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Webcomics et Turbomédia : la révolution en marche ?

Qu’il s’agisse de films, de séries, de jeux vidéo ou de comics, les œuvres dématérialisées sont omniprésentes. Mais au-delà de nouvelles opportunités de distribution, Internet offre à la BD de nouvelles possibilités visuelles et narratives. Petit tour des évolutions techniques à l’heure d’Internet d’un art plus que centenaire !

Une Brève Histoire des webcomics

Les premières tentatives de bande dessinée numérique datent de la première démocratisation d’Internet, dans les années 80. En 1985, un jeune lycéen américain, Eric Millikin, poste sur CompuServe (le premier fournisseur d’accès à internet) les premiers épisodes de Witches and Stitches, une parodie non-autorisée du Magicien d’Oz, relativement difficile à trouver de nos jours. Les webcomics sont nés.

Au cours des années 90, quelques auteurs émergent et acquièrent une certaine popularité aux États-Unis. La plupart créent à l’époque des webcomics, à cause des possibilités offertes par un format court dans l’humour absurde. On retrouve à l’époque des titres tels qu’Argon Zark!, l’un des premiers à user d’animations et d’un format adapté à un écran, ou le célèbre Penny Arcade.

Le canevas infini

Mais c’est à l’orée du nouveau millénaire, en l’an 2000, que la révolution théorique a lieu. À cette époque, Scott McCloud, qui a écrit 7 ans plus tôt L’Art Invisible, planche sur Réinventer la BD. C’est dans cet ouvrage qu’il théorise pour la première fois ce qu’il appelle le « canevas infini » : la BD numérique ne doit pas s’imposer de contraintes liées au format d’une page de papier !

S’il est l’inventeur du nom, le concept en lui-même était déjà utilisé, notamment par Argon Zark! ou When I Am King. Cependant, la théorisation de ce principe marque le passage à l’adolescence du webcomics qui n’a plus vocation à être un jour imprimé. Mais la professionnalisation est difficile : les revenus sont faibles voire inexistants pour les auteurs, le public augmente mais reste peu nombreux.

Tout s’accélère

C’est au cours des années 2000 que le webcomic va exploser. Le public toujours plus conséquent créé de nouvelles vocations, et de nombreux auteurs ne font plus que débuter en ligne, mais y restent ! Ils y trouvent en effet une alternative à un marché parfois formaté, qui ne leur laisse pas une aussi grande liberté que celle dont ils jouissent en ligne. Si les plus connus arrivent à en vivre, ils restent toutefois minoritaires.

En France, la BD numérique prend du retard. Mais les années 2000 voient l’explosion des blogs BD, qui propulsent une nouvelle génération d’auteurs sur le devant de la scène. En 2009 arrivent les Turbomédias. Porté par des auteurs tels que Balak ou Malec, le format se propose de réinventer une fois de plus le format de lecture d’une BD. Les cases s’enchaînent alors une par une, ce qui permet de créer une narration nouvelle, plus dynamique, comme le montre Balak dans À propos de la BD numérique.

Les impasses de l’animation

Si jusqu’ici les éditeurs traditionnels français avaient largement délaissé le champ de la BD numérique, on trouve dès le milieu des années 90 des expérimentations en ce sens de la part de Marvel, qui lance une éphémère collection avec certains de ses héros les plus connus. Depuis quelques années, cet éditeur a lancé une nouvelle ligne, les Infinite Comics, qui fonctionnent aussi grâce à une succession rapide de cases déclenchées par un clic.

© 2015 Marvel Comics. Tous droits réservés

Puis d’autres plated-formes sont apparues, telles que Madefire. On y retrouve les transitions cases par cases, auxquelles s’ajoutent des effets d’animation. Si cela peut parfois renforcer l’immersion dans la lecture, le décalage entre des éléments de décors animés et des personnages immobiles peut aussi gêner, et souffre encore de la comparaison avec l’animation pure. La révolution est donc en marche mais elle est loin d’être terminée !

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