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L'Effet Millénium

Qui n’a jamais entendu parler de la trilogie Millenium ? L’immense succès littéraire signé Stieg Larson a été et reste au centre de l’attention tant les trois romans ont fait parler d’eux avant d’être adaptés à tous les formats. Y compris en BD.

De la Suède à la France en passant par les Etats-Unis...

Un polar au succès mondial

Entre les qualités littéraires de Millenium, la mort prématurée de son auteur et les affaires de droits qui ont suivi, la trilogie de Stieg Larson est longtemps restée sous les projecteurs.

Depuis l’arrivée de Millenium, le polar nordique est devenu un genre à part entière en France. Un succès d’autant plus surprenant que le livre conte les aventures d’un journaliste d’investigation, Mikael Blomkvist en pleine Suède. Venant de perdre un procès face à un géant de la finance qu’il avait mis en cause dans son journal, Blomkvist décide de se faire discret.

Il accepte donc de mener une enquête, discrètement, sur l’assassinat, il y a 40 ans, d’un membre d’une grande famille suèdoise, les Vanger. C’est lors de son investigation qu’il croisera la route d’une hackeuse de génie au passé trouble, Lisbeth Salander. Deux personnages hauts en couleur, qui portent l’intrigue et cherchent à résoudre une série de meurtres, sur fond de complot économique.

C’est finalement le personnage de Lisbeth, en proie à la violence des hommes, qui est le véritable personnage principal de cette trilogie. Cette femme haute de 1 m 50, couverte de tatouages a su conquérir le coeur du public en incarnant le combat contre les violences faites aux femmes pour lequel Millenium est un gigantesque plaidoyer.

Lisbeth, personnage marquant de la série

Lisbeth, personnage marquant de la série

Lorsque le livre, fort de son succès, a été adapté au cinéma, les réalisateurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. L’intrigue a, à raison, été centrée sur le personnage de Lisbeth, que ce soit dans la version suédoise de Niels Arden Oplev ou dans l’adaptation américaine de David Fincher.

Après ce n’était donc qu’une question de temps avant qu’une version bande dessinée ne fasse son apparition. Les droits d’adaptation ont été accordés à Dupuis et la maison d’édition a confié à Sylvain Runberg et José Homs la tâche difficile de transposer les aventures du journaliste Mikael Blomkvist et de la hackeuse Lisbeth Salander sur papier glacé. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les deux auteurs s’en sont très bien sortis, adaptant le premier des trois romans sans le dénaturer.

Des héros fidèles à eux-mêmes...

Dans les livres, puis dans les films, on découvre avant tout un duo improbable. D’abord Mikael Blomkvist, journaliste intègre, médiatisé et sûr de lui, puis Lisbeth Salander, fille maigrichonne tatouée et couverte de piercings, asociale notoire. Cette jeune fille caractérielle sait parfaitement se prendre en main. Tout le pari des adaptations était de parvenir à retranscrire le caractère de ces deux personnages, tout en se les appropriant. Et force est de constater qu’il est réussi.

Le duo explosif selon Fincher

Le duo explosif selon Fincher

Certes Blomkvist est bien plus beau dans la BD que dans le roman où il a le droit à la bedaine du journaliste quarantenaire, mais il est toujours moins « belle gueule » que Sieur Daniel Craig dans l’adaptation de Fincher au cinéma. Cet homme de la situation gardera surtout, quel que soit le support, son allure posée et calme. Son contraste avec le caractère nerveux d’une Lisbeth Salander taraudée par son passé est la clef et l’origine de l’alchimie entre les deux personnages.

Dans les films et la série BD, ces deux personnages ont ce qu’il convient d’appeler « des gueules ». Pour faire le poids face à une Mara torturée et un Craig buté, les expressions faciales des personnages souvent proposées en gros plan dans la BD, emplissant des pleines cases. Dans un récit centré sur les personnages, c’est un véritable plaisir de s’attarder sur la palette d’émotions que nous offre le dessinateur, José Homs. De la moue dubitative à l’expression de pure colère, voire de folie, tout y est. Le trait ne semble jamais figé et si le physique des personnages est un peu remanié, leurs expressions sont tout à fait conformes à la description qui en est faite dans les romans.

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Commentaires (1)

Merci pour cette vision trans-media de cette superbe trilogie. Il ne me reste plus qu'à lire Millénium en BD après avoir lu les romans, vu la série sur Canal, et vu l'adaptation made in USA au cinéma :-)

Posté le 23/11/2013 à 22h57