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Olivia : de film et de misère

Réparer l’injustice par la fiction est au cœur d’Olivia. Dommage que ce film d’animation espagnol pêche justement par un manque d’inventivité dans sa mise en scène.

Du haut de ses 12 ans, Olivia semble mener l’existence normale de toutes les préadolescentes d’Espagne, jusqu’au jour où Ingrid, sa mère célibataire et éternelle actrice ratée, se voit notifier l’expulsion prochaine de leur logement. Pour protéger Tim, son petit frère, Olivia lui raconte qu’ils sont tous au cœur d’un film, résultat du dernier casting remporté par leur mère. Jetée à la rue, la petite famille débarque dans un squat. Ingrid sombre alors dans une sévère dépression tandis qu’Olivia fait connaissance avec les habitants de ce quartier défavorisé. Mais Olivia aura-t-elle les épaules suffisamment solides pour faire face à une telle adversité ?

Extrait de Olivia, en salles le 21 janvier 2026.

Extrait de Olivia, en salles le 21 janvier 2026.
© CITOPLASMAS / KINETIC ARMATURES / CORNELIUS FILMS / BÍGARO FILMS / VIVEMENT LUNDI !

Récurrence et tremblements

Fabuler pour préserver les plus fragiles de la descente aux enfers est un ressort narratif ayant fait ses preuves, qu’Olivia utilise pleinement pour déployer son récit. Le jeu et le recours à l’imagination comme armes pour repousser les vents mauvais sont le cœur du métier d’un cinéaste comme Terry Gilliam. Lorsque surgissent une aurore boréale et une baleine bleue dans un salon miteux, au cours d’une jolie séquence onirique, tout porte à croire qu’Irene Iborra Rizzo accomplit un mariage séduisant entre Fisher King et Ma vie de Courgette de Claude Barras, dans sa manière de montrer la dureté du monde à travers la plasticine.

Las ! La réalisatrice opte par la suite pour une approche plus réaliste et adulte, fréquemment entrecoupée par des tremblements de terre invisibles symbolisant l’angoisse grandissante d’Olivia. De fait, la passivité de celle-ci jure avec ce rôle de metteuse en scène censée contrôler l’histoire en train de se jouer. Cela se ressent dans une réalisation manquant de souffle. Reste une fable sociale brocardant la dureté de l’administration pour mieux appeler à la solidarité, dont l’idéalisme un tantinet naïf ne doit en aucun cas faire oublier à quel point l’Espagne a injustement souffert dans la décennie ayant suivi la crise financière de 2008.

Extrait de Olivia, en salles le 21 janvier 2026.

Extrait de Olivia, en salles le 21 janvier 2026.
© CITOPLASMAS / KINETIC ARMATURES / CORNELIUS FILMS / BÍGARO FILMS / VIVEMENT LUNDI !

Article publié dans ZOO Le Mag N°108 Janvier-Février 2026

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