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Sunny - T1

couverture de l'album

Série : SunnyTome : 1/6Éditeur : Kana

Scénario : Taiyo MatsumotoDessin : Taiyo Matsumoto

Collection : Big Kana

Genres : Manga

Public : À partir de 12 ans

Prix : 12.50€

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La critique Zoo

Note Zoo 4.5

Scénario

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Dessin

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Le Festival d’Angoulême accueille une exposition consacrée au mangaka Taiyou Matsumoto. Un artiste atypique dans la bande dessinée japonaise et dont le manga Sunny s’avère être la clé de voûte de toute son œuvre. Un manga qui donne à voir avec une vérité et une universalité troublante, celle du quotidien des enfants placés en foyer.

Un enfant aux cheveux blancs, un regard dur, voici la couverture du premier tome de Sunny paru chez Kana en 2014. Le ton est immédiatement donné.

Les foyers d'enfance vus de l'intérieur

Extrait de Sunny

Extrait de Sunny
© 2011 - Taiyou MATSUMOTO
SHOGAKUKAN

On parlera de gamins abîmés. Haruo, Sei, Kiiko, Taro, Junsuke et Megumu, entre autres, seront les témoins de vies qui se caractérisent par une absence, celle des parents. Une vie vécue par l’auteur lui-même, dont on peut reconnaître certains traits dans le personnage de Sei. Vivant seul avec sa mère à Tokyo, il a été placé par elle de 7 à 14 ans dans un orphelinat à Yokohama.

Sunny présente la vie d’un foyer japonais, accueillant des mineurs de tous âges. Deux professionnels s’occupent d’un petit groupe d’enfants au sein d’une grande maison, dans un fonctionnement très inspiré du modèle familial. Les aînés aident à s’occuper des plus jeunes.

Des pratiques des années 70 qui ne correspondent plus vraiment aux orphelinats actuels, devenus des lieux d’accueil de masse, hébergeant parfois, selon Human Right Watch, jusqu’à une centaine d’enfants. L’accompagnement tout en proximité décrit au fil des six tomes par l’auteur, est de moins en moins une réalité au Japon, contrairement à la France qui privilégie de plus en plus placements en familles d’accueil et « foyers » de petite capacité d’accueil.

Extrait de Sunny

Extrait de Sunny
© 2011 - Taiyou MATSUMOTO
SHOGAKUKAN

Des enfants qui touchent au cœur

Très différentes, les cultures française et japonaise n’ont que peu à voir au niveau des règles éducatives et des attentes de la société sur la parentalité. Pourtant, Sunny recèle une vraie part d’universalité.

En tant que travailleur social français, on devine systématiquement comment chaque arc narratif individuel va se terminer. Ces histoires sont vraies et les relations parents-enfants sont les mêmes dans nos sociétés industrielles modernes. Les parents défaillants, voir toxiques dans leur relation à leur progéniture, répondent aux mêmes manques de chaque côté de la planète.

La mère d’Haruo, qui lui demande de ne plus l’appeler maman mais par son prénom, tout en lui offrant un lien symbolique par l’entremise de pots de crème Nivea, correspond parfaitement à ses mères incapables de s’attacher pleinement à leur enfant mais empêchées aussi de l’abandonner. La mère d’Haruo, tous les éducateurs en ont rencontrés une. Et chaque histoire que donne à lire Taiyou Matsumoto va venir toucher le lecteur avec la même force. Jusque dans les réactions des autres enfants face aux gosses de foyer. Les peurs des enfants, les manquements des parents, se font écho d’un bout à l’autre du globe.

Une œuvre clé

Sunny est donc une œuvre majeure du manga. « C’est aussi une œuvre clé de Matsumoto », selon Xavier Guilbert, commissaire de l’exposition avec Xavier Beaujean. Elle aura donc une grande place parmi les 200 œuvres originales du mangaka, exposées selon une approche thématique : « Une partie porte sur les enfants et leur regard, une autre de la comparaison entre mondes réels et imaginaires chez Matsumoto. On y traite aussi des effets de narration et de style dans son œuvre, ainsi que des motifs spécifiques qui s’y cachent. » Mais pour Guilbert, Sunny est clairement un achèvement. « C’est un manga qui éclaire de manière évidente son œuvre, de Straight jusqu’aux Chats du Louvre et en dégage tous les fils d’interprétation. Elle sera centrale.»

Extrait de Chats du Louvre

Extrait des Chats du Louvre

À retrouver donc, au musée de la BD d’Angoulême, du 24 janvier au 27 mars 2019 et à relire sans modération.

Article publié dans le magazine Zoo n°69 Janvier - Février 2019

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