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Exposition "Dupuis : la fabrique de héros - cent ans de 9e art au Pays noir"

Une exposition à la scénographie originale, montrant de manière ludique comment se « fabrique » un héros de BD depuis 100 ans chez Dupuis. Des centaines d’objets et d’originaux ayant participé à l’histoire de la maison d’édition !


Charleroi est connue pour son bassin houiller aujourd’hui abandonné : le Pays noir. L’essor industriel au XIXè siècle s’y est traduit également par le développement de la sidérurgie... et de l’imprimerie avec bien sûr celle fondée par Jean Dupuis à Marcinelle (qui fait maintenant partie de Charleroi) il y a 100 ans. Avant de créer en 1938 le journal de Spirou, tremplin de nombreux héros et héroïnes de BD. La Ville tutoie les arts depuis longtemps mais sans doute trop discrètement. Son nouveau musée des Beaux-Arts est l’occasion de mettre en valeur 200 œuvres dans la collection permanente (Magritte, Ensor, Courbet et bien d’autres) mais aussi de marquer un siècle d’édition avec l’exposition temporaire Dupuis : la fabrique de héros - cent ans de 9e art au Pays noir.
Le mot « fabrique » n’a pas été choisi par hasard : le passé industriel de la ville sert de leitmotiv à cette expo volontiers interactive à la scénographie soignée sur 450 m² : comment se crée une bande dessinée, depuis la conception du scénario (est présenté le canapé où Raoul Cauvin imaginait ses histoires) à la mise en palette des albums (ici, du Petit Spirou).

Musée des beaux Arts de Charleroi - Mise en scène impression du journal de Spirou et immense bibliothèque

Musée des beaux Arts de Charleroi - Mise en scène impression du journal de Spirou et immense bibliothèque
© François Samson


Mais commençons par les débuts, avec comme antichambre un retour aux années d’avant-guerre et de nombreux objets, tel le carnet dans lequel sont inscrits des idées de nom pour le futur héros du journal. Spirou aurait pu s’appeler... Julot par exemple !


Dans l’immense salle du cœur de l’expo, la mise en scène met en valeur le travail des scénaristes, des dessinateurs et des coloristes sous une forme souvent originale. Un écran tactile permet de choisir le dessinateur que l’on veut voir dessiner et, les jours de chance (ce sera plutôt le week-end), un authentique dessinateur sera au travail sur une table à dessin (celle du regretté André Geerts, créateur de Jojo) au milieu des visiteurs.

Morgan Di Salvia devant la galerie des illustres de Dupuis

Morgan Di Salvia devant la galerie des illustres de Dupuis © François Samson


De nombreux objets, près de 500, sont offerts aux yeux du public. Certains explicitant les interactions avec l’équipe de rédaction du journal : cartes postales illustrées par des dessinateurs, post-it, courriers, anecdotes... Lisez, c’est amusant, voire passionnant. Des produits dérivés, également, dont des disques, des films, des jeux anciens, une étonnante marionnette de Gaston Lagaffe utilisée par un ventriloque dans les années 60. Et plein d’autres surprises.

Plus de 150 planches et dessins originaux, souvent jamais montrés jusqu’à présent, sont exposés


Tout aussi important, plus de 150 planches et dessins originaux, souvent jamais montrés jusqu’à présent, sont exposés. Il y a du lourd ! Pour n’en citer que quelques-unes (et c’est frustrant !) : une planche émouvante de Jijé pour Don Bosco (1er succès commercial d’édition BD de Dupuis), une au splendide lavis bleuté de Morris pour Phil Defer, une de Franquin débordante de mouvement pour Gaston Lagaffe, une king size d’Eric Maltaite pour Monsieur Choc... mais aussi un impressionnant grand dessin en couleur de Roba avec la Ribambelle, ou un autre du Flagada par Degotte, en noir et blanc cette fois, tous deux réalisés pour des posters publiés dans le journal.

Jolly Jumper par Morris, illustration pour le Journal de Spirou

Jolly Jumper par Morris, illustration pour le Journal de Spirou © François Samson


Et n’oublions pas une petite expérience de réalité virtuelle avec le monde du Webtoon. Gare au vertige ! Enfin, une bibliothèque permet de lire sur place l’intégralité de l’impressionnant catalogue BD de l’éditeur centenaire. Mais cela risque de prendre quelques années...
Charleroi est à moins d’une heure de Bruxelles. Aussi n’hésitez pas à aller chez les Carolos, vous ne serez pas déçu du voyage.

L’exposition dure jusqu’au 30 juillet 2023.

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