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Quand la fantasy de Martino rejoint Les Forêts d’Opale

Auteur(s) :
Stefano Martino

Depuis le tome 11, Stefano Martino dessine le fabuleux scénario des Forêts d’Opale imaginé par Arleston. Avec son trait riche et précis, il a su séduire les amateurs de la série. Retour en détails sur cette reprise qui lui a procuré beaucoup de plaisir.

Comment êtes-vous arrivé dans cette aventure ?

Je ne sais pas vraiment. J’imagine que cela remonte à un festival d’Angoulême où j’ai rencontré Arleston pendant une séance de dédicaces. C’est à ce moment-là qu’il a dû voir mon dessin, mais je ne m’attendais pas du tout à être contacté. Quand Soleil m’a appelé pour me dire qu’Arleston, dont j’avais lu tous les albums, voulait travailler avec moi, ça m’a fait un choc. J’ai d’abord cru à une blague. Cela dit, j’avais déjà fait beaucoup de fantasy auparavant, ce qui m’a aidé.


Arleston dit de lui Il a un dessin très fouillé, très détaillé, très posé, un peu à l’ancienne mais en même temps avec une assurance intemporelle

Arleston dit de lui qu' « Il a un dessin très fouillé, très détaillé, très posé, un peu à l’ancienne mais en même temps avec une assurance intemporelle »


Votre dessin est très précis, avec beaucoup de relief. Aviez-vous un cahier des charges ?

J’avais lu toute la série, car il fallait que j’aie en tête tous les détails, c’est un monde très riche. Et ses lecteurs sont exigeants, ils en connaissent parfaitement toutes les références, ce qui m’obligeait à coller à cet univers.

Je n’ai pas eu d’obligation technique imposée. J’avais une simple obligation morale, en tant que dessinateur, de suivre les traces de ceux qui avaient travaillé avant moi sur ce monde.

J’ai étudié tous les personnages. Dans le tome 11, on les a tous fait évoluer graphiquement. J’ai eu une grande liberté, voulue par Arleston. J’ai imaginé des personnages nouveaux, des détails en toute liberté, j’ai totalement laissé libre cours à mon imagination. C’est vraiment très agréable de travailler avec lui. Il y a autre chose de très important dans les pages de Forêts : l’intégration dans les cases de sons et d’onomatopées. Je n’y étais pas habitué. Avant, je ne faisais que le dessin, pas le lettrage. C’était très nouveau pour moi, mais aussi très intéressant ce graphisme du son. Arleston m’a demandé d’en faire davantage.

Facile ou compliqué de vous intégrer dans cet univers ?

Facile parce que le scénario est très bien écrit et me guidait. Sauf que le réaliser était parfois compliqué. Il y avait des mondes entiers à dessiner et le temps n’est pas extensible. Il m’arrivait souvent, à la fin de la journée, de n’avoir fait qu’une demi-planche. Cela a représenté un gros volume de travail, mais c’était passionnant. J’ai travaillé il y a longtemps en Italie sur des séries qui ne me plaisaient pas beaucoup. Cette fois, avec le plaisir que j’y ai pris, j’étais dans l’attente, curieux de savoir ce qui allait se passer. J’étais comme un lecteur qui lit l’album en avant-première.





Cette série a une histoire, ça ne doit pas être simple à prendre en marche: vous avez pu y apporter vos propres influences ?

Oui. J’ai envoyé à Arleston des personnages avec des modifications que j’avais trouvées, intégrées. Il les a validées. Il y a eu un échange permanent, ce qui est plutôt rare entre un scénariste et un dessinateur voire impossible à l’étranger.

C’est un projet où le scénariste m’a écouté. On a décidé des choses ensemble. On a eu des rapports professionnels faciles. Il y a des artistes qui ont un ego énorme. Ils sont bons, mais moi je n’ai pas temps de m’occuper des problèmes d’ego. J’ai plein de choses à apprendre, à comprendre, à vivre. Je sais faire mon boulot. Si un éditeur voit quelque chose qui ne marche pas, je le changerai sans problème, car il faut que la série fonctionne. J’en oublie mon ego.

Ce Tome 11 est plus violent que d’habitude. Est-ce que ce sont les lecteurs qui ont évolué, en demandent plus ?

Oui, il y a des scènes qui m’ont marqué, mais c’est aussi le talent du scénariste qui a pris en compte l’évolution de sa série, des attentes du public pour une série de fantasy.


Le jeune Darko doit réaliser la Prophétie pour libérer les Cinq Royaumes, il est alors plongé dans une aventure où se joue le destin d’un monde.

Le jeune Darko doit réaliser la Prophétie pour libérer les Cinq Royaumes, il est alors plongé dans une aventure où se joue le destin d’un monde.


Plus proche de ce qu’il voit à la télévision ?

Arleston est resté fidèle à ses principes. À ses propres idées. On n’est pas dans une copie de Game of Thrones. J’imagine qu’Arleston a évolué comme tout le monde. Quand on est dans un monde, une ville, des personnages déjà vus dans un album précédent, je les respecte. Si on passe à un univers nouveau, je peux en parler avec Arleston et faire des propositions. Imaginer des monstres c’est facile, je l’ai fait souvent. Ce qui a été le plus compliqué pour moi, ça a été d’adapter autrefois une série télé (Docteur Who) dont les personnages sont aussi des héros de comics. L’agent de l’acteur demandait à ce que son dessin le montre plus beau. Dans la BD franco-belge, c’est simple, c’est plus artistique.

Pour Les Forêts d’Opale, les personnages vont retrouver un jour leurs physiques initiaux ?

Bonne question, je ne sais pas. Mais où sont passés les corps ? Cela va être difficile de revenir en arrière, mais encore une fois, c’est Arleston qui a la réponse.


Luksand, l’héritier de Darko, est entré secrètement à l’académie de Lumière pour y étudier la magie sous la férule des inquiétants Rédempteurs Radieux.

Luksand, l’héritier de Darko, est entré secrètement à l’académie de Lumière pour y étudier la magie sous la férule des inquiétants Rédempteurs Radieux.


Les héros ont évolué et acquis plus de possibilités. C’est un pari ? Il y a aussi plus d’humour et combien d’albums ?

Redombre était un vieillard. Maintenant il est en pleine forme, très puissant. Il se trouve très bien ainsi. Altaï est plus sexy, plus dure et a de nouveaux dons. La psychologie des personnages est encore plus forte et le prochain album a été terminé en octobre. De l’humour, oui, mais attention, quand il précède la violence, elle en devient plus dure.

On est dans une ligne qui colle à la réalité et aux goûts actuels. Il y aura à priori une dizaine d’albums au total. Les années à venir vont être chargées.

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