ZOO

Convoi (Septembre 2022)

couverture de l'album Convoi

Éditeur : Soleil

Scénario : Jef, Kevan Stevens

Genres : Aventure

Prix : 24.95€

ma collection
mes souhaits
mes lectures

La critique ZOO

Note ZOO 2.0

Scénario

1.0

Dessin

3.0

Au volant de son truck de combat, Alex va devoir relier le port du Havre à Marseille. Et autant dire que dans une France ravagée par la pollution, le réchauffement climatique et quelques virus qui traînent, le chemin n’est plus sans risques !

Le prologue est un modèle d’efficacité.


Un Mad Max dans l’Hexagone grisonnant d’apocalypse : sur le papier, le programme que proposent les auteurs de Mezkal (un autre road movie sorti plus tôt en 2022) s’annonce alléchant. Puis les pages s’enchaînent et on comprend que l’ensemble n’est qu’un prétexte pour rassembler une bande de convoyeurs aux origines, genres et orientations sexuelles plus diverses les unes que les autres. En soi, pourquoi pas ?


Mais à trop forcer sur les punchlines sur les transgenres, les cisgenres, les hétéros, les réac’, les binaires et non-binaires entrecoupées de pétarades entre gros calibres (énergiques, il faut le reconnaître) contre des milices ultra-religieuses, le convoi semble oublier sa direction. Après une vingtaine de pages, cette dernière parait aussi limpide que le ciel gris surplombant les personnages… c’est à dire très floue.

Convoi

Convoi
© Soleil, 2022


Tout de suite, j’entends les profanes dire que c’est le chemin qui importe et non la destination : en d’autres termes, qu’il faut se pencher sur les personnages et leurs interactions. Après tout… l’album nous fait le luxe d’une double page introductive pour nos 18 convoyeurs. Mais alors pourquoi en présenter autant pour en raconter si peu ? Attendez-vous à voir une bonne moitié de la (peu) fine équipe passer l’arme à gauche sans plus de développement que ce que la double page introductive vous présentera sur eux. Parfois certains disparaissent du récit… pour revenir… sans qu’on ne sache vraiment le comment du pourquoi. Parler de développement des personnages serait un bien grand mot : ou bien ce sont de grandes gueules qui conduisent tout en causant, ou bien ce sont des figurants qui se contentent de regarder et flinguer tout ce qui bouge… avant de disparaître du scénario.


Heureusement, le dessin a un minimum de gueule. Les tronches des camionneurs ont un certain cachet et leurs accoutrements sont savoureux pour la plupart (mention spéciale à la veste de cuir du Roi de la Pop que porte Alex). Cependant, un peu de finesse dans le trait des visages n’aurait pas été de trop. Jef apporte plus de soin aux détails des grosses cylindrées et camions tout droit sortis d’un délire post-apocalyptique qu’aux personnages. Et du fond grisâtre des environnements se dégage une étonnante beauté : on en viendrait presque à sentir les résidus soufrés des pots d’échappement. Presque…


Convoi s’avère donc globalement décevant dans son périple car s’attardant sur des personnages qui ne racontent pas grand-chose.

Pour aller plus loin

Haut de page

Commentez et critiquez

1200 caractères restants