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Touche de paradis dans l'Enfer de la Première Guerre mondiale

Auteur(s) :
Cédric Babouche

Lieu : Paris

La couleur de la guerre

Comment as-tu composé les images de guerre ?

Pour la séquence de la gare par exemple, j’ai voulu avoir une approche cinématographique. Je voulais qu’on ait l’impression d’une suite de mouvements que l’on peut suivre entre les cases ! Les couleurs m’aident à unifier l’action. Les rouges et les violets de cette séquence, je n’aurais jamais osé les utiliser avant ! Ici ces couleurs sont utiles pour trancher avec le reste de la narration et annoncer que quelque chose va se passer !

L'ouverture de la scène de la gare

L'ouverture de la scène de la gare


Il y a beaucoup de sang dans cet album, mais aussi des scènes particulièrement dures, montrées de loin. As-tu voulu atténuer l’horreur grâce au dessin ?

Au cinéma, les scènes les plus fortes sont souvent celles où on ne montre pas tout. Le non-dit est très puissant ! Ne pas voir la souffrance de la victime, mais plutôt l’impassibilité des personnages présents, tout en étant conscient de ce qui se passe hors champ... Je trouve ça plus effrayant que la scène vue frontalement !

Suite de la scène de la gare

Suite de la scène de la gare

Dans une bande dessinée comme celle-ci, il faut amener la violence par le quotidien et le réel. Si on ne peut la retranscrire par le sang, on peut l'apporter par l’ambiance. La scène de la gare en est représentative... On part d’une couleur censée montrer le soleil levant et qui petit à petit, d’une manière presque organique, devient celle du sang. Ces couleurs saturées marquent une rupture, la fin de l’histoire...

L’intrigue et les dialogues dans ces ouvrages sont très denses, comment as-tu fait pour les rendre fidèlement sans qu’ils n’empiètent sur le dessin ?

À chaque fois que j’avais besoin de plus d’espace, j’en parlais ! Il se trouve que j’ai deux scénaristes adorables qui m’ont laissé plein de pages libres pour me permettre de déborder. Même mon éditeur m’a accordé des pages supplémentaires, payées de surcroît ! L’espace peut aussi donner beaucoup d’intensité à l’intrigue : par exemple quand je veux montrer que les personnages sont seuls, je le fais et j’étends le dessin sur toute une page !

Pat' seul

Pat' seul

Mais dès le départ de ce deuxième album, Xavier Dorison et Emmanuel Herzet m’avaient fait un découpage plus proche de ce que j’aime faire. Je pense que le découpage du premier tome n’était pas fait pour moi, d’où des planches assez chargées. Au contraire, maintenant qu’ils ont l’habitude de mon dessin, on a un album beaucoup plus aéré, presque cinématographique avec 6-7 cases par planche !

Quels sont tes projets pour la suite ?

Alors ce ne sera plus sur la Première Guerre, j’en ai un peu marre de dessiner des Poilus ! J’ai signé pour un nouvel album qui n’a rien à voir, plus moderne, plus japonisant... Dans l’esprit d’Amer Béton ! Les lecteurs risquent d’être surpris !

Face-à-face entre les fuyards et l'armée française

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