Un vendredi sur deux, on découvre ensemble une planche de l'immense collection de la Cité de la bande dessinée et de l'image d'Angoulême qui propose jusqu'en août 2026 une exposition fascinante et sans cesse renouvelée : Trésors des Collections. Découvrez cette semaine la planche #50 : La planche de la semaine : Arabelle par Jean Ache

Le mot du commissaire de l'exposition, Jean-Pierre Mercier
De son vrai nom Jean Huet, Jean Ache (1923-1985) se consacre d’abord brièvement au dessin animé avant de faire ses premiers pas en bande dessinée en 1941, en publiant brièvement dans Le Téméraire. Ses vrais débuts se feront à partir de 1946 dans l’hebdomadaire O.K., et l’on compte par dizaines à partir de cette date les titres auxquels il a collaboré et les séries qu’il a créées.
Son trait simple et lisible le classe parmi les « hergéens », et ses histoires se signalent par un humour bon enfant et parfois loufoque. Ses héros les plus connus sont Archibald, héros préhistorique au physique avantageux, qui paraîtra successivement dans France Dimanche puis Pilote, Nic et Mino dans Le Journal de Mickey et bien sûr Arabelle, qui fit les beaux jours du quotidien France Soir entre 1950 et 1962.
Arabelle est présentée comme « la dernière sirène », dont le plus cher désir est de partager la vie des terriens. Son heureuse rencontre avec un chirurgien va lui permettre de réaliser son rêve : il lui greffe sans encombre une paire de jambe, et la voilà partie pour vivre une suite d’aventures non dénuées de poésie qui paraîtront chaque jour dans le plus lu des journaux de l’époque. Elle sera reprise dans l’éphémère Illustré du dimanche en 1967, puis pour quelques épisodes supplémentaires dans Tintin entre 1972 et 1977.
Cette planche, extraite d’un épisode tardif de la série, résume bien l’esthétique de Jean Ache : souci constant de la clarté (on ne perd jamais de vue le compagnon masculin d’Arabelle, qui est présent dans chaque case) et un graphisme efficace, mariant des traits de contours nets et des masses de noir savamment réparties dans la planche.
Le mot du chroniqueur de ZOO, par Frédéric Grivaud
Dans cette planche, assez tardive dans les aventures d’Arabelle, Fleure-Bleue sauve une nouvelle fois sa compagne, tandis que le cœur de l’action se déroule un peu plus loin. Le trait de Jean Ache a beaucoup évolué depuis le début de la série, de même que les personnages, et si l’on connaissait plus le dessin plus naïf de l’artiste, on le découvre progressivement plus réaliste, avec un très joli encrage qui le ramène en effet à une Ligne Claire assez classique, mais pleine de charme.
La composition de la planche est fluide, on passe d’une case à l’autre assez logiquement, avec le sentiment que l’artiste prône une lisibilité qui certes ne fait pas d’étincelle, mais qui nourrit l’action le plus efficacement possible.
Sans être révolutionnaire, Jean Ache fournit ici un travail de qualité qui sert admirablement le récit.
Pour aller plus loin
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