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Ralph Meyer continue de déterrer le genre Western

Auteur(s) :
Ralph Meyer

Ralph Meyer est l'un des 16 bédéastes de la BD tant attendue, Go West, Young Man, en librairie le 3 novembre. Le dessinateur connaît bien le western, genre qu'il a déjà exploré grâce à sa série Undertaker. Ralph meyer se confie à Zoo sur sa passion pour le dessin et les histoires.


Quels dessinateurs vous ont inspiré?

Ralph Meyer: Nombreux sont les dessinateurs qui m’ont inspiré dans mes jeunes années, mais je vais en citer deux qui sont toujours aujourd’hui des artistes auxquels je pense régulièrement. Jean Giraud est bien sûr une référence centrale dans mon travail. Au-delà de son œuvre hors-norme, il y a quelque chose qui m’a toujours profondément ému et qui transparaît dans chacun de ses dessins, du plus simple au plus fouillé, c’est le plaisir, la joie palpable qu’il avait à dessiner. Même si la référence ne semble pas évidente, Alberto Breccia est également un artiste qui est important pour moi. Sa faculté à toujours se renouveler, à garder jusqu’au bout la volonté de pousser un peu plus loin le curseur graphique me fascine.

Ralph Meyer nourrit très jeune une passion pour le dessin et les histoires

Ralph Meyer nourrit très jeune une passion pour le dessin et les histoires
© Ralph Meyer

Vous avez une relation particulière avec Xavier Dorison ?

R.M: Nous travaillons ensemble depuis un peu plus d’une décennie maintenant. On a très vite vu qu’on voulait faire le même type de bande dessinée avec la même exigence. Xavier est un grand raconteur d’histoire qui sait doser à merveille la part d’action d’un récit et la partie plus psychologique des personnages et des situations. Enfin, au-delà du boulot, il est également un ami très cher.


Que pensez-vous du genre western?

R.M: J’ai bien sûr un grand amour pour le genre. Pour un citadin né à Paris comme moi, le western représente avant tout l’exotisme ultime avec ses décors grandioses. Pour l’instant, les deux genres que j’apprécie le plus à mettre en scène sont le western et le Polar.

Undertaker suit les aventures de Jonas Crow, un croque-mort

Undertaker suit les aventures de Jonas Crow, un croque-mort
© Ralph Meyer/

La série Undertaker a une part importante dans votre carrière?

R.M: La série Undertaker, au vu de son succès, a bien sûr été un tournant dans ma carrière, mais c’est aussi la première fois où j’ai dessiné autant d’albums d’une même série. Si habituellement je peux avoir tendance à me lasser d’un genre assez vite, ce n’est pas du tout le cas, ici. Enfant, j’ai vu mes premiers westerns dans l’émission « La dernière séance » présentée par Eddy Mitchell. Lorsque ce dernier, fan d’Undertaker, m’a demandé de lui dessiner les pochettes de ces albums de duos, j’étais aux anges. C’était une manière de boucler la boucle.


Exploité le genre western avec l’histoire d’un croque-mort, vous a permis de vous démarquer au milieu de toutes les histoires du genre?

R.M: Oui, le croque-mort, ce personnage présent dans bon nombre de western, n’avait pas encore eu à ma connaissance les faveurs du premier rôle. Revisiter les passages obligés du genre par son biais est un des grands plaisirs que nous avons avec Xavier Dorison et Caroline Delabie. Ces passages ont été tellement usités, parfois jusqu’à la corde que la profession de Jonas Crow emmène ce décalage qui amène un peu de fraîcheur aux clichés du genre.

«le Western représente avant tout l’exotisme ultime avec ses décors grandioses»

«le Western représente avant tout l’exotisme ultime avec ses décors grandioses»
© Ralph Meyer

Comment peut-on encore faire évoluer ce genre et ces codes selon vous ?

R.M: Le western, comme bon nombre de genres, est un cadre bien précis. Mais ce qu’on raconte et la manière de le faire à l’intérieur du cadre est en perpétuelle évolution. Si à l’époque de Blueberry ou même Lucky Luke, il y avait un attachement à raconter les grandes thématiques de l'Histoire des États-Unis, il me semble qu’aujourd’hui, le western peut aussi être utilisé pour aborder des questions qui parlent de notre époque. Par exemple, dans le premier cycle D’Undertaker, nous évoquions le décès de ce riche propriétaire de mines d’or qui décide de se faire enterrer après avoir ingurgité tout son or au détriment de tous ses mineurs qui triment pour une bouchée de pain. Son choix est «légal», il a absolument le droit de se faire enterrer avec son or mais est-ce «juste»? Il ne faut pas chercher bien loin pour y voir un parallèle avec les entreprises qui licencient en masse et offrent des parachutes dorés à leurs directeurs.

Vous seriez partant pour de nouveau écrire du Western?

R.M: Undertaker étant une série au long cours, je ne suis donc pas près de quitter le genre. L’écriture du tome 7 d’Undertaker est bouclée. Je devrais donc bientôt en attaquer les storyboards.

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