Cette année, le festival Off d’Angoulême n’est pas un complément au festival officiel, il le remplace. C’est le Grand Off. Les attentes sont donc plus grandes (tout en étant réalistes). Mais le Off a ainsi l’occasion d’investir entièrement des lieux auxquels il n’a pas accès d’habitude. Récit d’une journée de découverte(s).
Il y a du monde à l’arrivée à la gare, ce vendredi matin, donnant l’illusion que tout sera comme d’habitude dans le festival. De plus, on aperçoit quelques têtes connues dans le petit monde de la BD. Mais dehors, manquent les décorations qui donnent d’emblée le ton. Et la montée vers le centre-ville laisse voir des rues assez vides et non pas chargées d’un flot continu de festivaliers en goguette. Découvrir le Champ de Mars vide, sans l’immense bulle qui l’occupe les autres années, surprend.
Cette sensation est vite oubliée en entrant dans Le Lieu Utile, espace permanent alliant un bar convivial et un lieu d’exposition-vente. C’est un premier spot incontournable du Grand Off. De nombreux visages familiers y sont visibles autour des stands, tels celui des célèbres éditions PLG ou du fanzine inspiré Tonnerre de Bulles. L’occasion d’alourdir son sac à dos avec l’achat de livres sur la BD et des BD d’occasion collector ; puis d’assister à une conférence sur la création du mythe dans la BD par Harry Morgan, qui a pas mal cogité pour développer des angles d’analyse intéressants.
Promenade dans la rue Hergé, colonne vertébrale du centre-ville, qui comme d’habitude comporte plusieurs étapes pour l’amateur de BD. Il y a juste moins de monde. C’est plus pratique pour déjeuner ; les restaurateurs sont moins sous pression mais le chiffre d’affaires sera moins au rendez-vous...
Retour sur la place du Champ de Mars pour une conférence très fluide de Dominique Poncet au CNIJ sur l’Histoire du 9ème Art par le prisme des revues spécialisées dans la BD ou sur la BD. Si les revues de bandes dessinées se font plus rares depuis les années 90, éclipsées par les publications directes en album, les revues sur la bande dessinée (ZOO le Mag en est un digne fleuron !) continuent à jouer un rôle important.

Dominique Poncet lors d’une conférence sur les revues d’études de la bande dessinée, au Grand Off du Festival d’Angoulême. © ZOO le Mag - François Samson
Juste à côté du lieu de la conférence, une jolie exposition Turf permet de faire une pause poétique .

Exposition Turf au CIDJ, place du Champ de Mars. Une oeuvre poétique au dessin très fin, aux couleurs inspirées.
© ZOO le Mag - François Samson
Puis retour au Lieu Utile pour découvrir dans une grande salle au fond un espace d’exposition investi par Richard Marazano et sa fille Rachel, ainsi que du compagnon de cette dernière , Victor Pierrey (peintre au style académique formé notamment à New-York). Le père prépare un livre univers avec 200 toiles (huiles et tempera) dont il propose un nombre conséquent tandis que sa fille, étudiante aux Gobelins, montre son travail.

Les peintures de Richard Marazano, auteur de bande dessinée, présentées au Grand Off du Festival d’Angoulême pour son projet de Livre Univers. © ZOO le Mag - François Samson

Exemples de travaux de Rachel Marazano, étudiante aux Gobelins, déjà publiée dans Métal Hurlant, présentés au Grand Off du Festival d’Angoulême. © ZOO le Mag - François Samson
Pour compléter le panorama, quelques œuvres de l’excellent Gus Bofa (ainsi que des superbes dessins de François Ayroles sur la vie de Bofa).

Gus Bofa, référence historique du dessin satirique et de la bande dessinée, mis à l’honneur lors du Grand Off du Festival d’Angoulême. © ZOO le Mag - François Samson
Toujours place du Champ de Mars, l’espace Les entreprises éphémères est composé de stands divers permettant d’acheter bandes dessinées, productions autour de la BD, et de rencontrer l’excellent Bouzard en dédicace.

Bouzard vient de dédicacer à notre journaliste François Samson sa dernière BD à l'humour ravageur © ZOO le Mag - François Samson
Si l’espace Franquin n’est pas le lieu d’expo sur une star du manga comme les années précédentes, on peut y découvrir les oeuvres poétiques d’Adrien Demont, auteur de Lueurs. Les lucioles sont parmi nous !

Adrien Demont expose ses dessins délicats et poétiques de bande dessinée au Grand Off d’Angoulême.© ZOO le Mag - François Samson
Dans le même bâtiment, le festivalier peut se reposer en regardant Dominique Bertail dessiner dont on doit deviner la référence (un disque, un film d’animation, un personnage de BD…) et que l’on peut gagner. Pas simple, car il y avait des pièges ! Mais c’est aussi l’occasion de constater que Bertail a d’excellentes références dans ces différents domaines !

Ce n'est pas le Marsupilami, le personnage de BD dessiné en live par Bertail à trouver, mais Fantasio ! Il y avait un piège ! Grrrr...
© ZOO le Mag - François Samson
Toujours dans l’espace Franquin, un espace dédicaces Manga Kat permet de rencontrer un nombre assez conséquent de dessinateurs.

Opération dédicaces à gogo avec Manga Kat, à l'espace Franquin © ZOO le Mag - François Samson
Le centre commercial du Champ de Mars est aussi un repère d’amateurs de dédicaces, car la librairie Cosmopolite reçoit un beau plateau d’auteurs.

Encore des dédicaces à gogo à la librairie Cosmopolite, dans le centre commercial du Champ de Mars
© ZOO le Mag - François Samson
Et juste à côté, toujours des dédicaces, mais dans un lieu au décor moins conventionnel : Iron Maiden est à l’honneur ! Un concert dédié se tiendra là ce samedi soir, avec un certain nombre d’auteurs de BD. Il affiche complet !

Dans l'expo Iron Maiden, Cosimo Ferri et Turf dédicacent sous le regard d'une créature inquiétante...© ZOO le Mag - François Samson
Traversée nocturne de la ville en direction de l’Hôtel Saint Simon, traditionnel lieu d’expositions d’auteurs de BD pendant le festival. L’occasion de découvrir qu’Angoulême a gardé ses décorations de Noël, décision de la municipalité afin de rendre l’ambiance du festival Off plus festive.

Angoulême conserve ses illuminations de Noël pour accompagner l’ambiance du Grand Off du Festival de la bande dessinée. © ZOO le Mag - François Samson
A l’Hôtel Saint Simon, on peut apprécier une exposition à la scénographie soignée sur La timidité des arbres de Dimitri Tsekenis.

Exposition La Timidité des arbres, à la scénographie soignée par Dimitri Tsekenis, auteur de bande dessinée, au Grand Off du Festival d’Angoulême. © ZOO le Mag - François Samson
Mais aussi les œuvres pelucheuses comme des nounours de l’Iranienne Hajar Moradi. Cela tombe bien, car elle dessine notamment des ours !

Un ours que l'on aimerait caresser par l'artiste Iranienne Hahar Moradi
© ZOO le Mag - François Samson
Et l’étage est consacré au Catalan Genis Rigol, qui contextualise ses créations par des panels vraiment intéressants. Mention spéciale pour ses petites BD inspirées par cette expo elle-même ainsi que par les mésaventures du festival.

Genis Rigol multiplie les clins d’œil au Festival de la bande dessinée d’Angoulême dans ses créations exposées au Grand Off. © ZOO le Mag - François Samson
Une journée bien remplie où, si l’on ne retrouve pas la grosse machinerie bien huilée qui est depuis des années la marque de fabrique du festival international de BD d’Angoulême, on apprécie finalement le côté artisanal, presque improvisé, du Grand Off, qui rappelle de petits festivals (voire les débuts du festival d’Angoulême pour les plus anciens) et qui permet surtout une convivialité entre passionnés. Et c’est essentiel.
Angoulême2026
GrandOff







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