Un bien curieux convoi transportant un bras immense qui brandit une torche est assiégé par les Indiens alors que Lucky Luke vient de coffrer une nouvelle fois les Dalton en cavale. Non, Averell, ce n’est pas une glace géante, c’est le bras de la future statue de la liberté. Son génial sculpteur français, Auguste Bartholdi, parcourt l’Ouest en vue de collecter des fonds pour achever son chef-d’œuvre. Après La terre promise, Jul signe à nouveau un scénario très inspiré, dans la lignée des meilleurs albums imaginés par René Goscinny.
Après avoir sauvé la mise de Bartholdi, le lonesome cow-boy est sollicité pour l’accompagner dans sa quête jusqu’à franchir l’Atlantique et se rendre avec lui à Paris dans les ateliers où se construit Miss Liberty. Quitter le continent américain est une première pour Lucky Luke dans cette 80e aventure. Car, tels les films de James Bond au cinéma, un cahier des charges est à respecter avec des passages obligés que Jul suit à la lettre.
Ainsi, il arrive souvent que notre héros côtoie au cours de ses aventures des célébrités, tant acteurs de l’Histoire de l’Ouest que d’Européens venus s’y frotter. Et si, en réalité, Bartholdi n’a pas sillonné les plaines du Middle West avec un bout de sa statue, il est parfaitement vrai que, pour financer son projet, il s’est impliqué personnellement dans la collecte des dons en créant toute une gamme de merchandising.
Arrivé à Paris, Lucky Luke va croiser tout le gratin français de l’époque, de Victor Hugo à Arthur Rimbaud et même le couple Charles et Emma Bovary ! Gags, bons mots, clins d’œil, rien ne manque à cette histoire troussée de main de maître. Jul se révèle en parfait héritier de Goscinny et quant à Achdé, en prenant la succession de Morris depuis 2001, il a déjà amplement prouvé par son dessin qu’il est the right man at the right place.