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BD Boum 2022 : Bienvenue dans la maison jaune d'Edith

Chaque année, le prix Grand Boum-Ville de Blois récompense un auteur de BD pour la qualité de son œuvre. Et la lauréate du prix 2021 n’est autre que la talentueuse Édith ! Du 18 novembre 2022 à mars 2023, découvrez son univers, ses dessins et les moments forts de sa carrière au gré d’une exposition joliment nommée « la maison jaune ».

« Sur cette photo, je suis avec mes sœurs. C’est moi qui suis allongée. Mon père travaillait dans le bâtiment et il nous ramenait des plans qui ne servaient plus. On étalait ça dans la cour de gravier, on se vautrait dessus et on dessinait partout. C’était en 1966, j’avais 6 ans. »

Edith à 6 ans, dessinant avec ses sœurs

Edith à 6 ans, dessinant avec ses sœurs © Edith, 2022

Édith Grattery, plus connue sous le nom d’Édith, a toujours dessiné. La BD est entrée dans sa vie dans les années 80 avec l’atelier Asylum. « Il y avait cette façon de raconter des histoires avec peu de moyens - du papier, des crayons - et une synergie entre passionnés. » Son premier album, Ornicar, sort en 1988. En 1990, la jeune dessinatrice collabore avec le scénariste Yann : ils entament ensemble la série Basil et Victoria. « Ça a vraiment démarré avec ce coup de chance ! » La machine créatrice est lancée. Édith illustre plusieurs albums jeunesse puis prête son pinceau à Corcal pour Eugène de Tourcoing-Startrec en 2001. L’année suivante, ils signent ensemble Le Trio Bonaventure, dont le premier tome, La maison jaune, a reçu le prix de la Ligue de l’enseignement. En 2009, Édith adapte Les Hauts de Hurlevent avec Yann, puis en 2012 La Chambre de Lautréamont avec Corcal.

En 2015, elle publie son premier album en solo, Tom et le jardin de minuit : une merveille ! Puis, en 2017, elle dessine Emma G. Wilford sur un scénario de Zidrou. « A Blois, je vais exposer des originaux, des planches en couleurs directes. Il y aura aussi de beaux tirages. Des fois, dans les expos où il n'y a que des planches du même format, au bout d’un moment, j’ai tendance à papillonner, je ne vois plus rien. Alors je vais présenter quelques recherches, quelques croquis préliminaires. Ce sera une exposition variée ! En plus lorsque je dessine, je suis pas du tout ordonnée, je suis même très foutraque. Alors je ne peux pas faire une expo trop linéaire ! »

Séraphine

Séraphine © Rue de Sèvres, 2022

Les couleurs d’Édith, travail d’or-fièvre

« Quand je fais de la couleur directe c’est une catastrophe. J’en mets partout : sur la table, sur les meubles, sur ma figure... » Mais quelles sont belles ces couleurs ! « Avant la couleur, c’est la lumière. Je ne peux pas mettre en couleurs si je n’ai pas une idée de la façon dont s’est éclairé. Et d’ailleurs, dans l’expo, on peut voir comment je mets mon trait noir puis un lavis bleu pour indiquer les ombres. Je fais mes couleurs par-dessus. » De l’ombre, jaillissent bien vite des jaunes d’or. « Je raconte aussi avec mes couleurs. Je les choisie en fonction de la météo, mais aussi du personnage, de ses sentiments. Je m’en sers comme d’un outil narratif. » Dans son dernier album, Séraphine, une adaptation du roman de M. Desplechin, les ombres du Montmartre de 1884 sont sublimées par des fulgurances lumineuses pour un album plein d’émotions ! « L’exposition file de 1990 à 2022, ça nous fait un petit 32 ans de carrière ! » A découvrir lors du bd BOUM de Blois !

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