ZOO

La Prison et l'Oligarque

Lieu : Paris

Le délicat équilibre entre fiction et Histoire

Tu donnes également une interprétation particulière de l’état des réserves pétrolières.

Oui, l’opposition entre un modèle dans lequel le pétrole serait en quantité virtuellement infinie et le modèle réel. Si dans les années 70, on avait validé un modèle scientifique dans lequel le pétrole est présent en quantité infinie, cela n’aurait eu aucun impact, puisque le pétrole était déjà disponible en abondance.

Aujourd’hui, les réserves de pétrole naturel se font rares. Mais dans le modèle que je développe, les réserves infinies sont à des endroits tellement difficiles d’accès que le coût d’exploitation serait très élevé. Donc les contraintes énergétiques sont les mêmes que dans la réalité. Pour l’instant du moins !

Au-delà de Koralovski, l’autre figure centrale de cet album est une journaliste qui enquête sur l’affaire mais aussi les compagnons d’évasion de Koralovski, etc. Comment as-tu construit tes personnages secondaires ?

La journaliste, c’est moi tout simplement ! Elle fait les découvertes en même temps que je les fais. On fait le même boulot, on se pose les mêmes questions ! Quant à Koralovski, il s’évade avec un journaliste et un ancien militaire vétéran de la deuxième guerre de Tchétchénie, à qui j’ai un peu donné les traits de Depardieu d’ailleurs. Enfin, le président est principalement basé sur Poutine. Tous ces personnages me permettent en fait de donner plusieurs points de vue sur l’intrigue. Pour un premier tome, c’est vrai que cela oblige à éclater un peu la narration. Le rôle-titre est partagé !

Comment as-tu travaillé le dessin ?

J’ai obéi aveuglément au scénariste en moi [rires]. C’est un premier épisode dense, j’ai beaucoup d’informations à faire passer en seulement 46 pages. J’étais obligé d’accepter des petits sacrifices de dessinateur : j’ai opté pour un style semi-réaliste (et non hyper-réaliste) en coupant tout le superflu. Et puis, ça me laisse aussi une marge de progression : le deuxième tome sera sûrement moins dense, plus relâché, ce qui devrait laisser plus de place au dessinateur !

L’apport documentaire doit être le plus léger possible, ce qui a souvent été un crève-cœur, mais sinon on y sacrifie la fluidité du récit. Mais je me pose en permanence la question de l’équilibre délicat entre la fiction et l’Histoire. Je suis sûr, en tout cas, de ne pas proposer de choses trop insensées au niveau du scénario : le monde de l’industrie pétrolière est suffisamment riche en coups tordus pour ne pas devoir aller les chercher trop loin ni à céder à la facilité du scénario « grand complot ».

Au bout de trois volumes, on arrivera en tous cas à une fin de cycle, avec évidemment une petite arrière pensée pour 2017 et l’anniversaire de la Révolution russe !

Quels projets pour l’avenir ?

La suite de Koralovski m’occupe beaucoup l’esprit ! La série se nourrit beaucoup du réel et en ce moment, l’actualité me donne beaucoup de pistes intéressantes à creuser. Dans l’ensemble, j’aimerais pouvoir mettre en cases tout ce que j’ai pu apprendre sur la Russie et l’industrie énergétique ! Donc je pense pouvoir maintenir un rythme de parution de deux albums par an.

Pour aller plus loin

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