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Les secrets de mon père : dire l’indicible

Les secrets de mon père, adaptation à l’écran de l’excellente bande dessinée Deuxième génération : ce que je n'ai pas dit à mon père, sort au cinéma le 21 septembre. Véra Belmont raconte l’histoire des enfants de l’après-Shoah, de leur insouciance en fragile équilibre sur un passé indicible. Émouvant et nécessaire.

Dans la Belgique des années 60, le jeune Michel Kichka a le quotidien d’un petit garçon de 12 ans comme les autres. Course de vélo, bagarre avec son petit frère Charly, premier amour... Si ce n’est qu’un petit quelque chose le distingue des autres enfants : il est juif. Ce qui était sacrément pratique pour échapper aux cours de catéchisme devient doux-amer lorsque Michel et Charly s’interrogent sur le passé de leur père. Cet homme discret, père de famille taciturne, est un rescapé d’Auschwitz… Mais qu’est-ce que cela signifie ? Pourquoi n’en parle-t-il jamais ?

Les secrets de mon père adapte avec brio Deuxième génération. Le témoignage de Michel Kichka est bouleversant. La relation d’amour et d’incompréhension entre un père survivant des camps et ses enfants est montrée dans toute sa complexité. Dans ses moments de douceur comme ceux de douleur. Là où Art Spiegelman, dans Maus, parvient, jeune adulte, à discuter avec son père du traumatisme, Michel Kichka et Véra Belmont s’attardent sur la blessure de l’enfant grandissant dans l’omission.

Les secrets de mon père

Les secrets de mon père
© Jesuisbiencontent, 2022

Le dessin 2D coloré est plus rond et léger que le trait caricatural, sombre et ciselé de la bande dessinée. Le film d’animation est davantage accessible aux plus jeunes et permet de comprendre, à hauteur d’enfant, l’importance du témoignage et du dialogue.

Jonglant entre la légèreté de l’enfance et l’horreur de la Shoah, Les secrets de mon père nous entraine dans un tourbillon d’émotions.

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