ZOO

Poison City - T1 (Mars 2015)

couverture de l'album

Série : Poison CityTome : 1/2Éditeur : Ki-oon

Scénario : Tetsuya TsutsuiDessin : Tetsuya Tsutsui

Genres : Manga, Seinen

Public : À partir de 12 ans

Prix : 7.90€

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La critique ZOO

Note ZOO 4.5

Scénario

5.0

Dessin

4.0

Dans un futur proche, le gouvernement japonais s’empare de la question des mangas et de leur influence sur la jeunesse. Après un fait divers sordide inspiré d’un manga, le pouvoir légifère et créé une commission de contrôle des publications... Tetsuya Tsutsui nous livre un point de vue sobre, documenté et réfléchi sur la censure, la liberté d’expression et le manga.

En 2013, Tetsuya Tsutsui apprend brutalement que « l’agence pour l’enfance et l’avenir » de Nagasaki a classé Manhole comme « oeuvre nocive pour les mineurs ». Il s’intéresse alors au fonctionnement de l’institution : les « juges » y décident du sort de dizaines d’œuvres par demi-heure, souvent sans les avoir lues. C’est donc surtout le dessin qui est jugé, sans être contextualisé. La stupeur passée, l’auteur a trouvé matière à réflexion dans cette affaire...

Dans un Tokyo en pleine « révolution culturelle », un jeune mangaka rédige une histoire de survivants d’une apocalypse zombie qui seraient en possession d’un antidote… Après des débuts euphoriques, un ministre tombe sur le manga, le juge violent et le signale comme nocif en envoyant un courrier à l’éditeur. C’est le rétropédalage immédiat : arrêt de la publication, retour à la case départ…

Poison City ne tombe pas dans l’écueil de la critique facile et manichéenne. Au contraire, il laisse à la censure les moyens de développer son argumentation. Il présente ainsi le cas d’un auteur subversif rentré largement dans le rang. En s’intéressant à ce personnage, on découvre les raisons qui peuvent pousser un esprit libre à se dissimuler jusqu’à disparaître. On constate alors l’appauvrissement de l’imagination lorsque celle-ci se contraint finalement à se censurer elle-même.

Poison City est une critique érudite du problème de la censure, parce qu’elle met en exergue la tension perpétuelle entre le désir (illusoire) que rien ne choque et la nécessité de choquer pour que l’art ait un sens.

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