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Exposition Ryoichi Ikegami, à corps perdu

Au coeur de l’actualité avec sa nouvelle série Trillon Game et la réédition de Sanctuary toutes deux en cours de publication chez Glénat, Ryoichi Ikegami est plus que jamais au centre de toutes les attentions.

Pour sa 50ème édition, le Festival d’Angoulême consacre une vaste exposition au célèbre mangaka à qui l’on doit entre autres séries mémorables Mai, The Psychic Girl ou encore Crying Freeman. À presque 80 ans, célébré sur la scène internationale depuis des décennies, Ryoichi Ikegami demeure aujourd’hui un modèle de régularité et de productivité, avec un style qui lui est propre et reconnaissable entre tous.

Regard calme, froid, plans serrés

L’exposition de plus de 200 planches originales suit deux axes. Le premier s’intéresse au dessin pur, à la force de ses compositions, des cadrages, à l’expressivité des visages et à l’attention portée aux angles de vue. Tout cela démontre l’importance de la mise en scène dans le travail de l’artiste, l’évolution de sa « patte ».

Ensuite, on se penche sur ses collaborations marquantes, qu’il s’agisse de Sho Fumimura/Buronson avec qui il a beaucoup travaillé (Sanctuary, Strain, Odyssey ou encore Heat), de Kazuo Koike (Crying Freeman), Tetsu Kariya (Otoko gumi) ou encore Riichiro Inagaki qui l’accompagne justement sur la série Trillion Game. Une approche qui permet d’insister sur une production tournée vers le Seinen avec des personnages complexes, mystérieux, acteur d’univers très adultes.

Sanctuary, exposition Ryoichi Ikegami

Sanctuary, exposition Ryoichi Ikegami
©SANCTUARY [WIDEBAN] ©1999 Sho FUMIMURA, Ryoichi IKEGAMI/SHOGAKUKAN

Le corps

Ces multiples planches mettent aussi en avant l’importance du corps, de la gestuelle et de la pose dans le travail d’Ikegami. Ses héros ont de la stature, ses femmes sont sexy, sans vulgarité et tout semble fluide et naturel. Toutefois, l’image de la puissance virile et l’assurance des regards imposent une imagerie aux limites du stéréotype. Le personnage ikegamien occupe la page, observe le lecteur, l’intimide presque. Tout est dans la manière. On admire la subtilité du trait mêlé au geste graphique, les modelés, les ombres. On voit que le trait gagne en expressivité au fil des ans, mais aussi que l’artiste ne lésine pas sur les gros plans, parfois de façon systématique, c’est vrai, mais on reste dans le code pur, une signature, une empreinte artistique.

Aujourd’hui, Ryoichi Ikegami est bel et bien entré dans le panthéon des grands mangakas avec une oeuvre fascinante et atypique. Une très belle occasion de redécouvrir cet artiste important.

Article publié dans le Mag ZOO N°90 Janvier-Février 2023

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