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Mitterrand Requiem : la fin d’un président mystique par Joël Callède

Auteur(s) :
Joël Callède

Lieu : Salon du Livre

De la droite à la gauche, sans états d’âme

Vous vous êtes attaché à lui avec votre album ou vous aviez déjà de la bienveillance à son égard ?

J’aime cet homme, je ne m’en cache pas. Je n’approuve pas tout ce qu’il a fait mais j’ai de la tendresse pour lui. En plus, il va presque mourir en direct. C’est terrible.

Mitterrand

Vous lui faites dire dans votre album que lui, il n’était pas allé au Fouquet’s. Vous taclez ses adversaires...

Mitterrand c’était autre chose quand même : pas le même rapport à l’Histoire ni intellectuellement, ni politiquement avec un de ses successeurs. En termes de culture pure, je le rapprocherais de Mélanchon, homme très lettré.

Mitterrand a eu un parcours politique sinueux. Par manque de choix à droite, il est allé à gauche sans que cela ne le gêne beaucoup ?

Oui, il a été très fort, sans vrais états d’âme. J‘ai repris ses passages obligés : un parcours tracé de la guerre par son passage à Vichy et puis au Panthéon où je le fais rencontrer Jaurès en 81.

Au Panthéon

Comment avez-vous construit votre ouvrage ?

Je suis scénariste et dessinateur pour la première fois. Le scénario se créait avec la mise en scène. Je travaillais par séquences, comme la guerre ou l’Algérie par exemple avec des brouillons graphiques, de quinze, vingt pages.


Vous parlez aussi dans l’album de la peine de mort ?

Oui, il a émis des avis favorables pour des exécutions pendant la guerre d’Algérie, comme Garde des Sceaux, mais il a fait abolir la peine de mort. Il a eu des regrets. J’ai dessiné une scène violente à ce sujet : la BD permet pas mal de choses.

Discussion de la peine de mort

On dit qu’au moment de mourir on visite sa vie, on fait un bilan. Mitterrand disait qu’il était très en paix avec lui-même. Il s’est défendu bec et ongles contre ses accusateurs à la fin de ses jours.

Vous signez un essai journalistique en somme sur un Mitterrand qui est un homme ambigu ?

Oui, ce n’est pas une fiction. C’est un peu cette approche. Mitterrand n’était pas ambigu, plutôt ambivalent en fait. Il a été tout et son contraire. Il est très français, on le voit avant la guerre et pendant avec Vichy, la Résistance ; avec ses contradictions. Il disait qu’il aimait charnellement la France. Ce n’était pas des mots en l’air. Curieusement, il est plus royaliste que révolutionnaire...

Vivre libre...

Et quel est votre projet suivant, après Mitterrand Requiem ?

Pour l’instant, je suis en phase de réflexion sans but précis. Je vais voir comment cet album sera reçu. J’ai envie d’écrire des scénarios pour d’autres. Je voudrais aussi explorer des sujets comme le spirituel, le sacré, la religion. En BD, cela n’existe pas. Je ne sais pas par contre si les éditeurs seront sensibles à cette démarche...

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