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Un certain Daneri (Avril 2021)

couverture de l'album Un certain Daneri

Éditeur : iLatina Editions

Scénario : Carlos TrilloDessin : Alberto Breccia

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La critique ZOO

Note ZOO 4.5

Scénario

4.0

Dessin

5.0

Initialement publiées entre 1974 et 1978, ces 8 récits mettent en scène Daneri, un détective privé qui se contente de suivre les contrats qui se présentent, même s’il est souvent dépassé par les évènements. Trillo et Breccia signe ici leur première véritable collaboration, avant même Buscavidas.

Le premier épisode de cet album a été réalisé pour une revue dirigée par Trillo : «Revista Mengano», les 2 épisodes suivants sont sortis dans la revue Sancho. Finalement, le reste fut édité en Italie dans la revue Linus, puis en Argentine dans la SuperHumor… Inédites jusqu’ici, ces histoires nous présentent un personnage assez énigmatique, qui est régulièrement engagé pour aider ses clients à retrouver des personnes, pour les protéger ou même pour élucider un quelconque mystère. Tout du long, on n'en apprend pas beaucoup plus sur lui ou son travail, on se laisse porter au gré des pages, intrigué par cette figure de papier qui se décompose au hasard des expérimentations d’Alberto Breccia, qui nous impressionnent tout de même plus que les scénarios de Trillo.

Toutefois, les ambiances de ces mini-intrigues, qui ne font que 6 pages, n’offrant pas vraiment la possibilité de développer des intrigues complexes, ni même la personnalité du héros, jouent très habilement sur les attitudes du vieil homme.

Daneri vient d'une autre époque, il traverse les rues, comme une sorte de fantôme inscrit dans les murs de la ville, l'esprit d'un âge pas si lointain, qu'on ne peut oublier complètement.

De son côté, Breccia se réapproprie complètement ces récits, poussant encore plus loin les limites de son Art, tirant vers l'abstraction, voir même de la lisibilité. On est époustouflé par les idées formelles qu’il glisse deçi delà, déchirant et collant des morceaux de papier pour amorcer la forme d’un bras, d’une silhouette, utilisant des bouts de photos collées qu’il redessine, des tâches, de matières qui s'étiolent… Il esquisse un coup de poing d'un mouvement vif de son pinceau… Il explore les frontières de son propre langage en s’éloignant du réalisme, en refusant les conventions habituelles pour construire progressivement cette singulière écriture qui verra son apothéose dans Péramus, quelques années plus tard.

Alors même si cela reste parfois difficile à lire, on garde le sentiment d’une passionnante transformation! Une vraie perle qui illustre parfaitement la pertinence du catalogue des éditions iLatina!

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