ZOO

Petrograd (Août 2013)

couverture de l'album Petrograd

Éditeur : Urban Comics

Scénario : Philip GelattDessin : Tyler Crook

Genres : Historique, Polar / Thriller

Public : À partir de 12 ans

Prix : 22.50€

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La critique ZOO

Note ZOO 4.0

Scénario

4.0

Dessin

3.0

Petrograd est un tour de force : cette BD est à la frontière de la littérature russe, du cours d’histoire et du polar. Une vraie réussite destinée aux amateurs de belles bandes dessinées.

Cleary est un espion anglais à Petrograd, anciennement Saint-Petersbourg, en 1917. Face à la volonté cachée de la Russie de signer une paix séparée avec l’Allemagne, il reçoit l’ordre d’assassiner le conseiller de la tsarine, le prètre Grigori Raspoutine. S’engage alors un angoissant jeu de cache-cache dans Petrograd entre l’aristocratie hostile à Raspoutine, les services secrets russes et les bolcheviks. Cleary, tiraillé entre son devoir, son amour pour une communiste et sa peur de tuer un homme, va devoir trouver un moyen de s’en sortir.

Petrograd ressemble à ce qu’aurait pu faire Tolstoï s’il avait fait de la BD ! On y retrouve concentrée en seulement 250 pages, l’âme russe présente dans La Guerre et la Paix. Les auteurs ont voulu retranscrire cette vision de l’homme tiraillé entre ses envies et le déroulement de l’Histoire. On est emporté par la tension qui émane de l’histoire de cet agent secret perdu dans une Petrograd gelée, en proie aux émeutes.

Pas un instant de répit dans l’action de ce récit parfaitement construit. La couleur est dominée par un ton sépia et le dessin hésite entre un réalisme très classique et des rendus de mouvements inflencés par les mangas. Les auteurs, américains, en hésitant entre les écoles occidentales et asiatiques, racontent la Russie, ce pays à cheval sur deux continents.

Pour éviter de perdre les non-spécialistes de la Russie pré-révolutionnaire, Petrograd propose habilement un glossaire des personnages, lieux et institutions de la Russie des tsars. Pour finir, les auteurs nous font le plaisir d’un carnet de croquis final. On ne trouve rien à demander de plus : on lit et relit cette BD !

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Commentaires et critiques (1)

note de la critique de SuperMax

Au cœur de ce complot, Cleary, espion de l'Empire d'Angleterre. Avec lui nous traversons la ville à un moment de transition, entre le mouvement communiste, la police secrète et la vie mondaine, Petrograd est en ébullition. Philip Gelatt et Tyler Crook proposent un scénario court mais bien renseigné, ce qui donne du réalisme à leur récit. L'absence physique de Raspoutine est compensée par son omniprésence dans les discussions et dans la mise en place du complot.

Le dessin , simple, manque parfois de profondeur mais la mise en couleur sanguine compense et donne un cachet et une ambiance froide au scénario avec des personnages travaillés aux traits typés.

Posté le 13/10/2013 à 10h44