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O Verlaine (Avril 2021)

couverture de l'album O Verlaine

Éditeur : Steinkis

Scénario : Olivier Deloye, Philippe ThiraultColoriste : Marie Galopin

Prix : 18.00€

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La critique ZOO

Note ZOO 4.0

Scénario

4.0

Dessin

4.0

Virginie Despentes, Franck Herbert, Georges Orwell ou Italo Calvino ont en commun de déferler depuis quelques mois en bande dessinée. C’est au tour de Jean Teulé de rejoindre l’illustre compagnie via le regard de Philippe Thirault au script et d’Olivier Deloye aux pinceaux.

Lorsque l’on évoque Verlaine, de ces artistes dont le nom seul est une signature, au-delà de sa production poétique passée à la postérité, on pense immédiatement à ses amours tumultueuses avec Arthur Rimbaud dans un Paris du XIXe siècle peuplé de ses plus grands écrivains passés à la postérité. On oublie souvent qu’il fut aussi un soiffard violent, suborneur insatiable et syphilitique, rejeté par la quasi-totalité de ses contemporains. On ignore aussi que durant les derniers mois de sa vie, il fut adulé par une jeunesse du Quartier latin éclairée par ses écrits et buvant la moindre de ses paroles.

C’est cette ultime période de la vie du poète que raconte Jean Teulé dans son roman Ô Verlaine ! adapté en BD par Philippe Thirault et Olivier Deloye.

Histoire Maîtrisée

Faire le pari de mettre en image une biographie déjà romancée est toujours osé. Cela l’est d’autant plus lorsqu’il s’agit d’imposer un regard sur une icône de la littérature, disparue il y a plus d’un siècle, et dont l’aura n’a cessé depuis de nourrir l’imaginaire collectif. L’audace de Thirault est d’avoir choisi de sacrifier le dynamisme attendu d’une aventure classique en bande dessinée au profit d’une représentation quasi théâtrale du « chant du cygne » de Verlaine. Il s’appuie pour cela sur les illustrations intemporelles de Deloye dont chaque image est une saynète que l’on croirait extraite d’une série de cartes postales de l’époque. Oui c’est beau et bien posé, mais est-ce suffisant?

Comme à son habitude, Jean Teulé attendrit la biographie fictionnelle d’origine par son enthousiasme, sa tendresse et son admiration passionnée pour Verlaine. On regrette un peu de ne pas retrouver cette dimension presque affective dans l’adaptation graphique. De fait, le poète décadent apparaît ici crûment dans toute sa déchéance, son alcoolisme, son agressivité, sa vulgarité. On en oublierait presque qu’il reste malgré tout l’auteur d’une œuvre incontournable aussi précieuse et sensible qu’une chanson d’automne.

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