ZOO

L'entaille (Mars 2021)

couverture de l'album L'entaille

Éditeur : Cornélius

Scénario : Antoine MaillardDessin : Antoine Maillard

Collection : Solange

Prix : 25.50€

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La critique ZOO

Note ZOO 4.0

Scénario

4.0

Dessin

4.0

Un soir, un inconnu, une batte de baseball à la main, tue deux lycéennes qui se rendaient à une fête. Le lendemain, après qu’on ait retrouvé les corps, trois ados, Dan, Ralf et leur amie Pola, observent la police, écoutent les rumeurs et essayent d'en savoir un peu plus.

Pour son premier album, Antoine Maillard nous entraîne dans les traces d’un mystérieux tueur qui hante les quartiers d'une banlieue américaine! Toutefois, loin de se lancer dans une enquête, comme on pourrait le penser, l’auteur s’attarde sur la périphérie, sur l’impact de cette «anomalie» sur le quotidien des uns et des autres et plus particulièrement celui de ces trois lycéens qui vont désormais être au centre du récit.


La rumeur d’un dangereux meurtrier armé d’une batte se propage rapidement dans la ville

Un dangereux meurtrier armé d’une batte vit dans la ville
© Cornélius

À la manière d’un film de Gus Van Sant, nous évoluons alors dans un cadre presque déshumanisé et froid, une sorte de portrait désincarné d'une jeunesse qui se cherche des repères et qui a du mal à assumer sa marginalité. Chacun a ses secrets, qu'il s'agisse de Pola, qui deal à la sortie du lycée et dont la mère se perd dans une dépression sans fin, ou l'étrange Dan, timide introverti, animé progressivement par des élans morbides.

Et si rien n’est réellement simple dans cette histoire, Antoine Maillard ne tombe pas non plus dans l’écueil de l’explication laborieuse, glissant même une pointe de fantastique, à un moment donné. On est petit à petit gagné par l’étrangeté des ambiances, la lenteur de la narration, tandis que la tension monte et le scénario s'emballe de plus en plus.



La vie des habitants est rythmée par l'assassin

La vie des habitants est rythmée par l'assassin
© Cornélius

Le dessin au crayon, lisse, presque sans relief, accentue l’impression d’inexpressivité, d’un récit en retenu qui devient inquiétant au fur et à mesure où l’on avance dans l’album. Et le résultat est plutôt réussi, on s’interroge sur les actes des uns et des autres, on observe, on ne cherche plus à tout comprendre…

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