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Claude Guth: La lumière des mondes d’Arleston

Les séries écrites par Christophe Arleston n’auraient pas le même visage sans lui, donnons la parole à Claude Guth, le coloriste de Lanfeust, Trolls de Troy, Les Naufragés d’Ythaq et tant d’autres.

Comment avez-vous rencontré Christophe Arleston ?

En fait, c’est Didier Tarquin qui avait repéré mon travail. À l’époque, je mettais en couleur la série Vauriens de Luc Brunschwig et Laurent Cagniat. Il en a parlé à Mourad Boudjellal, le patron de Soleil à l’époque. Ils sont donc venus me proposer de reprendre les couleurs de Lanfeust de Troy, à partir du tome 7. Dans le même temps, Delcourt me proposait de mettre en couleur Aquablue. Il m’a fallu choisir, j’ai pris Lanfeust. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré Christophe qui m’a proposé de reprendre en plus les couleurs de Trolls de Troy.

Brunschwig, Arleston, paradoxalement, n’êtes-vous pas un coloriste à scénariste, plus que lié à un dessinateur?

Je suis d’abord fidèle à des amis, ce que sont rapidement devenus Christophe, Didier Tarquin et Jean-Louis Mourier. Mais oui, je travaille avant tout avec le scénario. Pour la mise en couleur, j’ai besoin d’avoir les indications temporelles, d’avoir des précisions sur les ambiances voulues, ce que ne m’offrent pas les pages en noir et blanc. C’est essentiel pour assurer mon travail d’éclairagiste qui doit favoriser et faciliter la lecture.

Claude Guth à la couleur pour ce tome 24 de Trolls de Troy

Claude Guth à la couleur pour ce tome 24 de Trolls de Troy

Est-ce à dire que vous tenez moins compte des particularités des dessinateurs ?

Oh non, bien au contraire. J’adapte constamment mon travail au style du dessinateur. Jean-Louis, à ses débuts, proposait des masses de noirs très sombres. Je veillais à ce que mes couleurs apportent plus de légèreté pour compenser.

À votre avis, pourquoi intervenez-vous sur de si nombreuses séries liées aux univers de Christophe Arleston ?

Je crois que Christophe a besoin de fiabilité et d’être en confiance avec ses partenaires artistiques. Notre proximité fait que l’on se comprend mutuellement, sans hésitation. Mais j’ai tout de même décliné quelques collaborations quand je ne me sentais pas en osmose avec le dessinateur. Aussi parce que je ne voulais pas bâcler. Je ne fais que deux ou trois albums par an, mais je veux les faire à fond.


Interview issue du MAG ZOO n°78 Novembre-Décembre 2020

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