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Les amants sacrifiés T.1 (Octobre 2022)

couverture de l'album Les amants sacrifiés T.1

Éditeur : Ki-oon

Scénario : Masasumi KakizakiDessin : Masasumi Kakizaki

Genres : Manga, Seinen

Prix : 9.95€

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Quand le Japon regarde son passé noir

Note ZOO 4.0

Scénario

5.0

Dessin

4.0

La Seconde Guerre mondiale a vu l’armée japonaise mener des crimes de guerre atroces sur le territoire de la Mandchourie chinoise. Des crimes passés sous silence au fil des années, mais remis en avant dans cette adaptation du film Les Amants sacrifiés.

Été 1940. Yusaku Fukuhara, directeur d’une société d’importation, prépare un voyage commercial en Mandchourie accompagné de son neveu. Les tensions sont fortes dans le monde, mais ce voyage leur semble essentiel pour acquérir de nouveaux produits à commercer. À leur retour, Satoko, l’épouse de Yusaku, les trouve changés. Son mari l’aurait-il trompée ?

Amour patriote et amour familial

C’est après la défaite que les exactions commises en Mandchourie ont été révélées au grand jour. Masasumi Kakizaki envisage une situation qui a dû arriver : la découverte des tortures en cours en Chine. Ce faisant, l’auteur tente d’offrir un peu de rédemption à l’âme japonaise. À la manière des Justes qui sauvèrent les Juifs en Europe, il offre un visage à ceux dont on espère qu’ils se sont levés contre la dictature militaire. Par humanisme, un concept qui n’est pas réservé aux Occidentaux. Mais le patriotisme élevé au rang de valeur cardinale, rendait alors de telles postures extrêmement coûteuses. Ce coût personnel, c’est aussi le sujet d’étude de Kakizaki dans ce manga.

Les amants sacrifiés T.1

Les amants sacrifiés T.1
© Ki-oon, 2022

Le style graphique de l’auteur est accompli. Il a fait ses preuves lors de ses précédentes séries, Green Blood ou Bestiarus. On retrouve ici son plaisir à mettre en scène les décors de la première moitié du xxe siècle. Les Amants sacrifiés n’est pas son œuvre la plus démonstrative, assurément. Le scénario ne le permet pas. Il met volontairement l’accent sur les personnages et leurs expressions par des gros plans qui mettent en exergue leurs évolutions personnelles.

Ce premier volet promet un récit tragique, sombre, qui ne manquera pas de pointer les failles de la population japonaise pendant la guerre. Une posture salutaire pour la mémoire de l’ensemble du peuple nippon sacrifiant un peu trop aujourd’hui encore, la vérité sale au profit d’un patriotisme de façade.

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