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couverture de l'album Jun

Série : Le Monde Fantastique de ShôtarôTome : 1/1Éditeur : IMHO

Dessin : Shotaro IshinomoriAuteur :

Genres : Fantastique, Manga, Shonen

Public : À partir de 12 ans

Prix : 14.00€

  • ZOO
    note Zoo5.0

    Scénario

    5.0

    Dessin

    5.0
  • Lecteurs
    note lecteurs
    0 critique

Épopée dans un monde de papier

Quand Jun rencontre une petite fille, sa vie bascule : les pages de son manga s’animent, vivent et l’entraînent dans une épopée entre rêve et réalité.

Jun T.1 : le monde fantastique de shotaro

© Shotaro ISHInoMORI / ISHIMORI PRODUCTION

Jun, c’est une épopée fantastique aux confins entre la réalité et la fiction. Jun se présente comme un récit à la limite entre les genres et à la frontière entre les mondes. Le jeune Jun rêve d’être mangaka comme son père, mais ce dernier refuse que son fils suive sa voie. De déception en exploration de ses mondes et de ses dessins, commence alors un grand voyage.

Les pages presque intégralement muettes nous plongent dans ce voyage onirique de tous les instants. La petite fille croisée dès les premières planches devient le guide autant que la muse, l’étoile Polaire permettant de trouver son chemin. Shôtarô Ishinomori nous entraîne dans un questionnement muet sur la création, le rapport à l’imagination et à ses aspirations. Il faut dire que Shôtarô Ishinomori n’est pas n’importe qui : formé par Osamu Tezuka lui-même, il l’assiste sur la série Astro-Boy avant de créer ses propres histoires. Derrière Jun, on retrouve ces questions liées au travail de mangaka, à la paternité d’une œuvre, à l’héritage d’une famille, qu’elle soit de cœur ou de plume.

Le rêve de Jun, c’est un peu le nôtre aussi

À l’origine, Jun a été publié dans la revue COM de janvier 1967 à septembre 1968. Les chapitres, comme autant d’étapes de cette grande épopée, nous entraînent dans différents univers, tantôt sur le dos d’un énorme cheval doré, tantôt dans le reflet d’un lac. On retrouve à la fois les symboles liés à la création et ceux au rapport à l’autre et à soi. Le miroir, l’encre des pages dans laquelle Jun se dilue avant d’émerger dans un autre monde, les bulles d’encre, de savon, de rêves explosent au fur et à mesure des pages.

Jun T.1 : le monde fantastique de shotaro

© Shotaro ISHInoMORI / ISHIMORI PRODUCTION

Il y a une certaine proximité avec le lecteur dans ces pages : que ce soit à travers le lien familial ou le rapport à son propre travail, on s’identifie facilement à la manière dont Jun s’insère dans ce monde onirique qui l’accueille quand il est triste. Cette fuite en avant, cette respiration dans un quotidien étouffant, devient alors le voyage d’une vie, celui d’une création différente, plus personnelle. Touchante, l’aventure de Jun déconstruit les codes avec ses textes sans bulles, ces planches sans texte, ces aventures entre rêve et réalité.

Mais ce n’est pas tout : les planches se font écho, soulèvent la tristesse de Jun face à ses déboires éditoriaux, face à la colère de son père. Le trait fluide souligne l’aspect animé de la mise en scène. Celle-ci se fait d’ailleurs par des enchaînements de grandes cases verticales, puis horizontales, parfois de toutes petites cases étroites, montrant dans chaque planche une variation sur un thème, une esthétique, un propos.

Article publié dans ZOO Manga N°12 Janvier-Février 2024

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