote par amour de la série, parachutiste, journaliste à TF1 (il signe nombre de reportages du 20 heures), a écrit le scénario de la renaissance. Yvon Fernandez, ex assistant de Christian Denayer (2), a dessiné l'épisode. Son souci du détail, son sens du mouvement sont époustouflants. On reste fasciné devant ses ballets aériens. Le lecteur est assis dans le baquet des chevaliers du ciel. Ne manquent que le grondement des réacteurs et le sifflement du vent !

Complainte des Landes Perdues, Intégrale

Au plus profond du Néant
Axle Munshine n'est plus qu'un proscrit poursuivi par toutes les polices de la "garde pourpre". Accompagné de sa déjà fidèle Musky, il poursuit la recherche de celle dont il a entrevu l'ombre dans l'un de ses rêves. Le voilà très loin, dans des îles dont les légendes affirment qu'elles sont interdites, mais aussi là où les étoiles s'éteignent, où l'on rencontre parfois ses propres fantômes. La suite d'un chef d'oeuvre de la science-fiction moderne.

Mary la Noire, Intégrale
Un an après la parution de l'intégrale L'Autre Monde, voici enfin l'autre fameux diptyque imaginé par Rodolphe et Magnin qui sent bon l'aventure maritime sur fond de légendes celtiques. Un superbe ouvrage enrichit d'un cahier d'inédits de 10 pages qui précédera, de trois mois, la parution du deuxième volume de L'Héritage d'Émilie par Florence Magnin . Nordwick, une petite accrochée au bord de la côte. Une nuit, dans le cimetière, des homes déterrent le cadavre d'une femme... Déjà on susurre qu'il y aurait un lien avec les apparitions inexplicables d'Edward, feu roi d'Angleterre ! Sans compter cette île où vivraient des marins pourtant portés disparus en toute insouciance ! Que se passe-t-il réellement ? Quel rapport y aurait-il entre toutes ces manifestations anormales ? Un homme Lord James, écrivain séduisant, se rend à Nordwick afin de tenter de trouver une solution à cette énigme. L'explication, Mary la Noire, une femme de caractère respectée des marins, semble la détenir : ces morts attendent le grand passage vers l'au-delà et accomplissent leur purgatoire parmi les vivants. Non sans mal... Ce deuxième conte fantastique de Florence Magnin et Rodolphe, après L'Autre monde, est réuni en une intégrale enrichie d'un cahier de 10 pages réunissant les inédits. À noter une nouvelle fois le travail graphique accompli par l'illustratrice Florence Magnin dans un style pictural de toute beauté !

Garfield prend du poids
Le chat le plus paresseux de l'histoire de la BD voit le jour en 78 dans la presse quotidienne et dominicale américaine. Garfield, adulé par son maître, peut savourer tout à loisir le plaisir de ne rien faire; gras, toujours fatigué, toujours affamé, toujours bavard, il philosophe avec humour sur sa condition féline. En oubliant pas de s'alimenter et de se reposer, bien sûr... Les éditions Bagheera ont édité en 91 un album de Garfield. Dargaud a toutefois récupéré l'exclusivité de cette série.et poursuit l'édition de Garfield à raison de 2 titres par an.

Jungle en folie (La) (Intégrale), Intégrale T.4
La jungle est toujours en folie, merci ! Nous sommes à la fin des années 70 et les auteurs ont pris leurs marques. Leurs personnages et l'univers évoqués sont parfaitement définis et les gags sont hilarants. Voici trois nouveaux épisodes de cette saga animalière humoristique dont les héros s'appellent Joe le tigre, Gros Rino, Potame, Mortimer, Auguste et Perrette. A bien les regarder, c'est fou ce qu'ils nous ressemblent !

Achille Talon pour tous (tome 2)

La Demoiselle de la Légion d'Honneur / La Diva et le Kriegspiel
Ces albums furent des albums événements des années 80. Le premier d'entre eux suscita même une grosse colère de la part du Grand Chancelier de l'Ordre de la Légion d'Honneur de l'époque qui convoqua l'éditeur, Georges Dargaud, pour lui passer " un savon ". En ce temps-là, il fallait faire attention à ce que l'on écrivait sur les demoiselles, sur les guerres et sur la Légion d'Honneur. Entre autres. Surtout en bandes dessinées, cette sous-culture... En réalité, avec ces récits, c'était sans doute la première fois que des auteurs s'attachaient à raconter sérieusement, en bandes dessinées pour adultes, des tranches d'Histoire à travers des destins de femmes : l'après-guerre et la chute des empires coloniaux pour la Demoiselle et la guerre elle-même, ainsi que ce qui précéda, pour la Diva. Ayant connu bien des pérégrinations éditoriales, cette collection — Portraits Souvenirs — où d'autres titres sont à paraître, retrouve la place — d'honneur ! — qu'elle n'aurait jamais dû quitter au sein du catalogue Dargaud.

Le Malka des Lions
Un matin, le rabbin reçoit deux lettres. Une annonce la visite de son cousin, le Malka des Lions. L'autre propose au rabbin d'être agréé par le consistoire des Juifs de France. Le chat du rabbin tentera alors d'aider le rabbin pour passer la dictée d'agrégation.

La trace pâle
Paris, milieu des années cinquante. On y boit encore du lait bien épais à 100% de matières grasses venu tout chaud de vaches nourries au bon fourrage fauché sur les pelouses du Bois de Vincennes. La première DS fait son apparition dans les rues et, des fenêtres, s'échappent parfois les accents d'une radio au ton nouveau qui pourrait très vite casser la baraque, Europe n°1. En pleine guerre froide, " Impérialistes " et " Rouges " s'affrontent. Leur lutte dans l'ombre est féroce. Car la science fait des bonds de géant après le terrible conflit 39-45. Ainsi les antiseptiques cèdent-ils la place à une nouvelle race de produits, les antibiotiques, promis, semble-t-il, à un brillant avenir ! Edith Hardy, veuve d'un agent de change gaulliste, se retrouve plongée jusqu'au cou - qu'elle a très joli, comme tout le reste d'ailleurs - dans ce panier de crabes. Car Edith, pour survivre, a ouvert l'Agence Hardy, " Personnes disparues, enquêtes, généalogie, etc. ". Son premier job (un de ces nouveaux mots qui, comme OK et autres be-bop font fureur) consiste à retrouver les travaux d'un chimiste travaillant sur un bien mystérieux parfum. Au cours de son enquête, Edith rencontre une femme surprenante, la Baronne rouge, connue pour lire l'Huma en dégustant une flûte de champagne. Elle affrontera également Mornic, résistant comme son mari, mais du côté des " camarades ", pas des " Compagnons "... Aujourd'hui, Edith accepte de travailler pour les Américains. Il faut retrouver le chimiste Antoine Dubreuil dont les véritables travaux concernent un antibiotique révolutionnaire, la rubidomycine. Antoine qui est aux mains de la baronne et d'agents chargés de le convoyer en URSS. Tout ce petit monde se retrouve dans la propriété familiale de la baronne au fin fond des Ardennes. Edith y rencontre quelques-uns des plus célèbres chantres du paradis soviétique. Heureusement, un agent américain - pas mal du tout de sa personne, d'ailleurs - veille sur elle. Tout finira par une fusillade générale dans les rues de Paris. Car les services secrets français se sont aussi invités à la danse... Avec l'Agence Hardy Annie Goetzinger et Pierre Christin nous offrent une plongée nostalgique, émouvante et cocasse dans le XIIe arrondissement de leur jeunesse. Ils reviennent d'un voyage de repérages à Moscou où se déroulera le troisième épisode.

La vie d'artiste
Passer ses journées à pondre des gags, ça doit être cool. C'est du moins l'avis d'un fan de Noémie, venu se faire dédicacer un album. Ce qui pousse Noémie à réfléchir " trois secondes " — le temps de dérouler sa vie entière devant nos yeux éblouis, de se balbutiements d'artiste (les peintures tribales sur les murs du salon, désapprouvées par la maman) à cet instant de gloire où les lecteurs font la queue pour avoir leur dédicace. Toute petite déjà, elle fonctionne " autrement ". Barbie l'indispose, elle préfère bricoler. À l'école, ça se précise : dyslexique, elle passe pour " bornée ". Déçue par la sinistrose scolaire, elle s'évade. Elle part dans les nuages et ne récolte qu'humiliations et engueulades quand elle en redescend. Mais elle s'accroche à ses nuages. D'ailleurs, s'accrocher, c'est sa seconde nature. Créative comme d'autres sont boulimiques, elle insiste, elle y va. Quand elle fonce dans le mur, elle se relève cabossée et elle y retourne. Si bien que, de désespoirs affreux en joies débordantes, elle finit par se tailler un chemin dans la jungle. Tout en vivant, avec " un modèle pas ordinaire " non plus, un amour agité qui débouche sur les joies (épuisantes) de la maternité. Inutile de dire que le parcours est sportif et que l'aspect " cool " de la chose n'est pas ce qui saute aux yeux. Mais au bout du compte, cette Vie d'artiste infiniment drôle et touchante (autobiographique à quelques brouilles près) respire la joie de vivre. Car Florence Cestac — à qui l'on doit, rappelons-le, la version originale et très personnelle d'un Démon de midi recyclé en pièce à succès — reste imbattable dans l'art de nous faire marrer avec ses galères (artistiques, affectives, domestiques) et d'en tirer le meilleur : quand un môme vient lui demander de lui dessiner un lapin, " mais un bien " (pas un moche), ça rachète tout, elle a gagné.

Codex Bellum
Venise, ses palais, ses canaux, ses pigeons. Ses espions ! Venezia nous en présente deux de la plus belle eau (normal). Le peintre Giuseppe Pintorello travaille pour l'empereur Charles-Quint. La cantatrice Sophia Cantabella est aux ordres du roi François 1er. Dès leur première rencontre, ces deux être se révèlent avoir des atomes crochus en pagaille (tout le monde vous dira que c'est plus pratique pour s'arracher les yeux). Un chien et un chat s'entendraient mieux. Là où ça devient franchement rigolo, c'est lorsqu'on découvre que, comme dans les comics, chacun a une identité secrète lui permettant d'enquêter incognito. Giuseppe, une fois ses fausses moustaches et sa perruque ôtées, devient l'Aigle. Sophia, une fois ses collants et sa cagoule noire enfilés, devient Le Scorpion noir. Et le lecteur n'a encore rien vu. Car, si l'imposant Giuseppe et la menue Sophia se haïssent à un point pas possible, l'Aigle et le Scorpion se sentent irrésistiblement attirés l'un par l'autre. Mais les sentiments n'empêchent pas le boulot, hein ! Même au XVIe siècle, c'est service-service. Aussi quand un mystérieux visiteur met le doge sur la piste d'un livre de Léonard de Vinci titré Codex Bellum et censé contenir les plans d'armes révolutionnaires, l'Aigle sortira ses griffes et le Scorpion affûtera son dard. C'est que l'affaire est d'importance ! Le doge en oubliera de peindre ses chiens en rose, bleu ou vert. C'est dire. Et je te passe par une porte sous une apparence, et je te repasse par la fenêtre sous une autre ! Les héros de Venezia s'en donne à coeur dans cette comédie bondissante et drôle. L'Aigle et le Scorpion échangeront-ils leur premier baiser avant que Giuseppe et Sophia ne s'étripent de belle manière ? Suspense...

Cloaques

Poupée de bronze
En Corée, les combats font rage. Les Chinois sont entrés en guerre et l'on craint une troisième guerre mondiale. Incorporés, Mac, Tony et Tim se retrouvent sur le front en compagnie de Claire, de Raoul et de ses cinq porcelets... La nuit de Noël au front s'annonce d'autant plus difficile qu'il fait un froid glacial, qu'il faut protéger les petits de Raoul très convoités à la veille du repas de réveillon et que la fragile Claire est en mal d'affection. Pendant ce temps, en Chine, on juge une jeune femme pour trahison. Celle-ci n'est autre qu'Alix. Des plasticiens lui ont rendu sa beauté perdue, mais le Parti exige sa collaboration en échange de ses attraits retrouvés. Poupée de Bronze, le spécialiste en lavage de cerveau, s'active non sans peine à lui réinculquer les principes de la parfaite maoïste et le traitement de choc semble en bonne voie de réussite... Au campement de l'US Army, on se prépare à de joyeuses fêtes de fin d'année. L'état-major a chargé Mac de convaincre Marilyn Monroe de venir remonter le moral des troupes et la star a accepté l'invitation ! Son arrivée désespère Claire qui cherche toujours vainement un homme susceptible de l'aimer... A Pékin, Poupée de Bronze a entrepris d'entraîner les GI's prisonniers avec pour mission d'assassiner Marilyn. Mais, il finit par leur préférer quelqu'un de plus sûr : Alix qui lui est maintenant totalement assujettie. C'est néanmoins compter sans une possible rencontre avec Mac. Leurs retrouvailles risquent en effet de faire échouer ce projet d'assassinat.

Pas-de-Mâchoire
Mac a retrouvé Alix et il s'efforce avec beaucoup d'amour de la déprogrammer, mais l'intervention d'un exorciste s'avère indispensable. Y a-t-il quelqu'un pour libérer son esprit des "Pensées de Mao" ? Selon une jeune Coréenne, seule une sorcière noire peut sauver Alix. Pas-de-Mâchoire, la seule qui a survécu aux épurations des communistes, se cache dans les montagnes. La joindre nécessite un voyage périlleux. Arrivés au but, Mac et ses amis constatent avec désespoir que la vieille sorcière semble avoir expiré. Par bonheur, ses visiteurs parviennent à la ranimer ! Elle ne libérera toutefois Alix qu'à certaines conditions. Claire accepte d'être la jeune vierge dans le corps de laquelle son âme pourra se réfugier après sa mort. Quant au sacrifice humain qu'elle exige... Mac s'y refuse absolument. Pas-de-Mâchoire finit par opter pour une solution de remplacement : elle agira si on lui procure un hippocampe bleu. Réussiront-ils cependant à dénicher cet animal rare ? Rencontrée en chemin, une entomologiste américaine offre son aide si les "innommables" nourrissent ses insectes de leur sang. Elle ignore que sa solidarité va provoquer le sacrifice humain réclamé. Tandis que, dès lors, l'exorcisme commence, Poupée de Bronze débarque dans la région fermement résolu à récupérer Alix...

Exode
Bonne nouvelle, La Guerre éternelle est terminée. Mauvaise nouvelle, pour en arriver à faire amis-amis avec les Taurans, les Terriens ont dû adopter leur mode de vie. Les milliards d'individus qui composent l'humanité ne sont plus qu'une seule entité. Comme les Taurans. Finis les combats intergalactiques, finis les tripotages de l'ADN pour fabriquer de meilleurs soldats que les meilleurs soldats de l'affrontement précédent. C'est la paix. Vingt ans après, l'humanité est composée de dix milliards d'individus génétiquement identiques se partageant une même conscience. Dix milliards de clones branchés sur la même banque de données. Ils s'appellent l'Humain. Restent, parqués sur une planète lointaine où ils servent de réserve de gènes, quelques centaines d'hommes et de femmes qui continuent à pratiquer l'hétérosexualité et la reproduction in vivo. Dont William et Marygay, " héros " malgré eux de La Guerre éternelle. Tous vivotent en ressassant leurs souvenirs d'avant. Un jour, l'Humain et les Taurans leurs proposent d'accueillir quelques-uns d'entre eux dans leur " grande famille " clonesque grâce à une légère manip génétique. Pour les autres, la stérilisation se profile à l'horizon. Les derniers hommes et les dernières femmes décident, pour échapper au choix proposé, de se servir d'une loi physique qui leur a pourri la vie durant toute la guerre. La vitesse de leurs vaisseaux, approchant celle de la vitesse, les ont fait vieillir infiniment moins vite que les rampants des planètes. Sympa de revenir d'une campagne de quelques mois et de retrouver ses économies ayant prospérées pendant quatre siècles ! Moins sympa de découvrir les petits-fils des petits-fils du bébé que vous avez tendrement embrassé avant d'embarquer. Il suffit donc que la communauté embarque sur un bon vieux vaisseau qui rouille en orbite, se paie une petite balade de quinze ans dans l'espace et revienne. 400 siècles se seront écoulés. Humain et Taurans ne seront sans doute plus qu'un mauvais souvenir... Auteur de la célébrissime Guerre éternelle, Joe Haldeman, un des princes de la SF américaine, continue de jongler allègrement aussi bien avec les sentiments les plus profonds de l'homme et de la femme qu'avec les aberrations ultimes de la physique. Avec élégance, Marvano, qui a déjà illustré La Guerre éternelle (trois tomes chez Dupuis) met en images L'exode, deuxième épisode du triptyque tiré de La Liberté éternelle, roman paru en septembre 2001 dans la collection Millénaires (J'ai Lu).

La Croix de Pierre
Depuis trois jours et trois nuits, Rome pleure son pape. Un prêtre défroqué a poignardé cet homme bon lors d'une des sorties qu'il effectuait incognito pour se mêler au petit peuple qu'il aimait tant. L'homme a été réglé d'avance. Son prix : le corps de quelques catins.
Trois jours, trois nuits pendant lesquelles le Cardinal Trebaldi tisse la toile qui doit lui permettre de s'asseoir sur le trône de Pierre. Deux de ses pairs qui le contestent sont assassinés. Dont un par le cardinal lui-même. Les Neuf Familles qui, dans l'ombre, dirigent le monde depuis des siècles, se rallient à lui. Car, Trebaldi au Vatican, c'est l'assurance que les idées folles de liberté et d'égalité qui commencent timidement à gangrener les sociétés du XVIIe siècle, seront impitoyablement extirpées de l'esprit et du coeur des hommes. Trebaldi agenouillé devant un crucifix, s'en amuse : " N'est-il pas ironique, Ô Dieu, qu'un homme qui ne croit pas en toi soit appelé pour remettre de l'ordre parmi tes fidèles ? "
Quant aux terribles moines soldats, ils traquent dans la ville le seul homme qui puisse encore empêcher le règne de leur maître. Un homme qui porte un scorpion tatoué sur l'épaule droite. Le Scorpion est le fils d'une femme dont le crime fut d'aimer un homme de Dieu. Trebaldi la fit brûler vive comme sorcière. Le Scorpion vient tout juste de découvrir qui était son père : le pape assassiné.
Aussi, lorsque, à l'issu du deuil, la foule se masse place Saint-Pierre pour écouter pérorer Trebaldi, un homme se dresse sur les toits. A sa main une arbalète, une poche de sang accrochée au carreau. De sa bouche, le peuple entend la vérité sur la mort de son souverain pontife bien-aimé. Les moines soldats s'élancent. Mais on n'arrête pas le Scorpion si facilement...
Formidable roman de cape et d'épée mâtiné de fantastique, Le Scorpion allie une élégance du dessin fabuleuse à un sens du mouvement rare. Marini, également coloriste de la série, transforme certaines cases en véritables tableaux d'époque.

Joyeux Noël
Retrouvez dans cet album événement, une sélection des meilleurs gags de Snoopy ayant pour cadre les fêtes de fin d'année. Une bonne raison de continuer à croire au Père Noël

La croix de Pierre
Depuis trois jours et trois nuits, Rome pleure son pape. Un prêtre défroqué a poignardé cet homme bon lors d'une des sorties qu'il effectuait incognito pour se mêler au petit peuple qu'il aimait tant. L'homme a été réglé d'avance. Son prix : le corps de quelques catins.
Trois jours, trois nuits pendant lesquelles le Cardinal Trebaldi tisse la toile qui doit lui permettre de s'asseoir sur le trône de Pierre. Deux de ses pairs qui le contestent sont assassinés. Dont un par le cardinal lui-même. Les Neuf Familles qui, dans l'ombre, dirigent le monde depuis des siècles, se rallient à lui. Car, Trebaldi au Vatican, c'est l'assurance que les idées folles de liberté et d'égalité qui commencent timidement à gangrener les sociétés du XVIIe siècle, seront impitoyablement extirpées de l'esprit et du coeur des hommes. Trebaldi agenouillé devant un crucifix, s'en amuse : " N'est-il pas ironique, Ô Dieu, qu'un homme qui ne croit pas en toi soit appelé pour remettre de l'ordre parmi tes fidèles ? "
Quant aux terribles moines soldats, ils traquent dans la ville le seul homme qui puisse encore empêcher le règne de leur maître. Un homme qui porte un scorpion tatoué sur l'épaule droite. Le Scorpion est le fils d'une femme dont le crime fut d'aimer un homme de Dieu. Trebaldi la fit brûler vive comme sorcière. Le Scorpion vient tout juste de découvrir qui était son père : le pape assassiné.
Aussi, lorsque, à l'issu du deuil, la foule se masse place Saint-Pierre pour écouter pérorer Trebaldi, un homme se dresse sur les toits. A sa main une arbalète, une poche de sang accrochée au carreau. De sa bouche, le peuple entend la vérité sur la mort de son souverain pontife bien-aimé. Les moines soldats s'élancent. Mais on n'arrête pas le Scorpion si facilement...
Formidable roman de cape et d'épée mâtiné de fantastique, Le Scorpion allie une élégance du dessin fabuleuse à un sens du mouvement rare. Marini, également coloriste de la série, transforme certaines cases en véritables tableaux d'époque.

Ni Dieu ni Diable
Ariane de Troïl, partie sur le continent nord-américain à la recherche de son père, arrive au bout de sa quête. L'évocation du nouveau monde par Cothias et Juillard prend à la fois une tournure pleine de sentiments humains et une certaine gravité que la baronne Ariane de Troïl incarne magnifiquement. Celle-ci reviendra, à la fin de l'album, en Europe sur ses propres terres.

Mon Oeuvre à moi - tome 12
Juillet est un mois auguste puisqu'il doit son nom à Marc-Antoine qui l'avait baptisé ainsi en hommage à Jules César. Et n'oublions pas que les Grecs anciens fêtaient ce mois-là Athénée, déesse des arts, des sciences et de la mémoire. En fait, difficile de trouver meilleur mois pour continuer la réédition d'une oeuvre qu'Homère aurait pu dessiner s'il n'avait pas été aveugle. Nous parlons bien sûr de l'intégrale Achille Talon Tome 10 - qui permettra de découvrir L'insubmersible Achille Talon, La Loi du bidouble et Achille Talon a un gros nez !-, ainsi que l'intégrale Tome 12 - qui rassemble les Incorrigible Achille Talon, Achille Talon à bout portant et Achille Talon n'a pas tout dit. Le tout avec une nouvelle maquette de couverture pour que le contenant soit à la hauteur du contenu. Hop !

Matera prima
DECOR. Les hommes ont abandonné la surface de la Terre. Face aux 50 à 60 degrés qui règnent – les bons jours – sur la planète, ils s'enterrent dans des tours qui ne grattent plus le ciel mais creusent la roche de plus en plus profond, de plus en plus loin de ce soleil qui brûle tout. Seuls les privilégiés vivant aux étages supérieurs peuvent encore contempler ce désert qui fut un Eden. L'homme, s'il joue aux taupes sur son monde natal, se vante d'exploiter la galaxie. Une vie de rêve est promise à tous ceux qui acceptent de s'envoler vers les colonies du ciel. LUI. Son nom est Caine. Ancien flic, il a compris que son action ne visait pas à faire régner la loi mais à défendre les intérêts des corporations privées face aux derniers contestataires. Caine a rejoint ces derniers, les X. Du nom des étages les plus bas, où croupissent les plus pauvres, les plus faibles. ELLE. N'a pas de nom. C'est une iris, produit génétique qui ressemble à une humaine sans en être une. On conserve les iris dans des coffres d'où on les tire lorsqu'on a besoin de leur force surhumaine. Certains employés des corpos – et même des cadres, parait-il ! –l ouvrent les coffres pour utiliser l'iris " d'une façon non conforme à la décence ". Les compagnies sont sans pitié pour les fautifs. S'ils sont pris, ils risquent une retenue sur salaire. ACTION un virus se répand dans les tours. Les morts se relèvent et attaquent les vivants. Caine, fait prisonnier, est convoyé par une équipe de flics et une iris. Pour sauver leur peau, le rebelle et la non-femme feront alliance. Ce sera d'autant plus traumatisant pour Caine que l'iris a le visage d'Esther, son amour disparu... Chrome est un coup de poing à l'estomac. Un condensé de ce que la science-fiction, de Blade Runner à Ghost in the Shell, puise dans nos songes les plus noirs pour nous faire cauchemarder éveillés. Patrick Pion a déjà signé l'adaptation de Tomb Raider en bande dessinée en compagnie d'Alice, dessinateur du Troisième Testament (Glénat).

La menace Frankenstein
Suite à quelques menus problèmes, le célèbre Docteur Frankenstein est devenu ambassadeur dans une petite république perdue d'Europe de l'Est. Dans cette riante cité, il peut se consacrer à sa passion: la création de Monstres, tous plus idiots, bêtes et ratés que réellement méchants. Igor, son fidèle assistant le fournit en cadavres fraîchement enterrés (ah les joyeuses expéditions nocturnes au cimetière), et en cerveaux généralement sérieusement abîmés, celui d'un inspecteur du fisc, quelques musiciens alcooliques, une femme fatale, un psychanaliste, etc. Et bien sûr, dès la nouvelle créature terminée, celle-ci est relâchée dans le village, histoire de semer une panique monstre. On pense bien sûr à Frankenstein junior, le chef d'oeuvre de Mel Brooks, on pense aussi à Gaston pour cette passion des expériences lamentablement ratées. On rit énormément, le talent de Veys surprend à chaque gag, et l'on découvre un jeune dessinateur humoristique incroyablement expressif. Une vraie bonne surprise d'Halloween.

Ni Dieu ni diable
Ariane de Troïl, partie sur le continent nord-américain à la recherche de son père, arrive au bout de sa quête. L'évocation du nouveau monde par Cothias et Juillard prend à la fois une tournure pleine de sentiments humains et une certaine gravité que la baronne Ariane de Troïl incarne magnifiquement. Celle-ci reviendra, à la fin de l'album, en Europe sur ses propres terres.

La vraie vie
Ah, la campagne, les petites fleurs, les bébêtes qui montent qui montent, et tout et tout... Quel citadin n'a rêvé d'aller s'y ressourcer ? Manu Larcenet a chopé le virus l'an dernier. A lui et à Mariette, sa compagne, le gazouillis des oiseaux, le doux bruit des ruisseaux et tout et tout ! Quand, comme Manu, on a passé sa vie en banlieue parisienne, ça change. Toujours timide, Manu était à cent années-lumière d'imaginer que le récit de sa nouvelle vie pouvait intéresser le moindre lecteur. Et puis, il est difficile de s'occuper d'un châtaignier de 45 mètres déposé dans son jardin par des voisins sympas tout en s'observant par la fenêtre ! Heureusement, parmi les amis venus découvrir le nouveau monde de l'auteur des Cosmonautes du Futur, se trouvait Ferri, l'homme qui raconte les folles aventures d'Aimé Lacapelle, le détective paysan qui trace son sillon dans Fluide Glacial. C'est Ferri qui s'est collé au récit des avatars de nos deux citadins depuis leur arrivée aux Ravenelles, 89 habitants (dont une jolie boulangère). Mais tout n'est pas rose quand on se met au vert ! Quel citadin exilé, n'a pas ressenti sur le coup de 18h le manque lancinant du bruit du Périf ? L'eau-de-vie de M. Henri le proprio peut consoler, mais on sent parfois le besoin d'un réconfort moral. Problème, allez dénicher un psy aux Ravenelles (89 hab.) ! Il serait plus facile d'y trouver un ancien maire ruiné par le fisc et installé, à poil et barbu, dans un arbre centenaire. C'est dire ! D'autant que certains effets secondaires sont redoutables. Manu, guitariste et chanteur punk plutôt urbain (avec des accents hardcore assez prononcés), concocte désormais des ritournelles que ne renieraient pas Francis Cabrel. C'est ça aussi, vivre aux Ravenelles (89 h.) ! Tête des Groggies, l'ancien groupe rock du Manu de Juvisy, lorsqu'ils déboulent en visite ! Ça sera l'occasion de découvrir que M. Henri se débrouille comme un chef à l'accordéon. Dès qu'il comprendra qu'il doit jouer en mi majeur et non en sol, ça promet des boeufs campagnards du feu de Dieu ! Pas chiens, Larcenet et Ferri traitent ce retour à la terre par histoires courtes d'une demi-page. 90 (bonnes) idées en 45 planches ! Ça rend généreux la vie au grand air ! Sitôt l'album refermé, on rêve d'une suite. Peut-être Manu nous présentera-t-il alors la boulangère des Ravenelles (89 h.) !

Rubrique-à-brac
Attention événement. Enfin réuni en un seul (magnifique) volume, l'intégralité des Trucs en Vrac, soit plus de 200 pages du meilleur de l'immense Marcel Gotlib. Des pages de Pilote à celles de Fluide Glacial. De l'humour le plus fin et sophistiqué aux invraisemblables délires visuels, l'ouvrage indispensable des Pères Noël de qualité.

Prisonniers des serbes

Tartine et Iseult
Après les nombreuses versions tragiques de Tristan et Iseult qui nous sont parvenues des XIIe et XIIIe siècles, voici la version 2002, où l'on voit le petit Merlin, le cochon Jambon et l'ogre Tartine prendre quelques libertés avec la légende (et la tragédie). La douce Iseult broie du noir car sa vie amoureuse se présente mal. D'un côté, son papa, le roi veut qu'elle épouse Morholt – une brute doublée d'un crétin autosatisfait. De l'autre côté, le chevalier Tristan lui fait une cour assidue, mais elle le trouve un peu froussard, pour un valeureux chevalier. Mais voilà qu'une nuit, occupée à ruminer de sombres pensées dans une forêt tout aussi sombre, elle s'assied sur Tartine sans le faire exprès. Et malgré le physique ingrat dudit Tartine, elle craque. Elle le trouve gentil. Quant à lui, il se met à fleurir – il lui pousse un bouquet sur la tête, et c'est justement ce qui se passe quand un ogre tombe amoureux. Donc, Iseult intègre la chaumière des trois copains, Tartine devient gâteux avec la Zeuzeult à son Tartinous, et tout va bien, à deux détails près. D'abord, habituée au luxe, Iseult regrette le château paternel – la chaumière ne comporte aucune salle de bains et on y bouffe des conserves. Ensuite, la situation contrarie Morholt, qui débarque dans le but de découper Tartine en rondelles – ce que lui déconseille le rusé Renart, à cause de ces histoires de sensibilité féminine. Pourtant, à la suite d'un tournoi très désordonné où s'affronteront les deux prétendants, les choses rentreront dans l'ordre et Tristan épousera Iseult. Comment ? C'est de la pure magie, bien que Merlin se montre complètement inefficace – il n'a pas révisé le chapitre des philtres. Le titre sonne bien et le reste est à l'avenant. Après avoir " arrangé " le mythe du Père Noël et le Roman de Renart, les trois copains nous sabotent Tristan et Iseult. Le résultat est une suite de gags irrésistibles, brillamment dialogués et dessinés. Notons au passage que le scénario, signé Sfar pour les précédents albums, est repris par Morvan, complice de Sfar sur la série Troll chez Delcourt. Morvan ne faiblit pas, tout en introduisant une nuance : les quatre premiers albums s'adressaient aux adultes et aux enfants. Celui-ci s'adresse plutôt aux enfants, qui sont priés de bien vouloir le prêter à quelques adultes triés sur le volet.
