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Le lait paternel - T1 : Les errances de Rufus Himmelstoss (Avril 2022)

couverture de l'album Les errances de Rufus Himmelstoss

Série : Le lait paternelTome : 1/1Éditeur : Dargaud

Scénario : Uli OesterleDessin : Uli OesterleTraducteur : Jean-Baptiste Coursaud

Genres : Aventure

Public : À partir de 16 ans

Prix : 19.99€

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La critique ZOO

Note ZOO 2.5

Scénario

2.5

Dessin

3.5

Histoire de la déchéance d’un homme dans les années 70 et du poids d’un père sur son fils, auteur de BD. Une autobiographie familiale romancée si glaçante qu’on referme l’ouvrage avec un frisson, en espérant une suite moins désespérante.

Rufus est représentant en stores. Ça se vend bien en Allemagne, dans les années 70. Rufus a le verbe haut. Il porte beau. Il enchaîne les conquêtes parmi ses clientes. Il passe ses nuits en boite. Il boit. Il prend de la coke. Il joue. Il flambe.

Rufus est un mauvais mari et un mauvais père, pour son jeune garçon qui pourtant l’adore. Un mauvais citoyen, également, responsable d’un accident mortel, après avoir perdu son travail. Avant de perdre son foyer. Et de se retrouver à la rue.

Nous assistons à sa déchéance. Le personnage est tellement odieux qu’on ne peut ressentir aucune empathie pour lui. C’est le problème de ce récit qui ne crée pas de lien avec son personnage principal.

L’autre personnage clé est Victor, le fils de Rufus, devenu adulte. Il est dessinateur de BD et tend à reproduire le comportement de son père. Ce n’est pas non plus lui qui sera le point d’ancrage du lecteur... Tout ça est assez désespérant.

Le lait paternel T.1 - Les errances de Rufus Himmelstoss

Le lait paternel T.1 - Les errances de Rufus Himmelstoss
© Dargaud, 2022

Avec le métier de Victor, on comprend aisément qu’il s’agit d’une histoire en grande partie autobiographique. Ce que confirme Uli Oesterle dans la postface (mais on n’y apprend pas ce qui est vrai, dommage). C’est d’ailleurs la partie la plus émouvante du livre.

Mais Les errances de Rufus Himmelstoss n’est pas non plus une énième autobiographie mal mise en images, parce que l’auteur a un réel talent de dessinateur, et qu’il prend le temps de soigner ses planches (ce qui n’est hélas pas toujours le cas dans les romans graphiques). Il place bien ses noirs. Ses personnages sont bien troussés. A noter qu’il utilise des codes de couleurs pour aider à distinguer l’histoire de Rufus dans les années 70 de celle de Victor dans les années 2000.

La série, récompensée en Allemagne, est prévue en 4 tomes. Espérons que dans les suivants Victor se reprendra (en tout cas, Uli Oesterle remercie sa femme et ses enfants à la fin du tome 1, c’est bon signe !) et que Rufus gagne au moins un peu notre sympathie.

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Commentaires et critiques (1)

note de la critique de nicholas

Le lait patenerl est une histoire inspirée de la propre vie de l'auteur, avec la complexité d'une relation père-fils et de l'image du père. Le récit est dur, souvent pathétique, mais il n'est jamais larmoyant. Coté dessin, il est réaliste, les couleurs alternant entre le sépia pour Rufus et les tons sombres pour Victor.
https://zoolemag.com/serie-29388-le-lait-paternel

Posté le 12/06/2022 à 17h56