ZOO

Ketsudan

couverture de l'album Ketsudan

Éditeur : Dargaud

Dessin : JullAuteur :

Genres : Historique

Prix : 23.95€

  • ZOO
    note Zoo4.0

    Scénario

    4.0

    Dessin

    5.0
  • note lecteurs3.0
    2 notes pour 2 critiques

Un vers de Cid ?

Ketsudan se révèle être un surprenant hommage décalé au célèbre texte de Corneille, transposé dans un Japon médiéval dépaysant. Rodrigue devient Natsumé et Chimène, Harumi, le tout en vers. Respect.

On connaît tous la célèbre pièce de théâtre Le Cid de Corneille : Rodrigue, Chimène, « Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort / Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port… », scandé en chœur dans les classes. Une histoire faite d’honneur, de vengeance, de trahison et d’amours résolues qui, finalement, pouvait en effet parfaitement coller à une réécriture à l’ambiance samouraï, shogun et fiers seigneurs.

Extrait de Ketsudan, par Mud et Julien Motteler © Dargaud, 2026

Extrait de Ketsudan, par Mud et Julien Motteler © Dargaud, 2026

Toutefois, si les thèmes restent universels et l’intrigue émouvante, la démonstration, qui reprend et adapte les textes originaux, impose progressivement une lecture moins immersive, moins touchante dans sa profondeur.

On est cependant bouleversé par les sentiments de Harumi, déchirée entre son amour pour Natsumé et le devoir de venger l’assassinat de son père, par cet entremêlement de situations qui ne fait que les enliser dans le doute. Le rythme est là, les ficelles de la tragédie passent très bien le cap de la transposition en bande dessinée, et il faut bien avouer que l’idée se révèle, finalement excellente.

Extrait de Ketsudan, par Mud et Julien Motteler

Extrait de Ketsudan, par Mud et Julien Motteler © Dargaud, 2026

Mais au-delà de l’époque et de la culture, il est question ici de deux jeunes amoureux qui ne peuvent s’abstraire des codes d’une société traditionaliste faisant passer le devoir et l’honneur avant les sentiments, une recette qui parle de tout temps à tous ces cœurs brisés, incapables de s’épanouir en paix. Les auteurs alimentent donc ce récit théâtralisé de tous les ingrédients classiques qui rendent ce couple attachant dans son malheur et ses espoirs muets.

Un album très intense.

Article publié dans ZOO Le Mag N°109 Mars-Avril 2026


Les critiques Lecteurs

Meilleure critique positive

3.5

Ketsudan propose une adaptation du Cid aussi inattendue qu’intéressante. Transposer l’intrigue de Corneille dans ...

Par nicholas

le 13/04/26 à 11h01

Meilleure critique négative

2.5

Ketsudan part d’une idée intéressante, mais l’exécution reste assez décevante. La transposition du Cid dans le ...

Par L'historien

le 13/04/26 à 10h50

Note moyenne : 3.0 (2 notes lecteurs)

Haut de page

Commentez et critiquez

1200 caractères restants

Commentaires et critiques (3)

note de la critique de nicholas

3.5

Ketsudan propose une adaptation du Cid aussi inattendue qu’intéressante. Transposer l’intrigue de Corneille dans le Japon des samouraïs est un pari audacieux, qui fonctionne dans l’ensemble, même si tout n’est pas toujours parfaitement fluide.

Le choix de conserver les alexandrins apporte une vraie identité au récit et renforce sa dimension tragique, même si cela peut parfois créer un léger décalage avec l’univers visuel. Côté dessin, Julien Motteler livre une prestation solide, avec un style hybride manga/franco-belge efficace, particulièrement réussi dans les scènes de combat comme dans les moments plus contemplatifs.

Sans être totalement irréprochable, Ketsudan reste une lecture originale et engageante, portée par une vraie ambition et un univers visuel convaincant.

Le 13/04/2026 à 11h01

note de la critique de L'historien

2.5

Ketsudan part d’une idée intéressante, mais l’exécution reste assez décevante. La transposition du Cid dans le Japon médiéval manque d’audace et donne surtout l’impression d’une adaptation scolaire, sans réelle appropriation. Le choix de conserver les dialogues de Corneille tels quels crée un décalage constant avec l’univers visuel, rendant l’ensemble parfois rigide et peu naturel. Les personnages, eux, peinent à émouvoir, leurs enjeux étant trop prévisibles.

Malgré un dessin efficace, l’album ne parvient pas à masquer un manque d’originalité et laisse une impression d’ensemble assez plate.

Le 13/04/2026 à 10h50

Le concept de cet album est séduisant : transposer Le Cid dans un univers de samouraïs teinté de dark fantasy. Le passage de la Castille au Japon fonctionne parfaitement, tant l’histoire, fondée sur le code de l’honneur, s’adapte naturellement à ce nouvel environnement. Même le remplacement des conflits contre les Maures par des affrontements contre des créatures fantastiques s’avère convaincant. En revanche, le choix de conserver les alexandrins de Corneille dans les dialogues nuit parfois à la fluidité du récit. Si certains vers célèbres raviront les lecteurs, la lecture des bulles peut se révéler laborieuse. Le scénariste, Mud, aurait sans doute gagné à adapter davantage certains passages.

Graphiquement, l’adaptation de Julien Motteler est remarquable. L’artiste, qui n’avait plus publié depuis Lady Whitechapel, signe ici un ouvrage dense, proche des 200 pages. Son style réaliste et dynamique s’exprime pleinement dans les scènes d’action. Son trait précis et détaillé restitue avec justesse les costumes et l’esthétique de l’époque. Par ailleurs, ses variations de cadrage insufflent du mouvement à des scènes issues du théâtre, souvent confinées à des espaces clos

Le 29/03/2026 à 20h34