ZOO

Belle (Décembre 2021)

couverture de l'album Belle

Scénario : Mamoru Hosoda

Genres : Science-Fiction

Public : Tout public

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La critique ZOO

Note ZOO 3.0

Scénario

3.0

Dessin

4.0

Le dernier long-métrage de Mamoru Hosoda est un festin visuel d’une richesse ahurissante. Qu’il soit au service d’une relecture plutôt maladroite de la Belle et la bête est d’autant plus regrettable.

Dans notre monde réel, Suzu est une adolescente complexée et renfermée sur elle-même depuis la noyade tragique de sa mère qui l’a laissée orpheline il y a des années. En revanche, dans U, un réseau social ultra immersif plongeant ses utilisateurs dans un grand bain de réalité virtualité, Suzu devient Belle, une chanteuse à la voix d’or de renommée mondiale. Un jour, un usager vient perturber le concert qu’elle donne dans une arène aux dimensions dépassant l’entendement. Son apparence monstrueuse n’a d’égale que sa combativité face à des milices sécuritaires lui donnant la chasse. On l’appelle la Bête et Suzu / Belle semble attirée comme un aimant par cet être sans nul doute écorché vif.


Belle

Belle
© Wild Bunch 2022


Splendeur de l’immatériel


Lors de sa présentation cannoise, Mamoru Hosoda a présenté Belle comme le long-métrage qu’il a toujours rêvé de faire. Et force est d’admettre que son studio Chizu jongle parfaitement entre l’animation traditionnelle du monde réel avec sa patte parfaitement identifiable et le recours à l’infographie dans U, quand il ne les mélange pas avec goût. L’exubérance des séquences à l’intérieur de U est totale avec ses passages chantés à dos de baleine géante ou ses explosions florales aux intonations très psychédéliques. Un cap a été franchi et cette folie visuelle n’est pas sans rappeler le meilleur de Paprika du regretté Satoshi Kon.


Belle

Belle
© Wild Bunch 2022


Fouillis et maladresses


Depuis qu’il est devenu une star de l’animation japonaise avec Ame & Yuki, les enfants loups, Mamoru Hosoda met en scène ses propres histoires. Et sa difficulté à insuffler un juste rythme à ses dernières est notoire. Non seulement Belle n’échappe pas à la règle, mais il est également plombé par des personnages secondaires plus que dispensables alors que son univers délirant appelle à être plus franchement explicité par des règles. Il manque le minimum syndical de plausibilité technologique pour nous intéresser sur la durée à son mariage entre le conte de fées et Ready Player One. Le moins est parfois l’équivalent du mieux. Pourvu qu’Hosoda le comprenne enfin.


Pour aller plus loin

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