ZOO

Passer à l'Ouest

couverture de l'album Passer à l'Ouest

Éditeur : Locus Solus

Auteur :

Prix : 15.90€

  • ZOO
    note Zoo5.0

    Scénario

    5.0

    Dessin

    5.0
  • Lecteurs
    note lecteurs
    0 critique

Le synopsis de l'album Passer à l'Ouest

Un jour, Julien SOLÉ a décidé de quitter Paris (en fait Sevran, dans le 9-3), pour Brest. À la manière de Larcenet dans son Retour à la terre, le nouvel exilé en Finistère, avec compagne et enfants, analyse et décrypte avec humour les us et coutumes de sa terre d’accueil… Pourquoi les Brestois ont-ils un attachement si prononcé à l’alcool ? Comment parler le jargon du cru avec tact et panache ? Qui se souvient d’Alban Ceray (et quel rapport avec Brest) ? C’est à toutes ses questions que Julien SOLÉ se propose de répondre, mais pas que… Il livre ici un recueil hilarant et instructif riche en anecdotes curieuses et insolites, au gré de planches pop et originales dans lesquelles le lecteur avisé saura reconnaître certains faits et figures locaux.


La critique ZOO sur l'album Passer à l'Ouest

Quitter la Seine Saint-Denis pour venir vivre à Brest. Plus qu'une aventure, c'est le défi relevé par l'auteur de BD Julien Solé et sa famille. Parmi les Ty Zef, le fan de requins et dessinateur de Monsieur Léon a trouvé plus qu'une ville : une véritable famille de potes. Il fallait bien ça pour supporter l'immense buvette à ciel ouvert qu'est Brest, l'accent de ses habitants, le téléphérique qui n'en fout pas une et la pluie, la pluie, la pluie...

« Ah oui, et on part s'installer à Brest. » C'est la phrase prononcée par Véro, la femme de l'auteur de BD Julien Solé, un soir de fête avec des amis parisiens. C'est d'ailleurs la case qui occupe la couverture de cette bande dessinée. En 2016, le couple décide de quitter le 9-3 où il vit avec ses deux enfants depuis dix ans. Direction Brest, la ville dont ils sont tombés en amour, comme disent nos cousins Québécois. Brest la blanche, la cité du Ponant encensée par Prévert dans Barbara.

En s'installant d'abord au beau milieu de la rue Jean-Jaurès, une des artères de la préfecture maritime de l'Atlantique, les Solé ne se doutaient pas qu'ils allaient être réveillés par des Brestois survoltés, bourrés toute la nuit et dont l'accent et le phrasé sont à nulle autre comparables. Epais, et rugueux. Au fil de Passer à l'Ouest, on voit à quel point ils s'attachent à leur nouvelle vie, tout en relevant les défis locaux avec brio.

Passer à l'Ouest

Passer à l'Ouest © Locus Solus, 2023

On y retrouve des personnages brestoâs (comme l'accent) hauts en couleur au beau milieu d'une foule bigarrée. Et raide morte, bien sûr. Il y a là une partie de ce que Brest compte comme auteurs de BD (et ils sont un sacré paquet) : les scénaristes Kris et Arnaud Le Gouëfflec, avec lequel Solé a mené le très chouette Monsieur Léon chez Fluide Glacial, mais aussi les personnages les plus importants de la ville du bout de la France, du bout de l'Europe : le port de co', la rade, les rades, la nuit, la pluie, le crachin, la bruine, les balades dans les monts d'Arrée aux portes de l'Enfer dans le Yeun Elez, Huelgoat et sa Roche tremblante, Saint-Rivoal où la famille Solé croise l'Ankou (la représentation de la mort en Bretagne)...

Graphiquement,pas grand chose à dire de plus que ce que Julien Solé sait très bien faire : un dessin bourré de gags et d'humour mais aussi traversé par des émotions plus « sérieuses », des petites histoires à engloutir comme des requins avalent leur apéro : le fan des dents de la mer a même réussi à en glisser quelques spécimens dans ses pages.

Cette petite BD est attendrissante et drôle. Sûrement parce que le récit de l'auteur suinte la sincérité de son expérience. Ils ont failli partir, mais sont finalement restés. Locus Solus, éditeur finistérien, a tenté le pari de publier cet album d'une petite cinquantaine de pages, dont la moitié avait été prépubliées dans Casiers, une publication brestoise qui avait des airs de Revue dessinée mais qui n'est malheureusement plus de ce monde. Passer à l'Ouest est aussi rafraichissante qu'une bonne mousse bretonne. Pas l'écume de la mer, hein, plutôt la tempête dans ton verre. Et ça, à Brest, on maîtrise grave.

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