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Pigalle, 1950 (Avril 2022)

couverture de l'album Pigalle, 1950

Éditeur : Dupuis

Scénario : Jean-Michel Arroyo, Pierre ChristinDessin : Jean-Michel Arroyo

Collection : Aire Libre

Genres : Polar / Thriller

Prix : 25.95€

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Paris en noir et blanc

Note ZOO 4.0

Scénario

4.0

Dessin

4.0

Pigalle 1950, un polar atypique, noir à souhait, est signé par Pierre Christin qui forme avec Jean-Michel Arroyo au dessin un duo détonant. Leurs talents réciproques sont venus s’associer en toute simplicité.

1950, un jeune Aveyronnais quitte son Aubrac natal, direction Paris pour travailler chez un bougnat de la famille. Antoine livre du charbon Antoine à la Lune Bleue, un cabaret tenu par le Beau Beb, un malfrat haut de gamme qui va prendre le gamin sous son aile. Mais pourquoi faire revivre le Paris des années 50 ? Pierre Christin raconte qu’il avait demandé à Arroyo le thème qui le tentait : « Il m’a répondu qu’il aimait les ambiances années 50, Pigalle. J’avoue que ce n’était pas mon quartier de Paris favori. Je le connais mal. Le fait qu’on en parle m’a tenté d’aller y traîner mes guêtres pour y écrire cette histoire. »

Christin a fait du noir et blanc à la Melville, style film avec Gabin ou Blier. « Je voulais retrouver atmosphère et argot de l’époque du petit Parigot que je suis. Simonin, Blondin, je continue à me servir de ce vocabulaire » poursuit Christin. « Arroyo a travaillé d’une façon extraordinaire. Ses dessins préparatoires n’étaient plus du tout dans son style aviateur et on a décidé de faire cet album ensemble. »

Pigalle, 1950

Pigalle, 1950
© Dupuis, 2022

Plus dure sera la chute

Au programme à Pigalle, ce sera la lutte sanglante des gangs. Les Corses débarquent dans la capitale, les moeurs évoluent dans le grand banditisme. Antoine va certes monter en grade, en puissance, mais être pris au piège. Un sentimental, un fidèle comme le dit Jean-Michel Arroyo : « C’est intimiste. Antoine, homme à tout faire est pris dans une affaire qui va le dépasser et avoir la belle Olga, chanteuse à succès, comme compagne. Le pitch, c’est son destin que synthétisait le premier titre de l’album, Le Funiculaire redescend toujours, devenu Pigalle 1950. Plus dure sera la chute. »

Après Buck Danny Classic, Arroyo d’un trait à la rigueur soutenue montre sa vraie dimension. Toujours en mouvement sans perdre pourtant son romantisme, il a su se mettre au service de l’écriture de l’un des plus grands maîtres du scénario. On est à Pigalle avec un souci poussé de la reconstitution d’une époque, d’un Paris qui allait bientôt disparaître avec en toile de fond la guerre d’Algérie, DS 19 et Traction avant.

Embrouille et vengeance

Il y a une ambiance authentique dans ce Pigalle écrit par un Pierre Christin à la fois inspiré et pertinent chroniqueur d’un polar où la vengeance, l’embrouille est maîtresse du jeu. Arroyo lui donne à merveille la réplique, s’impose et donne vie à un monde pour lequel on peut avoir parfois une certaine nostalgie.

Pour leur prochaine collaboration, L’Île des riches, qui paraîtra aussi chez Aire Libre, Christin et Arroyo en couleur directe, passeront à une aventure post-apocalyptique.

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Commentaires et critiques (2)

« Il était une fois à Pigalle », pourrait-on dire. Antoine, jeune Auvergnat monté à Paris après-guerre, subit les événements de sa vie plus qu’il ne les provoque, dans un Paris à l’esthétique de film noir des années 50. Récit touchant de son ascension et de sa chute, à l’image du funiculaire de Montmartre, qui redescend toujours.
C’est un Paris d’autrefois peut-être légèrement fantasmé que Pierre Christin nous offre, sublimé par le dessin de Jean-Michel Arroyo avec de grandes cases aux décors soignés voire saisissants. Le rendu graphique est velouté grâce à un lavis du plus bel effet. Nous sommes vraiment immergés dans l’ambiance grâce au talent des auteurs.
Toinou, devenu Tony dans le milieu qu'il fréquente, se laisser porter comme une feuille morte par son destin, y compris dans sa relation un tantinet improbable avec la belle Olga. Jusqu’à la chute brutale, créant une certaine frustration du lecteur, qui aurait aimé en savoir plus, qui aurait voulu qu’Antoine prenne enfin son destin en main.
A noter le clin d’œil à Buck Danny, dont Arroyo a dessiné 6 albums, ainsi que celui à Tintin, que l’on peut voir avec le capitaine Haddock le temps d’une case.
Un beau li

Posté le 16/04/2022 à 10h22

avatar de François Samson

"Un beau livre, à lire et à refeuilleter au gré de ses envies, pour profiter des belles images recréant le Paris d'antan", voulais-je conclure :)

Posté le 16/04/2022 à 10h27