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Massive : les maîtres du manga gay - - Anthologie de mangas érotiques gays (Septembre 2022)

couverture de l'album Massive : les maîtres du manga gay -  - Anthologie de mangas érotiques gays

Éditeur : Dynamite

Scénario : Anne Ishii, Graham Kolbeins

Collection : Moonlight. Manga

Genres : Manga, Yaoi

Prix : 25.00€

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De mains de maîtres

Note ZOO Manga 4.5

Scénario

4.5

Dessin

4.5

L’existence d’interactions intimes entre hommes tend à bien s’ancrer dans l’esprit du lectorat hexagonal. Ce n’est pourtant pas encore tout à fait du manga gay.

Le manga gay est suffisamment riche et complexe pour qu’en apporter une définition en quelques mots soit aussi ardu que blasphémateur. S’il se construit historiquement en opposition visuelle aux éphèbes bishonen du boy’s love et en opposition thématique à ses autrices et lectrices, le manga gay, dans sa diversité florissante, ne s’arrête pas non plus à la trompeuse (et erronée) appellation Bara. Son style emblématique, façonné par son fer de lance Gengoroh Tagame, n’est dans cet album qu’un récipient rassurant qui soutient le décryptage des œillères que nous portions tout du long.

Massive, corpus de texte alternant interviews, biographies, chronologies, extraits visuels et mises au point, prend en effet son temps pour décortiquer un mouvement aussi enraciné qu’il est riche, s’assurant qu’à travers toutes ses vastes et cruciales explications, émerge une définition organique, naturelle et inclusive d’un art aux multiples facettes.

Massive, les maîtres du manga gay

Massive, les maîtres du manga gay
©Dynamite

« Gachimuchi : musclés et pulpeux »

Corporelles, sentimentales, extraordinaires ou quotidiennes, joyeuses, ensoleillées ou tourmentées et avilissantes, sous forme de grande saga ou de Yonkoma (gag en 4 cases), commandées ou auto-éditées, les histoires présentées dans ce recueil sont le reflet d’auteurs prescripteurs aux sensibilités infiniment multiples. Massive décrypte la richesse du manga gay à travers sa forme la plus transmise à l’international, celle qui use à foison et avec délectation de protagonistes baraqués dont la corporalité galbée en impose, que Tagame appelle des grands gaillards et qui se regroupe sous diverses bannières anatomiques de prédilection. Cet apparent point commun prédominant est pourtant trompeur tant leurs auteurs usent de leurs personnages pour soulever des intimités radicalement variées. Massive n’est ni un historique démesurément pointilleux ni un catalogue exhaustif. Il est une porte d’entrée dans un monde vivace qui nous a grandement échappé en usant d’une poignée d’auteurs hautement fondamentaux. Une porte d’entrée gargantuesque d’informations pertinentes, aux extraits truculents qui éclairent un décorticage autocritique du genre et de ses racines par ses propres acteurs les plus indispensables.

L’existence d’une telle compilation est un bienfait absolu qui préfigure d’un regain d’intérêt éditorial pour un pan artistique complet totalement sous-représenté. Preuve d’une volonté de diversité éditoriale bienvenue, elle est aussi indispensable à un lectorat qui n’a que très peu accès aux tenants de cette littérature visuelle précise.

Article publié dans le mag ZOO MANGA N°5 Septembre-Octobre 2022

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