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Robert Capa, sa peau au bout de ses photos

Auteur(s) :
Florent Silloray

Syndrome post-traumatique

On voit bien dans votre récit que celle qui crée Capa c’est un peu Gerda Taro…

Oui, elle trouve son nom, gère ses photos et lui, il lui apporte beaucoup aussi. Il la forme mais elle lui échappe pendant la guerre d’Espagne. Elle râle surtout parce que sa signature est oubliée sur ses propres photos, attribuées à Capa.

Extrait de Capa, l'étoile filante

La première partie de mon album raconte l’histoire d’un couple fusionnel, Capa-Taro. Elle meurt sur le front Républicain en Espagne pendant qu’il est à Paris. Il ne s’en relève pas vraiment. Il est dépressif, prend des risques insensés, souffre de ce qu’on appelle aujourd’hui un syndrome post-traumatique.

Extrait de Capa, l'étoile filante

Tout au long de sa carrière, il voit tellement d’horreurs… Il ne part pas en Corée en 1951 mais accepte d’aller en Indochine en 1954, remettant son titre de plus grand photographe de guerre en jeu. Et le 25 mai 1954, il meurt en sautant sur une mine après Diên Biên Phu.

Je couvre en fait les vingt dernières années de sa vie.

Capa est devenu un mythe ?

Oui, mais on a du mal à le comprendre parfois. Il ne veut pas perdre la main, virevolte sur les champs de bataille. Il y a pour lui urgence à témoigner, à approcher de son sujet. Il y a toute l’histoire du monde sur sa pellicule. Il est accepté par tous les grands noms du siècle. A Omaha, il a une chance inouïe... D’ailleurs, Capa était un joueur de poker à ses heures perdues.

Il est un photographe complet, tout terrain ?

Il fait aussi des photos de studio. On voit qu’il aimait les gens. C’était un ami formidable. Il avait le talent de rentrer dans l’intimité des gens, de Gary Cooper à Picasso, en passant par Bogart. C’est un personnage très romanesque.

Extrait de Capa, l'étoile filante

Il mériterait un film ?

Il y a eu trois projets au cinéma. Dont un de Pierce Brosnan, un autre de Yvan Attal avec la création d’Israël en 48 en toile de fond. Pour l’instant aucun n’a abouti.

Comment avez-vous travaillé votre dessin ?

Il fallait que je le trouve lui avec mon dessin, pour montrer qui il était, saisir l’esprit Capa et être à ses côtés. Visionnaire, Capa se rend compte de la montée en puissance aux USA de la télévision, qui sera pour lui le média de demain. Je ne voulais surtout pas que mon album soit une suite d’anecdotes : j’ai fait de Capa un portrait en creux. Après Gerda, il y a les autres amours de Capa, Pinky en Angleterre pendant la guerre, Ingrid Bergman.

Concernant la technique de dessin, j’encre sur des feuilles colorées, puis je cerne à la plume en ajoutant un lavis et enfin je rehausse à l’acrylique blanc. Le tout pour avoir un beau volume.

Couverture de Capa, l'étoile filante

Couverture de Capa, l'étoile filante


Quel projet après Capa ?

Sûrement une autre biographie. C’est un format qui m’intéresse en BD. On peut avoir une vraie rigueur historique et y apporter sa propre mise en scène.

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