Pour célébrer son 40e anniversaire, le Groupe Delcourt remet en lumière une sélection d'ouvrages qui ont marqué son histoire et ont été plébiscités par le public, la critique, et les jurys des prix les plus prestigieux. De père inconnu, abandonnée dans l'enfance par sa mère, Monica tente de construire sa vie et trouver ses racines. A travers un kaléidoscope de styles graphiques et de genres narratifs, Daniel Clowes brosse le portrait de cette jeune femme au destin fragmenté et nous livre son album le plus intime.

Monica

Jacques Binsztok, Daniel Clowes
Éditeur : Delcourt
Auteur : Daniel ClowesTraducteur : Jacques Binsztok
Prix : 22.50€
- ZOO
3.0
Scénario
2.5
Dessin
4.0

- Lecteurs0 critique
Le synopsis de l'album Monica
Retour sur Monica, Fauve d'or 2024 à Angoulême
Surprenant choix que celui de Monica, de Daniel Clowes, comme lauréat du Fauve d'or 2024 à Angoulême. Même si cette bande dessinée est dans la droite lignée de celles qui l'ont fait connaître, à l'image de Ghost World, l'histoire découpée en neuf chapitres et des personnages profonds et travaillés n'emballe pas pour autant. En tout cas pas au point d'en faire la meilleure BD de l'an passé. Même si la narration et le graphisme racontent avec réalisme une Amérique populaire.
Monica et son histoire familiale complexe. De la science-fiction, les quartiers populaires de l'Amérique, des personnages hauts en couleurs, certains assez flippants... La vie outre-Atlantique dans ce qu'elle peut parfois avoir de plus loufoque... Après sept ans d'absence, Daniel Clowes, l'auteur de Ghost World, une BD devenue culte et faisant de son auteur un pilier du Neuvième art, revient avec Monica, ou sa vision très large des États-Unis.

Monica © Delcourt
L'auteur veut parler de beaucoup de choses. Trop en réalité. Tant et si bien que le propos est alourdi et perd en efficacité. Le message est brouillé par un trop-plein d'idées à faire passer et de directions scénaristiques à mettre en avant. C'est dommage, car le dessin et les possibilités graphiques de cet auteur américain sont toujours aussi prometteurs. Son coup de crayon, aussi géométrique que fantasque, représente avec justesse le peuple américain, son contexte de vie, ses angoisses, ses leitmotivs.
Mais que les cases sont alourdies, surchargées par des bulles débordant de texte. En particulier dans l'histoire finale où toutes les autres se regroupent et se recoupent. La lecture en est entravée, on prend moins plaisir à se glisser dans ce nouveau récit de Daniel Clowes tant le déroulé et la lecture sont pollués par l'omniprésence du texte et des explications. L'ensemble aurait gagné à être allégé pour mieux transmettre les moments clés du scénario, qui pour le coup se retrouvent quelque peu noyés.

Monica © Delcourt
Graphiquement, Monica, cela reste du très bon Daniel Clowes. On regrette donc d'autant plus que la place donnée ne soit pas plus condensée et synthétique. Dommage, car cela entrave considérablement la lecture d'une bande dessinée pourtant très prometteuse.
Haut de pageCommentaire et critiques (1)
4.0
Les ruptures et nombreuses ombres dans le récit font penser à du Philip K Dick en trip de défonce au LSD, laborieux à lire... Les premières histoires rappellent Captivant de Chaland et Cornillon, avec ces références à divers types de récits, parfois pulp comme le 2nd (avec cette ville qui cherche son Messie. La lecture semble erratique avant qu’on ne comprenne que cela forme un tout, faisant forcément écho à la vie de Clowes, pleine de délires cosmiques bien plus fous que ceux de Moebius. C’est très bien écrit, pour les textes off… avant de vriller et de partir dans une autre direction. Le lecteur qui ne prend pas de LSD finira par saturer malgré une certaine cohérence dans sa folie. Ca bégaie. Mais une musique se crée au fil des histoires. La quête de sens d’une société où la religion semble avoir perdu pied.... Bref, pas inintéressant, loin de là, même, mais une lecture qui rend perplexe...
Le 05/05/2024 à 16h48

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