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Liberatore s’affiche avec Baudelaire

Auteur(s) :
Liberatore

Lieu : Galerie Glénat

A la galerie Glénat, devant ses étranges et fascinantes toiles, Liberatore raconte son illustration des Fleurs du Mal avec un accent italien charmeur. Lorsqu’on lui demande pourquoi s’attaquer au monument de la poésie qu’est Baudelaire, le sulfureux dessinateur répond avec malice....

Comment vous est venue l’idée d’illustrer les Fleurs du Mal ?

C’est une idée à moi. Glénat m’a laissé libre dans le choix du livre et j’avais envie de me confronter à la difficulté que représente une illustration du recueil de poèmes emblématique de Baudelaire. Pour moi, c’est un vrai pari, parce que je n’aime pas lire ! [Rires] C’est pour ça que je me suis mis à dessiner.

La Chevelure

La Chevelure

Quand j’étais petit, mon père me forçait à lire et du coup, je faisais semblant de lire, je soulignais des passages du livre. Ca a été terrible quand mon père s’en est rendu compte [Rires] ! Lire Les Fleurs du Mal a été une sorte de revanche sur mon rapport à la lecture.

Et pourquoi un recueil de poésie ?

Là encore, c’est un pari. Après avoir illustré un récit très narratif comme Les Onze Mille Verges, j’ai voulu m’essayer à l'illustration non narrative. C’est facile d’illustrer un roman comme Les Onze Mille Verges, puisqu’Apollinaire fait des descriptions très imagées. En plus il y a beaucoup de sang ! On voit directement l’image se former quand on lit le texte. Et l’image qu’on a en tête est souvent la même pour tout ceux qui lisent le texte. Lorsqu’on s’attaque à illustrer des poèmes, c’est plus compliqué, mais ça me plaisait.

La Beauté

La Beauté


Le Flacon

Le Flacon

Comment s’est effectué le choix des trente poèmes qui composent cet ouvrage ?

Je les ai choisis pour différentes raisons, parfois seulement pour les titres, d'autre fois, dès la première lecture je savais que je voulais illustrer le poème en question.

L’image me plaisait et je décidais de l’illustrer. Encore une fois, je ne suis pas un grand lecteur mais j’aime beaucoup le traitement des femmes par Baudelaire.

Il part d’une image positive de la femme avant de la trainer dans la boue. C’est ce qu’il fait dans Une Charogne ou Le Vampire par exemple. Moi, dans mes œuvres, je ne pars même pas d’une image positive de la femme ! [Rires] C’est pour cela aussi que je voulais illustrer ces poèmes !

Comment avez-vous fait le lien entre vos dessins, immenses, et votre album, au format beaucoup plus réduit ?

L’exposition est une chance pour moi mais elle n’est pas à l’origine du format ou du contenu de ces dessins ! Malgré quelques rétrospectives, cette exposition est la première qui me soit entièrement consacrée présentant des dessins récents après celle sur Les Onze Mille Verges, dont les dessins des Onze Mille Verges étaient plus petits.

Le format plus imposant des dessins originaux des Fleurs du Mal tient à ma volonté de changer de technique dessin, d’évoluer. C’est en ce sens que j’utilise un papier particulier, à base de papier recyclé et dans un format unique. En travaillant à la craie grasse sur un tel support, j’ai trouvé une nouvelle manière de dessiner. Contrairement à la planche de bande dessinée, j’ai de la place donc je peux me permettre de faire de larges traits et de donner une autre force au mouvement. C’est ce travail qu’on peut le plus facilement observer dans l’illustration du poème Les Phares.

Les Phares

Les Phares

C’est en quelque sorte une nouvelle exposition pour un nouveau Liberatore !

Enfin, pour conclure, pouvez-vous nous en dire plus sur les deux illustrations marquantes que sont celles du Vin de l’assassin et d’Une Martyre ?

Le Vin de l’assassin a été réalisé en deux fois, une première version, plus colorée, ne passait pas. elle faisait trop début de siècle. Je l’ai donc refaite et, si elle est toujours colorée, elle est plus contemporaine comme ça. Une Martyre est une illustration particulière. On est vraiment dans ce traitement de la femme particulier à Baudelaire. Il décrit une très belle femme avant que l’on ne se rende compte qu’elle est morte. Je l’ai mise dans la position de de ces victimes de films d’horreur pour la rendre plus moderne, même si le thème est intemporel.

Une Martyre

Pour aller plus loin

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