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Le roi des vagabonds - Gregor Gog et sa confrérie (Juin 2021)

couverture de l'album Le roi des vagabonds  - Gregor Gog et sa confrérie

Éditeur : Dargaud

Scénario : Bea Davies, Patrick Spät

Prix : 19.00€

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La critique ZOO

Note ZOO 3.5

Scénario

3.5

Dessin

3.5

Singulier personnage que Gregor Gog (1891-1945) ! On lui doit la création du premier journal de rue, Der Kunde (Le trimardeur) après qu’il ait créé en 1927 à Stuttgart la Confrérie internationale des vagabonds. Patrick Spät nous propose une page d’Histoire insolite sur l’Allemagne entre les deux guerres mondiales.

Ruinée après quatre années de guerre consécutives, l’Allemagne, sous la république de Weimar, croule sous le chômage et la misère avec une inflation en constante progression. Ils sont des milliers à être précipités sur les routes, SDF en butte à une tranche de la population plus aisée qui les traite souvent avec mépris. C’est dans ce contexte que Gregor Gog va créer sa confrérie et jouer les perturbateurs. Auparavant, il avait porté l’uniforme dans la marine de guerre d’où il fut renvoyé en 1918 par la cour martiale pour insubordination. De tendance anarchiste à ses débuts, Gog va peu à peu dériver vers le courant communiste, s’exilant même en 1939 dans la Russie de Staline où il séjourna à plusieurs reprises.



Dans le froid hivernal du 24 décembre 1933

Dans le froid hivernal du 24 décembre 1933
© Dargaud Editions 2021

Le scénario de Patrick Spät se focalise principalement sur les années de l’immédiate après-guerre jusqu’en 1933, n’hésitant pas à procéder à quelques ellipses plus amplement éclairées dans la postface qui clôture l’album. Son récit se concentre essentiellement sur l’action et l’influence que Gog aura pu susciter auprès de ses contemporains dans un contexte qui va, peu à peu, servir de terreau au nazisme. D’une certaine manière, on pourrait presque le comparer à l’abbé Pierre (toutefois sans la moindre connotation religieuse) ou encore à Coluche et ses restaurants du cœur.

Bea Davies illustre cette histoire dans un très beau noir et blanc qui rappelle un peu, notamment dans sa façon d’appréhender ses personnages, le dessin d’Alex Varenne. Solidement documenté, cet album ouvre une fenêtre sur une période peu abordée en bande dessinée.

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