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Retour sur le Prix Artémisia, qui célèbre la diversité des regards féminins en bande dessinée

Mercredi 4 février, la galerie Huberthy & Breyne accueillait la cérémonie de remise du Prix Artémisia, distinction créée en 2007 par Chantal Montellier, Jeanne Puchol et l’historienne de l’art Marie-Jo Bonnet afin de valoriser la création féminine en bande dessinée. Né d’un constat simple — la sous-représentation persistante des femmes dans le neuvième art — le prix accompagne depuis près de deux décennies les évolutions d’un paysage éditorial en pleine mutation. Si les années 2000 ont vu émerger de nombreuses autrices, celles-ci demeurent encore minoritaires dans un secteur longtemps dominé par des signatures masculines.

Le jury réunissait cette année des personnalités issus de la bande dessinée, de la critique et de la création visuelle : Chantal Montellier, autrice pionnière dans le domaine de la bande dessinée, Isabelle Beaumenay-Chaland, directrice artistique des Rencontres Chaland, la commissaire d’exposition Julie Sicault Maillé, la scénariste Julie Scheibling, ainsi que Patrick Gaumer, journaliste et historien de la BD, le graphiste et directeur artistique Pascal Guichard, et Christophe Vilain, rédacteur en chef de Zoo le Mag.

Remise du prix Artémisia

Remise du prix Artémisia © Yann Passeron / Zoo Le Mag

Un palmarès éclectique, entre introspection et engagement

Le Grand Prix Artémisia a été attribué à La tête de mort venue de Suède de Daria Schmitt (Dupuis), un album porté par un dessin en noir et blanc puissant et singulier, mêlant dimension onirique et réflexion philosophique autour du temps et de la mémoire.

Remise du prix Artémisia

Remise du prix Artémisia © Yann Passeron / Zoo Le Mag

La tête de mort venue de Suède - La tête de mort venue de Suède

La tête de mort venue de Suède - La tête de mort venue de Suède

Le Prix spécial Résistance distingue Syndrome d'Italie de Tiziana Francesca Vaccaro et Elena Mistrello (Presque Lune), chronique sensible d’un parcours migratoire marqué par la précarité, l’isolement et le déracinement.

Syndrome d'Italie

Syndrome d'Italie

Avec le Prix Beaux-Arts, le jury met en lumière Le Dernier Peintre de Mandragore (L’Œuf), une œuvre oscillant entre couleur et noir et blanc qui interroge la fragilité du geste créatif. Publié par un éditeur indépendant, l’album devrait bénéficier d’une visibilité accrue grâce à cette récompense.

Le Dernier Peintre de Mandragore

Le Dernier Peintre de Mandragore

Le Prix Humour graphique revient à Betty Boob de Vero Cazot et Julie Rocheleau (Dargaud), récit muet, lumineux et profondément humain sur la reconstruction d’une femme après une mastectomie, qui conjugue délicatesse graphique et puissance émotionnelle.

Remise du prix Artémisia

Remise du prix Artémisia © Yann Passeron / Zoo Le Mag

Le Prix Initiation récompense Et c’est ainsi que je suis née de Fanny Michaëlis (Casterman), conte surréaliste aux accents politiques et féministes, mêlant quête identitaire et univers symbolique.

Et c’est ainsi que je suis née

Et c’est ainsi que je suis née

Enfin, le Prix Métamorphose distingue Ces lignes qui tracent mon corps de Mansoureh Kamari (Casterman), témoignage autobiographique poignant dans lequel une jeune autrice iranienne explore son rapport au corps et à la liberté après son exil, notamment à travers son expérience de modèle vivant en France.

Remise du prix Artémisia

Remise du prix Artémisia © Yann Passeron / Zoo Le Mag

Ces lignes qui tracent mon corps

Ces lignes qui tracent mon corps

À travers ce palmarès pluriel, le Prix Artémisia confirme sa volonté de mettre en avant des œuvres singulières, engagées et formellement audacieuses, reflet de la richesse et de la diversité de la bande dessinée contemporaine créée par des femmes.

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