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L'honorable partie de campagne

couverture de l'album L'honorable partie de campagne

Éditeur : Sarbacane

Scénario : Jean-David MorvanDessin : Roberto Meli, Melis RobertoAuteur : Auteur adapté :

Préface : Pierre-Alain Szigeti

Collection : ALBUMS BD SARBACANE

Genres : Historique

Prix : 22.00€

  • ZOO
    note Zoo5.0

    Scénario

    5.0

    Dessin

    5.0
  • note lecteurs4.0
    1 note pour 1 critique

Le synopsis de l'album L'honorable partie de campagne

Tokyo, 1922, l’Exposition universelle bat son plein avec la grande attraction de l’année : un hydroplane. Un Européen aborde deux jeunes Japonaises et propose à la plus jolie d’aller visiter l’île d’Enoshima. Mais un homme qui passe par là y voit l’occasion de briller socialement et se précipite sur l’Occidental : nul autre que lui-même n’aura le plaisir de montrer Enoshima à « l’honorable étranger » et il l’attendra à la gare, accompagné de quelques amis. Pour avoir les coudées franches, l’étranger décide de prendre un autre train que son hôte japonais encombrant… Mais il aura beau faire : les mille et une complications de la vie nippone vont se jeter en travers de ses projets galants.


Cachez-moi ce Japon que je ne saurais voir

Il y a vingt ans, le scénariste Jean-David Morvan découvrait le truculent roman de Thomas Raucat, L’Honorable Partie de campagne (Gallimard, 1924). Il en livre aujourd’hui une version tout aussi loufoque et fantasque, qu’épouse à souhait le dessin de Roberto Melis.

Nous sommes le samedi 10 juin 1922. Le Japon s’apprête à vivre un événement historique : lors de l’Exposition universelle de la Paix est présenté un hydroplane. Un Suisse propose à une jeune Japonaise de l’emmener visiter l’île d’Enoshima. C’est une occasion unique pour cette jeune dame sans le sou. Mais un autre homme, Japonais, fond sur l’Européen pour se faire mousser et insiste lourdement pour les accompagner. Le Suisse va prendre un autre train pour arriver à ses fins.

Cette histoire, c’est celle que nous raconte Thomas Raucat dans son premier roman, L’Honorable Partie de campagne, paru il y a un siècle chez Gallimard. Et d’emblée, force est de constater qu’il n’a pas pris une ride. L’auteur, un Polytechnicien français dont la véritable identité est Roger Emmanuel Alfred Poidatz, commandant de la section de photographie aérienne qu’il a créée, est envoyé au Japon après la guerre pour former les habitants à cette discipline.

L'honorable partie de campagne

L'Honorable partie de campagne © Sarbacane, 2024

Il y décrit avec grand humour le vide, l’immense fossé culturel entre l’Europe et le pays du soleil levant. On passe le plus clair du récit à se demander si le Suisse va réellement parvenir à déjouer la multitude d’obstacles que les us et coutumes très codifiés et contraignants du Japon jettent en permanence sur sa route. Ce récit truculent n’a pas pris une ride et cette bande dessinée en est un délicieux prolongement. Le découpage en chapitres sous forme d’estampes nous plonge dans la culture traditionnelle nippone, pour mieux nous en détacher. C’est une véritable parodie de roman japonais, avec l’œil aiguisé et moqueur d’un Européen.

Graphiquement, le dessin de Roberto Melis est aussi une sorte de parodie. Sans verser dans le pur style manga, ses courbes japonisantes, le choix du rouge comme couleur dominante et les expressions exacerbées de ses personnages se marient à merveille avec le découpage narratif de Jean-David Morvan. Vous en reprendrez, comme une tasse du meilleur thé.

Article publié dans le Mag ZOO N°96 Janvier-Février 2024


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Commentaire et critiques (1)

note de la critique de Yann.Passeron

4.0

Jean-David Morvan, grand amateur du Japon où il a vécu pendant trois ans, souhaitait depuis longtemps adapter ce roman. Il a finalement concrétisé ce projet chez Sarbacane. Le scénariste reprend la structure du livre, chaque chapitre étant narré par un personnage différent. Cela permet de comprendre les motivations de chacun et de plonger dans la société japonaise. L’intrigue sert à analyser de manière humoristique et philosophique les mœurs et habitudes nippones.
JD Morvan a pris contact avec Roberto Melis via Instagram, permettant à ce dernier de publier sa première bande dessinée sur le marché français. L'album propose une mise en page très élaborée, variant le nombre de cases et leur agencement en fonction du rythme de l’action. Des dessins contemplatifs et réussis ponctuent plusieurs moments du récit. La palette de couleurs s'inspire de l’œuvre de Hasui Kawase, peintre japonais de la première moitié du XXe siècle, avec une bichromie bleue et rouge prédominante. Le bleu représente la tradition, tandis que le rouge symbolise l’intervention de l’étranger.

Le 31/01/2024 à 09h53