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Dossier héros d'isekai : Lazysekai

Héros et héroïnes de récits d’aventures sont connus pour se dépasser, tout donner en se transcendant par pur effort, dans des buts parfois atypiques.

Comme tout genre en plein pic de popularité, l’isekai se voit décliné en différentes catégories qui amènent elles-mêmes à un amoncellement de péripéties typiques. On peut citer parmi les stéréotypes cumulables l’accession plus ou moins volontaire au rang de chef de village (Re : monster, Tensura, Ride-on king…) ou l’éviction immédiate du poste de héros pour cause de niveau pitoyable (failure frame, chillin' life, dungeon reset). Si on omet le sous-genre aussi fascinant que très particulier de la réincarnation en fermier magique qui n’est pas encore bien arrivé en France, la tendance la plus étonnante du moment n’est pas spécifiquement la plus facile à percevoir.

A fantasy lazy life, Tome 10

A fantasy lazy life, Tome 10 © Riso no himo seikatsu 2017 Tsunehiko WATANABE/Neko NINOTSUKI/Jyuu AYAKURA/ KADOKAWA CORPORATION

Ducroc au Japon

Il existe en effet une catégorie de héros qui dépensent une énergie démesurée pour s’assurer, de la manière la plus antinomique qui soit… une vie pénarde (qui n’arrivera jamais).
Le titre de ces séries donne le ton : A fantasy lazy life ou Chillin’ Life in a différent world portent leur proposition en étendard bien que rien ne soit ni paresseux ni tranquille dans la vie des protagonistes qui vont au contraire se décarcasser sans répit.

A fantasy lazy life narre l’évolution politique d’un japonais devenu conjoint d’une reine.Si la promesse d’une vie oisive est immédiatement abordée pour le convaincre, sa bonne volonté et la mythique ardeur japonaise à la tâche l’amèneront à se démener sans compter pour le bien de sa souveraine de femme.

Surbooké par la tranquilité

Chillin’ life in a different world n’aura, de même, de relaxant que le titre puisque le héros pourtant omnipotent devra affronter jusqu’aux dirigeants des deux camps en conflit pour préserver la paix de sa petite communauté dont la neutralité dérange.
Dernier exemple marquant, The Dungeon of Black company, un isekai prolétarien partant d’une réelle pratique moderne qui consiste à trimer comme un damné pour mener le plus tôt possible une vie oisive et rentière, prend un malin plaisir à renvoyer tout au bas de l’échelon un héros qui devra se débattre violemment dans un système minier minable quitte à renverser le mastodonte productif à son avantage. Son but ? Retrouver une vie fainéante. Son moyen ? Mettre les bouchées doubles…

La sorcière invincible, Tome 6

La sorcière invincible, Tome 6 © 2021 Yusuke Shiba/SQUARE ENIX

Accalmie de façade

Sans La sorcière invincible, finalement le véritable chantre de la vie calme en isekai, on pourrait croire que le destin de tout protagoniste est de besogner sans cesse. Au moins le prennent-ils avec le sourire et une philosophie positiviste de l’effort physique proactif qui n’est pas sans rappeler la doctrine du pays tout entier.

Pour aller plus loin

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